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RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

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RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 15:56




1903 : MAURICE GARIN REMPORTE LE 1° TOUR DE FRANCE CYCLISTE.
La création du Tour de France cycliste est due à une querelle entre deux quotidiens sportifs du début du XXe siècle : L’Auto et Le Vélo.



Historique

Le Vélo domine le marché à l’époque, et organise à l’époque les courses cyclistes Paris-Brest-Paris et Bordeaux-Paris.

Pour concurrencer celles-ci, L’Auto décide d’organiser une course bien plus grande qui attirerait les foules. Par la même occasion, elle améliorerait les ventes et ne laisserait que les miettes au magazine le Vélo. L’enjeu serait donc économique et sportif.

Le 19 janvier 1903, L’Auto annonce sur son papier jaune la création de la plus grande épreuve cycliste jamais organisée, a savoir le Tour de France.
Photo l'auto
C’est le directeur-rédacteur en chef de l’époque, Henri Desgrange, qui devient organisateur de cette compétition. Ancien coureur cycliste et passionné par ce sport, il met en place la course en collaboration avec le journaliste Géo Lefèvre.

Ils ne le savent pas encore, mais leur course va devenir la plus belle et la plus médiatique de toutes les courses cyclistes du monde. Pour la petite anecdote, le magazine Le Vélo a fermé ses portes un an après le premier Tour de France, a cause d’une baisse considérable des ventes…

Le Parcours

60 coureurs s’alignent au départ de ce premier Tour de France de l’histoire. Le parcours représente 2428 kilomètres à travers la France et à travers 6 étapes différentes.

Deux à quatre jours de repos ont lieu entre chaque étape. Les coureurs qui abandonnent la course pendant une étape, peuvent prendre le départ de l’étape suivante, en faisant toutefois une croix sur le classement général.



- Montgeron (Paris) – Lyon.
- Lyon – Marseille.
- Marseille – Toulouse.
- Toulouse – Bordeaux.
- Bordeaux – Nantes.
- Nantes – Paris.


Le tracé des étapes

- Montgeron, Melun, Montargis, Nevers, Moulin, Roanne, Lyon.
- Lyon, St-Etienne, Valence, Montélimar, Avignon, Aix-En-Provence, Marseille.
- Marseille, Arles, Nïmes, Montpellier, Carcassonne, Toulouse.
- Toulouse, Montauban, Agen, Bordeaux.
- Bordeaux, Cognac, Saintes, Rochefort, La Rochette, La Roche sur Yon, Nantes.
- Nantes, Angers, Saumur, Tours, Blois, Orléans, Chartres, Versailles, Paris.

Les gains

Le Magazine L’Auto offre 3000 francs au vainqueur du classement général, puis 2000 francs au deuxième, puis 1200, 800, 500, 250, 200, 100 et 50 francs aux suivants.

Le vainqueur de l’étape Paris-Lyon remporte 1500 francs et chaque coureur est payé 5 francs par jour de course.

Les maillots distinctifs n’existent pas encore, le leader du classement général n’a pas encore de maillot jaune. Ce dernier arrivera qu’en 1919.

La Course

Le 1er juillet 1903 le départ de la course est donné à Montgeron, devant le café le Réveil Matin. Les coureurs prennent la destination de Lyon à 15h16.



Le Français Maurice Garin roule pendant 17 heures, 45 minutes et 44 secondes pour arriver dans la Capitale des Gaules, après 467 kilomètres. Il remporte l’étape devant Hippolyte Pagie, arrivé 55 secondes après.

Quatre jours plus tard le 5 juillet 1903, les coureurs partent de Lyon pour rejoindre Marseille. Cette 2ème étape est historique, puisque la route empruntée permet aux coureurs de franchir le premier col du Tour de France, le col du Pin Bouchain à la sortie de St-Etienne.



Cette fois-ci c’est le Français Hippolyte Aucouturier qui arrive le premier à Marseille, après 14 heures 25 minutes d’effort et 374 kilomètres. Aucouturier ne fait plus partie du classement général car il a abandonné lors de la première étape, Maurice Garin arrive 26 minutes après et conserve la tête du général.

