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LE BONHEUR DE NOËL

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LE BONHEUR DE NOËL

Message  CIGALE le Lun 7 Déc 2009 - 17:39

Dans moins d'un mois, c'est déjà Noël. Pas facile de poser un cadeau sous le sapin par PC interposé. Alors j'ai décidé de vous offrir ce conte de Noël écrit il y a déjà bien des années pour ma fille...

Il y a bien longtemps, dans le pays de Bohême aux sombres forêts, vivait un vieil homme qui pratiquait le beau métier de souffleur de verre. Son art était surtout de créer d’aériennes décorations de Noël, dont la réputation était telle qu’on en envoyait dans tous les pays du monde.

Or, il advint qu’un beau matin de 24 décembre, un enfant arriva tout essoufflé à la verrerie. Il se dirigea vers le vieil homme qui achevait de souffler une jolie boule de verre orange. L’enfant était porteur d’une merveilleuse nouvelle « Oncle Petras, je viens vous dire que ce matin, votre fille a mis au monde son premier enfant, votre premier petit-fils ! » Le cœur du grand-père se gonfla de bonheur, il ne put retenir une larme d’émotion. Celle-ci roula le long de la tige de métal jusqu’au cœur de la petite boule orange. « Jolie petite boule de verre », dit le vieil homme, « Toi qui as vu le jour le même matin que l’enfant de mon enfant, je vais t’appeler Noël. Tu donneras de la joie à tous ceux qui te verrons, car tu renfermes une parcelle de bonheur… » Et il scella pour toujours la larme heureuse au cœur du verre.
Noël ne comprenait pas toutes les paroles du vieil homme, mais « elle avait un bonheur » et elle sentait bien que cela la rendait unique.

Un apprenti vint prendre Noël pour la ranger dans une boîte garnie de doux coton, tandis que le vieux souffleur de verre courait aussi vite qu’il le pouvait voir cette nouvelle vie qui venait d’éclore. D’autres fragiles merveilles vinrent rejoindre Noël, des cristaux translucides, des oiseaux exotiques aux plumes rutilantes, d’autres boules colorées, une colonie de petits anges très sages et la plus belle de toutes : la Reine des Glaces. Avec son diadème de cristal, sa robe d’argent brodée d’or et le rose délicat de ses joues, elle était vraiment superbe. Comble de raffinement, elle avait de vrais cheveux blonds cendrés et elle en était très fière.

« Bonjour, je m’appelle Noël, et j’ai un bonheur ! » dit Noël. La Reine des Glaces la toisa sans douceur : « Ne me tutoie pas ! Si tu m’adresses la parole, appelle-moi « Votre Majesté »…Ou mieux, ne me parle pas, car tu es bien commune… » Et elle lui coula un regard glacial plein de dédain. Noël n’eut pas le temps de s’attrister de cette rebuffade, car déjà on fermait la boîte et on l’emportait. Elle sentit qu’on empilait les boîtes de décorations, puis un bruit étrange et régulier lui parvint « Brelang…brelang… » en même temps qu’un léger balancement la berçait, l’engourdissait doucement. Sans le savoir, Noël avait pris le train et partait vers son destin de petite-boule-de-verre.

Enfin, le train s’arrêta. Les boîtes furent à nouveau ballottées, puis enfin quelqu’un ôta le couvercle. Eblouie, Noël cligna des yeux, une fois, deux fois… « Oooooohhhh ! » Elle ne put retenir un cri d’étonnement et d’admiration : c’était trop beau ! Elle et ses compagnons se trouvaient sur une étagère, au milieu de guirlandes en papier brillant, en perles, en rubans de soie…Plus bas se trouvaient des régiments de soldats de plomb, des chevaux de bois, des tambours rouges et verts, des billes de verre, des toupies et des balles de caoutchouc souple, et des pantins…

Noël sentait la tête lui tourner au milieu de ces belles choses. Il y avait aussi des ménages de porcelaine, aux tasses minuscules comme des dés à coudre, des patères soutenant des robes de soie, de satin, de dentelles mais si petites qu’elles semblaient avoir été faites pour des fées…Et partout, des boules de verre, de toutes tailles, de toutes couleurs. Mais pas une qui fût orange comme Noël…

Noël s’apprêtait à demander à la Reine des Glaces quel était ce palais merveilleux,mais elle lui avait déjà tourné le dos et causait avec des poupées aux cheveux bouclés, parées comme des princesses, les seules apparemment qui lui parussent dignes de sa compagnie.

