La fidèle servante
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La fidèle servante
La fidèle servante
Cette histoire se déroula dans un petit village de Judée, à une époque reculée.
Un vieil homme qui venait de perdre son épouse accepta que sa fidèle servante continuât à le servir sous son toit.
Dix ans passèrent. Un jour, la servante vint frapper à la porte de la chambre de son maître.
« Entrez, lui dit-il d’une voix douce mais un peu tremblante. Asseyez-vous là dans ce fauteuil, c’est justement celui que préférait ma tendre épouse. »
Emue, la servante ne savait plus si, réellement, il était bien qu’elle s’installât à cette place. Son grand amour et son respect pour sa maîtresse défunte faisaient en sorte qu’elle hésitait.
« N’hésitez pas, trancha le vieillard d’une voix qui semblait plus ferme cette fois-ci. Asseyez-vous et dites-moi l’objet de votre visite. »
La servante, tout émue, n’osait pas s’asseoir. En effet, à cette époque, contrairement à la nôtre, un grand respect existait et se marquait entre une servante et son maître. Il était ainsi très rare qu’il pût y avoir des conversations intimes entre eux, à quelques exceptions près comme celle-ci.
« Maître, lui dit-elle, le plus grand bonheur, le plus grand cadeau que vous puissiez m’offir est de m’autoriser, pendant seulement quelques instants, à exprimer devant vous ce que mon coeur ressent. »
Il fut touché au plus profond de lui par cette sincérité et sans même s’en rendre compte, il la nomma par son prénom pour la première fois.
Elle fut remplie d’un immense bonheur et une douce chaleur parcourut tout son corps. Elle allait enfin pouvoir réaliser son voeu et parler en toute simplicité avec celui qu’elle avait servi pendant de si nombreuses années !
« Maître, lui dit-elle, je suis obligée de vous confier ce qui suit : depuis le premier jour où vous m’avez engagée, je n’ai jamais cessé de vous aimer. Mais je puis vous dire, en toute sincérité, que je n’ai jamais été jalouse de ce qui vous liait à votre épouse. » Après avoir prononcé ces mots un peu plus vite qu’elle ne l’aurait souhaité, son coeur se mit à battre la chamade. Elle observa son maître afin de percevoir sa réaction mais il ne manifesta aucune surprise ; alors, elle ne posa plus aucune question.
Après un long silence qui lui sembla une éternité, elle reprit timidement : « Maître, votre âge est avancé et je ne voulais pas que vous partiez sans vous révéler ce secret. Pardonnez-moi mais je ne pouvais faire autrement. L’amour que j’ai pour vous est, me semble-t-il, un peu différent de celui que les êtres ont besoin d’échanger. A vrai dire, sur le plan physique, je ne vous ai jamais désiré. Mais en toute sincérité, du fond de mon coeur, je puis vous avouer qu’il m’aurait été impossible de m’éloigner de vous sans perdre la vie. »
Le maître restait impassible. Soudain, elle se leva, se jeta d’un bond à ses pieds et se mit à sangloter, la tête posée sur ses genoux. Elle sentit les mains de son maître se poser tendrement sur ses cheveux ; alors le feu entra dans son corps et assécha ses larmes. Deux ou trois sanglots s’échappèrent encore de sa poitrine, laissant apparaître sur ses lèvres le sourire pur d’une enfant. Son bonheur était à son comble. N’en demandant pas plus, elle ferma les yeux et doucement s’endormit... et le maître aussi.
Le lendemain matin, autour de cette maison régnait une grande agitation. Devinez!...En effet, on venait de découvrir deux corps sans vie, restés dans la même position que la veille : le maître dans son fauteuil, la servante à ses pieds, sa tête encore posée sur ses genoux.
Mais il y avait tout de même quelque chose de changé...oui, leurs visages ! Ils rayonnaient tous deux de ce sourire que l’on découvre très souvent sur le visage des enfants lorsque, dit-on, « ils sont aux anges. »
.
En effet, pour ces deux vraies âmes soeurs qui venaient de se retrouver, le parcours sur cette terre venait de s’achever.
Pedro
Cette histoire se déroula dans un petit village de Judée, à une époque reculée.
Un vieil homme qui venait de perdre son épouse accepta que sa fidèle servante continuât à le servir sous son toit.
Dix ans passèrent. Un jour, la servante vint frapper à la porte de la chambre de son maître.