Aucouturier renouvellera sa victoire lors de la 3eme étape entre Marseille et Toulouse le 8 juillet 1903. Il arrive en tête après 423 kilomètres et 17 heures et 55 minutes de course.



Lors de la 4ème étape le 12 juillet 1903, c’est le Suisse Charles Laeser qui s’impose à Bordeaux. Cette étape est la plus courte du parcours puisqu’elle ne mesure “que” 268 kilomètres. Elle ressemble beaucoup aux étapes que l’on connaît aujourd’hui.

Maurice Garin occupe toujours la tête du classement général et il gardera cette position jusqu’à l’arrivée à Paris. Il remporte les deux dernières étapes entre Bordeaux et Nantes le 13 juillet, puis entre Nantes et Paris 18 juillet 1903.

La dernière étape a le mérite de se terminer au sprint à Ville d’Avray, Garin termine en tête une seconde devant Fernand Augereau et Julien Lootens. Le parcours s’achèvent par une liaison entre ce sprint et le Parc des Princes, où les coureurs terminent leur Tour de France par un tour d’honneur et une remise des prix. 20 000 spectateurs sont présents pour les acclamer.



Il ne reste que 21 coureurs lors de cette arrivée, sur les 60 participants partis de Montgeron.

Depuis ce jour là, le Tour de France a bien évolué. Les étapes sont plus courtes mais plus nombreuses et surtout les coureurs et équipements sont complètements différents. On appelle ça le progrès.

Classement Général final – Tour de France 1903

1. Maurice Garin (FRA) en 94h33’14″
2. Lucien Pothier (FRA) à 2h59’21″
3. Fernand Augereau (FRA) à 4h29’24″
4. Rodolphe Muller (MEX) à 4h39’30″
5. Jean Fischer (FRA) à 4h58’44″
6. Marcel Kerff (BEL) à 5h52’24″
7. Julien Lootens (BEL) à 8h31’08″
8. Georges Pasquier (FRA) à 10h24’04″
9. François Beaugendre (FRA) à 10h52’14″
10. Aloïs Catteau (BEL) à 12h44’57″
11. Jean Dargassies (FRA) à 13h49’10″
12. Ferdinand Payan (FRA) à 19h09’02″
13. Julien Girbe (FRA) à 23h16’52″
14. Isidore Lechartier (FRA) à 24h05’13″
15. Josef Fischer (ALL) à 25h14’26″
16. Alexandre Foureaux (FRA) à 31h50’52″
17. René Salais (FRA) à 32h34’43″
18. Émile Moulin (FRA) à 49h43’15″
19. Georges Borot (FRA) à 51h37’38″
20. Pierre Desvages (FRA) à 62h53’54″
21. Arsène Millocheau (FRA) à 64h47’22





Dernière édition par Woody le Ven 31 Mai 2013 - 21:38, édité 1 fois

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 18:07


LES LIEUX MYTHIQUES DU TOUR : LE REVEIL-MATIN ( 1/10 )

Petite auberge de Montgeron (Essonne), le Réveil-Matin fut le point de départ du premier Tour de France, le 1er juillet 1903. Le départ officiel de la Grande Boucle eut lieu dans la banlieue, et non à Paris, car le préfet de police de Paris, avait interdit les courses dans la capitale ... Et c’est ainsi que le Réveil-Matin entra dans la légende!



Mercredi 1er juillet 1903, Montgeron, dans la banlieue parisienne, auberge du Réveil-Matin ... C’est ici que tout a commencé pour le Tour de France, épreuve à l’ambition démesurée, née de l’imagination de Géo Lefévre, dont l’esprit avait fermenté après que Victor Goddet et Henri Desgrange, ses patrons à l’Auto, lui aient demandé, en 1902, de trouver une idée capable de faire mordre la poussière au rival de leur journal, Pierre Giffard, patron du Vélo.