« Alors, petite, tu trouve cela beau, hein ? » fit une voix toute proche. Elle se retourna et vit un vieil ours en peluche, au pelage un peu râpé, qui la regardait avec gentillesse. « Oh oui..." soupira Noël avec extase « C’est le plus bel endroit du monde ! » « Si tu penses cela, c’est que tu n’as pas encore vu grand-chose du vaste monde », sourit le vieil ours « Mais dis-moi, qui es-tu, petite boule couleur de feu ? » « Je m’appelle Noël et tu sais, j’ai un bonheur. C’est le vieil homme qui m’a créée qui l’a enfermé dans mon cœur. Et il m’a donné la couleur du feu dont je suis née. » De ce jour, Noël et l’ours devinrent amis : Teddy (c’était son nom) lui expliquait les choses, il lui apprit que l’endroit où ils se trouvaient était un magasin de jouets, que les enfants qui y entraient repartaient qui avec une poupée, qui avec un cheval à bascule, des dominos, ou un ours en peluche comme lui….

« Dis, tu ne vas pas partir, Teddy ? » demanda Noël, soudain inquiète. « Oh non, moi je resterai toujours ici. Vois-tu, je ne suis pas à vendre. Le marchand de jouet m’a fabriqué il y a bien longtemps pour sa fille. J’ai eu une belle vie d’ours en peluche. Jamais elle ne m’a tiré les oreilles ou suspendu par la queue. Bien sûr, elle est grande maintenant et elle ne joue plus beaucoup avec moi….Mais elle m’aime toujours, chaque jour elle me fait une caresse ou un bisou sur le nez ! » « Mais alors, je la connais ! C’est… » « Oui, c’est la jolie fille aux yeux noirs qui se tient au comptoir. Je sais que jamais, jamais elle ne m’abandonnera… » « Chic, fit Noël, alors nous resterons ensemble ! » « Oui, ma petite, nous resterons ensemble. » fit Teddy. Et il se détourna pour cacher la tristesse qui passa furtivement dans ses yeux. « Oui, pensait-il, je ne partirai pas. Mais toi, sûrement oui, gentille petite boule. Nous voilà déjà en septembre, bientôt viendront les fêtes de Saint Nicolas et de Noël….Et alors, on t’achètera sûrement, toi et tes amis. »

Le brave Teddy ne se trompait pas. Dès la mi-novembre, on posa la boîte au beau milieu de la vitrine. Noël voyait défiler les passants, les enfants collaient leur petit nez sur la vitrine et s’emplissait les yeux de toutes les belles choses qu’on y exposait. Un jour, la jeune fille aux yeux noirs vint prendre la boîte et la reposa sur l’étagère, non sans avoir passé sur les cristaux un plumeau léger qui fit éternuer Noël. Quand les lumières furent éteintes, Teddy passa doucement sa vieille patte râpée sur la petite boule orange. « Ecoute, petite Noël, je vais t’expliquer ce qui va se passer. Tu as vu, cet après-midi, cette jolie dame blonde vêtue de velours vert ? Mais si, rappelle-toi, elle était accompagnée de deux enfants, un garçon et une fille. Elle est venue choisir des décorations pour son arbre de Noël… » « Un arbre-de-moi ? Mais… » « Ne m’interromps pas, nous n’avons plus beaucoup de temps. Demain matin à la première heure, un domestique viendra chercher les emplettes de la dame. N’aie pas peur, je connais bien les enfants, ils viennent souvent choisir des jouets. Un jour, ils ont ramené une poupée qui s’était blessée pour qu’on la répare, et elle nous a dit qu’ils étaient gentils et soigneux avec leurs joujoux. Tu ne seras pas malheureuse, ils t’aimeront sûrement beaucoup. Allons, petite Noël, disons-nous adieu maintenant… » « Adieu, Teddy, je ne t’oublierai jamais ! » dit Noël. Puis ils se turent car l’un et l’autre avaient bien envie de pleurer.