« Entrez, lui dit-il d’une voix douce mais un peu tremblante. Asseyez-vous là dans ce fauteuil, c’est justement celui que préférait ma tendre épouse. »
Emue, la servante ne savait plus si, réellement, il était bien qu’elle s’installât à cette place. Son grand amour et son respect pour sa maîtresse défunte faisaient en sorte qu’elle hésitait.
« N’hésitez pas, trancha le vieillard d’une voix qui semblait plus ferme cette fois-ci. Asseyez-vous et dites-moi l’objet de votre visite. »
La servante, tout émue, n’osait pas s’asseoir. En effet, à cette époque, contrairement à la nôtre, un grand respect existait et se marquait entre une servante et son maître. Il était ainsi très rare qu’il pût y avoir des conversations intimes entre eux, à quelques exceptions près comme celle-ci.
« Maître, lui dit-elle, le plus grand bonheur, le plus grand cadeau que vous puissiez m’offir est de m’autoriser, pendant seulement quelques instants, à exprimer devant vous ce que mon coeur ressent. »
Il fut touché au plus profond de lui par cette sincérité et sans même s’en rendre compte, il la nomma par son prénom pour la première fois.
Elle fut remplie d’un immense bonheur et une douce chaleur parcourut tout son corps. Elle allait enfin pouvoir réaliser son voeu et parler en toute simplicité avec celui qu’elle avait servi pendant de si nombreuses années !
« Maître, lui dit-elle, je suis obligée de vous confier ce qui suit : depuis le premier jour où vous m’avez engagée, je n’ai jamais cessé de vous aimer. Mais je puis vous dire, en toute sincérité, que je n’ai jamais été jalouse de ce qui vous liait à votre épouse. » Après avoir prononcé ces mots un peu plus vite qu’elle ne l’aurait souhaité, son coeur se mit à battre la chamade. Elle observa son maître afin de percevoir sa réaction mais il ne manifesta aucune surprise ; alors, elle ne posa plus aucune question.
Après un long silence qui lui sembla une éternité, elle reprit timidement : « Maître, votre âge est avancé et je ne voulais pas que vous partiez sans vous révéler ce secret. Pardonnez-moi mais je ne pouvais faire autrement. L’amour que j’ai pour vous est, me semble-t-il, un peu différent de celui que les êtres ont besoin d’échanger. A vrai dire, sur le plan physique, je ne vous ai jamais désiré. Mais en toute sincérité, du fond de mon coeur, je puis vous avouer qu’il m’aurait été impossible de m’éloigner de vous sans perdre la vie. »
Le maître restait impassible. Soudain, elle se leva, se jeta d’un bond à ses pieds et se mit à sangloter, la tête posée sur ses genoux. Elle sentit les mains de son maître se poser tendrement sur ses cheveux ; alors le feu entra dans son corps et assécha ses larmes. Deux ou trois sanglots s’échappèrent encore de sa poitrine, laissant apparaître sur ses lèvres le sourire pur d’une enfant. Son bonheur était à son comble. N’en demandant pas plus, elle ferma les yeux et doucement s’endormit... et le maître aussi.
Le lendemain matin, autour de cette maison régnait une grande agitation. Devinez!...En effet, on venait de découvrir deux corps sans vie, restés dans la même position que la veille : le maître dans son fauteuil, la servante à ses pieds, sa tête encore posée sur ses genoux.
Mais il y avait tout de même quelque chose de changé...oui, leurs visages ! Ils rayonnaient tous deux de ce sourire que l’on découvre très souvent sur le visage des enfants lorsque, dit-on, « ils sont aux anges. »
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En effet, pour ces deux vraies âmes soeurs qui venaient de se retrouver, le parcours sur cette terre venait de s’achever.
Pedro

Pedro- Age: 71
Date d'inscription: 17/05/2008
Nombre de messages: 1759
Re: La fidèle servante
Merci Pedro pour ce texte, il est très bien écrit.
On peut deviner également l'amour que le maître porté à sa servant, ils s'en sont allés ensemble et heureux.

On peut deviner également l'amour que le maître porté à sa servant, ils s'en sont allés ensemble et heureux.


"On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux", bonne journée Invité.

Campanule- Age: 64
Date d'inscription: 07/05/2008
Nombre de messages: 26591
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