Conséquence indirecte de l’affaire Dreyfus, le premier Tour de France prend donc le départ le 1er juillet 1903, devant l’auberge du Réveil-Matin, alors que les rayons du soleil dardent la campagne francilienne.
Au sud de Paris, dans les environs de Villeneuve Saint-Georges, se tient le départ de ce qui deviendra la plus grande course du monde: il n’est pas encore question de maillot jaune ni des cols dans les Alpes ou les Pyrénées, mais la bravoure et le goût du défi sont déjà présents.

Commis au départ par Henri Desgrange, Monsieur Abran remplit son rôle. Coiffé d’un panama, le préposé au départ invite, d’un roulement de sifflet, les soixante concurrents à l’écouter avec attention:

- Messieurs ... En raison des travaux en cours, le départ réel aura lieu à 600 mètres d’ici, dans la direction de Draveil.

C’est en effet à l’intersection des routes de Draveil et de Montgeron que le départ réel est donné. Le départ fictif s’effectue devant le Réveil-Matin, auberge rustique,alors que Georges Abran lève un fanion jaune, aux couleurs du journal L’Auto.

Quand il abaisse le même fanion et que les coureurs enfourchent leurs machines, sa montre à gousset indique très exactement 15 heures et 16 minutes.

La première étape conduit ces pionniers de l’exploit cycliste à Lyon, après un marathon de 467 kilomètres ...

Les ténors du peloton, les Hippolyte Aucouturier, Léon Georget, Jean Fischer ou Maurice Garin, prennent les responsabilités en imprimant une cadence soutenue, afin se dégager en tête.
Après deux heures de course, Garin, accompagné d’Emile Pagie, est seul aux commandes de la première étape, en passant à Nevers.

Plus loin, Aucouturier doit jeter l’éponge, victimes de douleurs de l’estomac. Il abandonne à 135 kilomètres de l’arrivée d’une étape où Garin impose d’entrée sa férule.
Victorieux à Lyon, dans la capitale des Gaules, le Petit Ramoneur devance d’une minute le jeune Emile Pagie.

Le choix du Réveil Matin et de Montgeron pour le départ de l’étape Paris - Lyon peut laisser songeur ... Mais le préfet de police de l’époque, Louis Lépine (en poste depuis 1893), avait interdit les courses cycliste dans la capitale.

Mais le préfet de police du département de la Seine n’était pas complètement hostile à la petite reine, puisqu’il avait créé, en marge des brigades fluviales, des brigades cyclistes,

Contraints de s’exiler, Henri Desgrange et Géo Lefèvre trouvèrent à Montgeron, à 19 kilomètres au sud-ouest de Paris, un point de chute idéal pour commencer la plus belle odyssée cycliste de tous les temps, en ce premier jour de juillet 1903 ...

Le 2 juillet 1904, l’auberge du Réveil-Matin fut à nouveau le point de départ du Tour de France, qui fêtait sa deuxième édition. Mais les choses ne passèrent pas aussi bien pour Maurice Garin, qui sera déclassé de sa victoire de 1904 au profit d’Henri Cornet ...

Lors du Tour du Centenaire, en 2003, la course n’est évidemment pas repartie de Montgeron, mais a préféré célèbrer la grandeur de Paris avec un départ somptueux au pied de la Tour Eiffel.


Dernière édition par Woody le Ven 31 Mai 2013 - 21:40, édité 2 fois

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 21:35

LES LIEUX MYTHIQUES DU TOUR : LE VENTOUX ( 2/10 )




Géant de Provence dominant les plaines du Luberon, le Ventoux est le col le plus prestigieux, le plus craint, le terrible ... Utilisé avec parcimonie par le Tour, il a donné à chaque fois lieu à des joutes empreintes de bravoure et de panache sur ces pentes rocailleuses ... mais également à des drames.

D’une altitude de 1912 mètres, le Mont Ventoux est le point culminant du département du Vaucluse, dont il fait partie des curiosités touristiques, au même titre que le Palais des Papes en Avignon.

Sa couleur blanche est essentiellement due à sa nature calcaire. La première ascension du Géant de Provence aurait été l’œuvre, en 1336, du poète Pétrarque.