Le lendemain, en effet, la demoiselle du comptoir arriva avec un rouleau de papier de soie rose et du ruban doré. Elle se mit à faire de jolis paquets coquettement ficelés et les entassa dans une malle. L’un des paquets contenait Noël et ses compagnons. Puis un domestique en livrée bleu et or se présenta et emporta la malle. Elle fut déposée dans un fiacre qui disparut au grand trot de ses chevaux. Dans la boutique, Teddy agitait doucement sa patte « Au revoir, petite Noël, murmura-t-il, et bonne chance… »

Le voyage sembla bien long à Noël, car elle n’avait plus l’habitude de l’obscurité. Enfin, le fiacre s’arrêta, la malle fut descendue et ouverte. On entendit des cris d’enfants, des exclamations, des hourras…La boîte s’ouvrit et une petite main preste saisit Noël « Regardez, ma bonne, disait la petite fille blonde qui tenait Noël au creux de sa menotte, regardez la jolie boule orange, comme elle est petite, comme elle brille ! » « Certainement, Mademoiselle, mais donnez-la moi que je l’accroche dans l’arbre. » La bonne fixa un joli crochet doré sur Noël et la suspendit à une branche verte, aux fines aiguilles qui sentaient bon…Un parfum qui rappela à Noël sa forêt de Bohême. Elle regarda autour d’elle et fut éblouie. Pendues comme elles aux branches parfumées, il y avait des boules encore plus belles et plus éclatantes que celles qu’elle avait pu voir dans la boutique. Des guirlandes de perles et de verre scintillaient à la lueur des bougies d’un lustre de cristal, grand…grand comme ça !

Le sol était couvert de somptueux tapis, si épais qu’ils étouffaient les pas des domestiques affairés. Certains composaient de savants montages de fleurs, des chemins de table précieux et éphémères. D’autres dressaient le riche agencement d’une table recouverte d’une nappe blanche damassée : couverts de vermeil, verres du plus fin cristal, porcelaine délicate des assiettes…D’autres encore disposaient au pied de l’arbre où étaient suspendus Noël et ses amis une foule de paquets enrubannés, dont ceux de la boutique de jouets. Noël soupira en pensant à Teddy, mais bientôt son attention fut attirée par l’étrange manège de la bonne des enfants. Au pied du sapin (car c’en était un), elle étendit une couche de poudre fine et blanche qui semblait de la neige. Puis elle posa une petite maison de bois dont elle poudra aussi le toit à frimas et enfin, elle sortit de papiers de soie une foule de petits personnages qu’elle fit entrer dans la maisonnette. Autour, elle installa des moutons, des statuettes figurant des bergers, des paysans et d’autres encore. Noël aurait bien voulu savoir qui habitait la mystérieuse petite maison, mais elle eut beau se balancer, elle ne put y parvenir, elle était trop haut.

« Ne bouge pas comme ça, dit une voix grave tout près d’elle, tu vas finir par tomber et te briser sur le sol ! » Noël regarda autour d’elle mais ne vit personne. « Qui parle ? Où êtes-vous, vous que j’entends et que je ne vois pas ? » « Mais si, tu me vois, reprit la voix avec un petit rire, et même tu es sur moi ! Je m’appelle Albert, je suis un grand sapin de la forêt des Vosges. On m’a coupé, amené ici et orné comme tu vois…Maintenant, je suis un sapin de Noël. » « Un sapin-de-moi ? Je ne comprends pas… » « Mais non, pas un sapin-de-toi : un sapin de Noël ! » « Eh bien oui, je m’appelle Noël, et j’ai un bonheur tout au fond de moi. »

« Ah, je comprends : on a dû t’appeler ainsi parce que tu es née le jour de Noël. Je vais t’expliquer : Noël, c’est une fête très joyeuse, très belle. On célèbre la naissance du petit Jésus. Le bon Dieu a envoyé son fils sur la terre pour laver les péchés, les mauvaises actions des hommes. Mais avant de donner sa vie pour eux, il a dû être d’abord –lui, le Fils de Dieu- un simple enfant des hommes. Sa maman était une humble fille de Galilée et son papa-de-la-terre un charpentier. Ils s’appelaient Marie et Joseph, ils étaient si pauvres que le petit Jésus est né sur la paille d’une étable, entre un âne et un bœuf... »

« Pauvre petit Jésus,
dit Noël, il a dû avoir bien froid ! » « Oh non, car le bœuf et l’âne le réchauffaient de leur souffle. Et chaque année, on célèbre cette naissance en montant la petite maison qu’on appelle une crèche, et on y dépose la Sainte Vierge, Saint Joseph et le petit Jésus… » « Oh comme je voudrais le voir, ce petit Jésus ! » soupira Noël. « Ce n’est pas possible, dit le grand arbre, tu es trop haut ! Moi non plus, je n’ai pas pu le voir, mais les sucres d’orge pendus à mes branches basses m’ont raconté qu’il était rose et potelé, qu’il avait des cheveux blonds et aussi le plus joli sourire du ciel et de la terre… » « J’espère bien le voir un jour, moi aussi… » « Ca a peu de chance d’arriver, tu sais : les petites boules fragiles comme toi, on les accroche toujours aux branches hautes, pour les mettre à l’abri. »

Et comme il sentait Noël un peu déçue, Albert lui raconta la merveilleuse histoire de la Nativité. Quand elle vit la splendide fête qui suivit, la dinde dorée et la bûche couronnée de feuilles de houx en sucre, les enfants qui ouvraient leurs cadeaux avec des cris de joie, elle comprit que l’arbre avait dit la vérité et même que c’était encore plus beau que ce qu’il lui avait décrit. Quand sonnèrent les 12 coups de minuit, toutes les voix s’unirent pour entonner le cantique annonçant la bonne nouvelle « Il est né, le Divin Enfant… »…tandis que les plus grands se hâtaient vers la petite église pour la messe de Noël.

Les jours qui suivirent furent des jours de joie. On cuisait des gâteaux aux graines d’anis, les enfants croquaient les sucres d’orge blancs et rouges, la maison sentait bon le chocolat chaud et la cannelle. Les petits venaient jouer juste sous le pied du grand sapin, et Noël s’amusait royalement. Elle aurait voulu que ça ne finisse jamais…On célébra l’An Neuf à grand renfort de « Bonne et Heureuse année ! » ou encore « Tous mes vœux ! » On s’embrassa sous le gui, des cadeaux furent échangés, Noël apprit qu’on appelait cela « les étrennes ». On offrit du vin chaud au facteur qui apportait chaque jour de jolies cartes colorées.

Toute à la joie des ces instants magiques, Noël ne s’était pas aperçue qu’Albert perdait ses aiguilles chaque jour un peu davantage. Le domestique qui balayait les tapis en emportait chaque matin une pleine pelletée.

Puis un jour, il y eu grand remue-ménage dans le salon. Les servantes ôtèrent les garnitures de l’arbre et les rangèrent délicatement dans des boîtes capitonnées. Noël retrouva ses compagnons, la boîte fut fermée et rangée au grenier. Une longue attente commença…

Albert, qui n’avait désormais plus que quelques aiguilles déjà brunes, fut traîné dans la cour derrière la maison. Là, le jardinier le débita en rondins qui bientôt chanteraient pour la dernière fois dans les vastes cheminées. Le dernier cadeau d’Albert à sa petite amie fut de glisser dans le grenier une bouffée de fumée odorante, parfumée de résine… Elle flotta un instant sous les combles, comme une fumée d’encens avant de monter vers le grand ciel où tout finit auprès du bon Dieu….


.../...
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  Campanule le Jeu 10 Déc 2009 - 9:19

Bonjour Cigale,

Je viens de me régaler avec ce superbe conte de Noël, c'est un enchantement.
Comme tu écris bien, merci pour le partage et je me permets de te faire un gros bisou.

:bravo: 999
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  CIGALE le Jeu 10 Déc 2009 - 9:55

.../...

...Et les années passèrent, les unes après les autres. A chaque fête de Noël, on sortait boules et guirlandes pour en décorer un nouveau sapin. Noël connut ainsi successivement Arthur, Robert, Martin, Hans…Herman, qui vint des contreforts de l’Alsace et parlait avec un fort accent germanique…Vlad, enlevé aux noires forêts des Carpates où il avait même vu des ours…Et Igor, Colin, François le pin du Canada…Et bien d’autres encore…

Le seul regret de Noël était de n’avoir jamais vu le petit Jésus.

Les enfants avaient grandi. Ils avaient quitté la maison. Puis ils étaient revenus un jour tenant par la main des bébés dont ils guidaient les pas encore incertains vers le grand arbre de Noël. Ces bébés aussi avaient grandis, avaient eu d’autres enfants….

La jolie dame qui avait acheté la petite boule orange en….Voyons, en mil huit cent et…. On ne s’en souvenait plus…La jolie dame avait vu sa chevelure blonde se couvrir de neige. Et un soir, elle s’était endormie pour toujours dans son fauteuil. Dans sa main, elle serrait le portrait de son dernier petit fils.