Et s’il a forgé sa légende à travers le sport cycliste, le Mont Ventoux fut aussi une des épreuves chronométrées du Tour de France automobile. Présent dès la septième édition (1958) remportée par le pilote belge Olivier Gendebien,le Ventoux devient vite un classiquedu Tour de France auto.

Le versant méridional du Mont Ventoux, qui abrite la D974 vers l’Observatoire, part de Bédoin et s’élève vers le sommet pendant 21.6 kilomètres d’une pente moyenne de 7.6 %. Cette route méridionale ne fut inaugurée qu’en 1882, étant goudronnée dès 1934.

Au-delà du Chalet Reynard, l’absence de végétation est remarquable, conséquence des températures extrêmes du Ventoux. Cependant, la base du Mont, victime de déforestation massive dès le XIIe siècle au profit des chantiers navals de Toulon, a été reboisée par la suite.

L’Observatoire du Mont Ventoux a été construit en 1882, même si le bâtiment principal, fort de sa tour de 42 mètres surmontée d’une antenne de 20 mètres de haut, n’a été érigé qu’en 1966. Observatoire de la météorologie nationale, il a servi jusqu’à la Première Guerre Mondiale, reprenant ensuite du service jusqu’en 1966. En 1968, l’observatoire rejoint de nouveaux locaux à Carpentras. Dans les années 60, un émetteur de télévision utilisant un pylône de 50 mètres a été construit, d’une puissance de 195 kilowatts et pouvant émettre à 90 kilomètres à la ronde. Depuis 2007, cet émetteur diffuse la TNT. En 1995, la Direction Générale de l’Aviation Civile a implanté un radar dans l’Observatoire du Ventouxpour assurer la sécurité de l’espace aérien.

Ce n’est qu’en 1951, lors de la 38e édition du Tour de France, que le Mont Ventoux est franchi par les coureurs de la Grande Boucle, lors de l’étape Montpellier - Avignon.

Le premier coureur à franchir le sommet du Ventoux est le grimpeur français Lucien Lazaridès, tandis que le maillot jaune est solidement installé sur les épaules du champion suisse, HugoKoblet, implacable dans les cols pyrénéens et auteur d’un exploit colossal entre Brive et Agen au grand dam des Coppi, Bobet et autres Bartali.

C’est Louison Bobet qui l’emporte en Avignon dans ce Tour de France 1951 que Koblet survole de sa classe.

En 1952, Jean Robic, agacé par l’hégémonie de Fausto Coppi dans les Alpes, passe en tête sur la cime du Ventoux et convertit cet avantage en victoire en Avignon. Mais le maillot jaune demeure la propriété du champion italien, stratosphérique en ce mois de juillet 1952.

En 1955, Louison Bobet réalise un des plus grands exploits de sa carrière dans le Mont Ventoux. Menacé par Charly Gaul, jeune grimpeur luxembourgeois aux dons de virtuose de la montagne, le Breton est double tenant du titre. Maillot jaune en 1953 et 1954, champion du monde sur route en 1954, Bobet a succédé à son ami Coppi comme meilleur coureur du peloton. Pris de furoncles et de douleurs, le boulanger de Saint-Méen-le-Grand sort pourtant le bleu de chauffe dans le Mont Ventoux. Impressionnant, le leader de l’équipe de France, ceint de son maillot irisé, asphyxie les grimpeurs sur leur propre terrain ... Vainqueur dans la Cité des Papes comme en 1951, Bobet se rapproche du maillot jaune qu’il prendra quelques jours plus tard à son coéquipier Antonin Rolland. En cette édition 1955, le Mont Ventoux montre aussi sa face cachée, celle d’une montagne terrible et impitoyable.
Ferdi Kubler, vainqueur du Tour en 1950, champion du monde sur route en 1951, bien qu’averti par Raphael Géminiani du caractère exceptionnel du Géant de Provence, entame sur les chapeaux de roue l’ascension du Ventoux.
L’arrogance du Suisse alémanique est aussitôt punie par le Ventoux. Epuisé très rapidement, à la recherche d’un second souffle, Kubler est en perdition, zigzaguant sur l’asphalte ...