Chaque année, des visages disparaissaient, remplacés par d’autres plus jeunes. Noël avait depuis longtemps cessé de compter ceux qui s’en étaient allés. Elle s’émerveillait toujours devant les frimousses roses des bambins qui, le matin, couraient sur leurs petits pieds nus pour voir ce que le Père Noël leur avait apporté.

Des décorations s’étaient perdues, brisées par une main maladroite ou simplement par l’usure du temps. Seule la Reine des Glaces avait gardé ses cheveux blonds, ses paillettes et sa réserve hautaine envers les « pendeloques », comme elle appelait tous ceux qu’elle considérait comme n’étant pas de son rang. Noël aurait bien partagé son bonheur avec elle, mais elle continuait de l’ignorer…

Vinrent des jours sombres…Durant les années de guerre, la joie de Noël fut ternie par le poids de l’absence. Dans les familles, des chaises vides rappelaient douloureusement que quelque part, des hommes avaient froid, avaient faim, avaient peur….Quand parfois la voix des canons se taisait, ils sortaient de leur poche une photo froissée, un peu jaunie, où leur famille souriait doucement. Dans les forêts d’Ardenne ou d’Alsace, les sapins de Noël n’avaient pour toutes garnitures que les cristaux de givre. Dans les tranchées, des soldats chantaient « Sainte Nuit… », des voix leurs répondaient « Stille Nacht… ». Le petit-fils de la dame blonde était un de ces soldats…Quand elle le vit sain et sauf au Noël suivant, la petite boule orange faillit en éclater de bonheur !

Il y eut des jours heureux, de nouveaux bébés firent résonner la musique de leurs rires dans les vieux murs de la maison. Des mariages furent célébrés, on dansa sous le sapin. L’épinette et le piano qui accompagnaient jadis les cantiques de Noël avaient fait place d’abord à un gramophone à large pavillon, puis à un moderne poste de radio à tourne-disques.

Il y eut des jours tristes, où des membres de la famille partis aux colonies ne purent être présents, il y eut des larmes, il y eut des deuils. La vie est faite ainsi qu’un collier de perles, une perle blanche…Une perle noire…De petites joies, de petites peines….De grands bonheurs et d’incommensurables chagrins….

Arriva cette année où il n’y eut pas de fête de Noël. On ferma la maison : elle avait été vendue. On oublia la boîte au grenier…Dans la maison silencieuse et vide, Noël eut l’impression de traverser un long, très long hiver…Elle pensait à Teddy, à Albert, à la dame blonde, à tous ces sourires d’enfants qui s’étaient penchés sur elle. Elle avait donné à chacun un peu de ce bonheur qu’elle portait en elle et maintenant, elle se sentait très seule et très triste…

A quoi sert un bonheur si on ne peut le partager ?

Puis un jour, un beau jour…Les volets clos depuis longtemps s’ouvrirent. Une nouvelle famille avait acheté la maison. Il y eut grand déballage, les pièces furent aérées et repeintes de neuf, de pimpants rideaux furent accrochés aux fenêtres…On entendit des cris joyeux, des cris d’enfants…

Le petit cœur de Noël battit plus vite : des enfants, mon Dieu, quel bonheur ! On fêterait à nouveau le petit Jésus, on verrait encore des museaux roses barbouillés de crème, on chanterait le « Minuit, Chrétiens… »..On allait vivre, vivre, vivre !

Un soir, la porte du grenier s’ouvrit en grinçant. Des chuchotements, des petits pas…Puis quatre paires d’yeux bleus se penchèrent sur la boîte poussiéreuse qui dormait depuis si longtemps dans un coin. « Oh Maman ! Regarde…Des boules de verre, des guirlandes, comme c’est joli ! » « Bonjour, je m’appelle Noël et j’ai un bonheur ! » voulut dire la petite boule de verre. Mais elle ne parlait pas le langage des hommes et elle dut se contenter de briller doucement. « Oui, c’est joli, dit la maman, mais c’est bien vieux ! Emportons tout cela et voyons ce qui peut encore servir… »

On descendit la boîte au salon et on en fit l’inventaire. Nombre de guirlandes tombèrent en poussière sitôt qu’on y toucha. Des petits anges si sages, il ne restait que les places vides : étaient-ils retournés au paradis ? Un des enfants s’écria « La jolie petite boule orange ! Gardons-la, maman, gardons-la ! » « Oui, nous allons la garder, mais celle-ci est vraiment trop vieille et laide, il faut la jeter ! »

Noël vit avec tristesse que c’était de la Reine des Glaces dont on parlait : des années d’oubli avaient terni sa robe brillante et pâli ses joues…De ses cheveux blonds et bouclés, il ne restait que quelques mèches grises et raides…Il y eut un petit « crac ! » lorsqu’elle fut jetée à la poubelle. Noël en eut froid dans le cœur. Bien sûr, l’orgueilleuse Reine des Glaces ne l’avait jamais regardée qu’avec dédain, bien sûr elle n’avait pas dit trois mots aimables aux autres tant qu’ils avaient partagé la boîte de carton…Mais elle ne méritait pas une si misérable fin. Noël regretta qu’elle eût toujours refusé de partager son bonheur…

Un grand sapin bleu aux aiguilles très douces –Noël n’en avait jamais vu de pareil- fut dressé au milieu du salon. On para ses branches de guirlandes dorées et de rubans rouges du plus bel effet. Une petite main accrocha Noël à une branche haute. « Je m’appelle John et je suis du Maryland, en Amérique. J’ai traversé l’océan, c’est un long voyage… » dit le sapin bleu. « Je m’appelle Noël et j’ai un bonheur… » Tout recommençait comme avant. Les jours heureux étaient revenus….

Sous le sapin, la crèche abritait son précieux trésor. Le petit Jésus était là, tout proche, qui reposait sous le regard plein d’amour de la Sainte Vierge. Saint Joseph se tenait près d’eux, grave et attentif. Cette année encore, Noël se dit qu’elle ne pourrait pas apercevoir l’enfantelet…

Soudain, le crochet doré qui retenait Noël céda. Avec les années, il était devenu aussi ténu qu’un fil de soie. Noël se sentit tomber, tomber de branches en branches…La terre se rapprochait à une vitesse vertigineuse, elle ferma les yeux….

Au moment où elle allait toucher le sol, mue par une force étrange, Noël rouvrit les yeux et à cet instant ELLE LE VIT …

Dans la crèche, le petit Jésus était couché sur la paille. Il était rose et potelé, il avait des cheveux blonds et aussi…Oui, il avait le plus joli sourire du ciel et de la terre ! La Sainte Vierge le veillait avec tendresse et Saint Joseph joignait pieusement ses mains calleuses de travailleur. Le bœuf et l’âne soufflaient doucement sur l’Enfant, et l’Enfant semblait tendre les bras à toutes les créatures de son Père céleste…Une immense allégresse emplit le petit cœur de verre…

Ce fut la dernière chose que vit Noël. La petite boule orange éclata en mille morceaux. La larme heureuse que le vieux verrier y avait enfermée jadis brilla un instant au creux d’un des débris, puis elle s’évapora.

Et elle monta…Monta…Monta…Jusqu’aux cieux…Les nuages l’emportèrent et elle s’en alla partager avec toute la terre

le BONHEUR DE NOËL…
:rose: :ours: :rose:
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  hulotte le Jeu 10 Déc 2009 - 17:10

Merci pour ce magnifique conte de Noël
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  CIGALE le Jeu 10 Déc 2009 - 17:26

Très heureuse que ça vous ait plu. Ca m'occupe pour ces dernières heures avant de prendre la route. Le compte à rebours a commencé (tic...tic...tic..) et bientôt je pourrai serrer contre moi lou fada de mis amour. crie :bisou joue:
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  hulotte le Jeu 10 Déc 2009 - 18:08

Alors bonne route Cigale...comme tu dois être impatiente
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  Campanule le Jeu 10 Déc 2009 - 19:28

Merci Cigale, bonne route, soyez prudente et faites un gros poutou à Gardian de notre part :pouce: 999
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  CIGALE le Jeu 10 Déc 2009 - 19:39

Gramaci ! Je me ferai un plaisir de transmettre li poutoun.
Mais je tiens à préciser une chose : l'impatience, je ne sais même pas ce que c'est.... :siffle:
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

Message  Eglantine le Sam 12 Déc 2009 - 6:45

Ce conte, Cigale, une petite merveille.
Merci à toi pour ce cadeau.
Profitez bien de votre famille Gardian et toi.
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Re: LE BONHEUR DE NOËL

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