En 1958, le Tour de France organise pour la première fois une arrivée au sommet du Ventoux. Juge de paix de la course, le Mont Ventoux fera l’objet d’une ascension contre-la-montre. Les favoris ont pour nom Charly Gaul, Jacques Anquetil et Federico Bahamontes.

C’est le Luxembourgeois qui remporte l’épreuve avec panache et brio ... Survolant ce CLM de toute sa classe, Gaul ne prendra cependant le maillot jaune qu’à Dijon. Victime d’une terrible défaillance entre Gap et Briançon, l’Ange de la Montagne signe une victoire d’anthologie entre Briançon et Aix-les-Bains, alors que les vannes célestes s’abattent sur le massif de la Chartreuse. Maillot jaune, Geminiani finira à douze minutes dans cette étape dantesque ...

Après six ans de jachère, le Mont Ventoux revient sur le Tour de France en 1965. Orphelin de Jacques Anquetil, le Tour 1965 propose à Raymond Poulidor un inattendu rival en la personne du jeune espoir italien Felice Gimondi. Ce dernier, maillot jaune depuis la Normandie, fait mieux que remplacer son leader Vittorio Adorni, vainqueur du Giro et contraint à l’abandon dans les cols pyrénéens.
En état de grâce, Raymond Poulidor n’abdique pas, persuadé de pouvoir encore briguer la couronne vacante d’Anquetil. Maillot jaune encore inexpérimenté, Gimondi perd pour la première fois de sa superbe. En compagnie de l’escaladeur ibérique Julio Jimenez, Poulidor creuse l’écart. Sans être abyssal, cet écart permet au Limousin, vainqueur au sommet du Ventoux, d’y croire encore ... Mais Gimondi, implacable, sonnera le glas des espoirs de la coqueluche des Français par une victoire pleine d’autorité sur les pentes du Mont Revard, dans un CLM en altitude révélateur de la force brute de chacun.

Deux ans plus tard, en 1967, le Mont Ventoux est synonyme de drame lors de la treizième étape. La victoire de Julio Jimenez, le maillot jaune de Roger Pingeon resteront anecdotiques ... L’Anglais Tom Simpson, champion du monde en 1965, décède sur les pentes rocailleuses du Ventoux, à deux kilomètres du sommet ...
Victime d’un cocktail fatal entre dopage et alcool, Simpson est aussi vaincu par la canicule qui frappe le Vaucluse en ce 13 juillet. Jacques Goddet constate avec effroi l’agonie d’un homme qui rêvait d’être le premier Britannique à ramener le maillot jaune à Paris, et qui se vantait, comme ses compatriotes les Beatles, de fumer de la marijuana ...

En 1970, Eddy Merckx dispute l’étape du Mont Ventoux ceint du maillot jaune. Le Cannibale, déjà vainqueur de cinq étapes depuis le départ de Limoges, a déjà rendu utopique toute velléité de succès final pour ses rivaux résignés ... Comme Kubler en 1955, le champion belge part à l’assaut du Ventoux avec panache. Même s’il est déjà considéré comme l’égal des plus grands as du passé tels Coppi ou Anquetil, Eddy Merckx fait preuve ce jour là de suffisance, et il va le payer ... Le Bruxellois gagnera l’étape, mais les ultimes kilomètres du Mont Chauve seront un calvaire, et Merckx est placé sous masque à oxygène au sommet.

En 1972, alors qu’Eddy Merckx impose une fois de plus sa férule à l’ensemble du peloton, un an après que Luis Ocaña ait fait vaciller son trône, c’est Bernard Thévenet qui l’emporte au sommet du Ventoux.

En 1974, c’est le coureur espagnol Gonzalo Aja qui passe au sommet du Ventoux, dans une étape remportée à Orange par le Belge Jozef Spruyt.

S’ensuit treize années de silence. L’édition 1987 ressuscite le Ventoux.
Le phénix renaît de ses cendres sous la forme d’un chrono en altitude, comme en 1958.
Et comme avec Gaul, un coureur va frapper très fort dans l’effort solitaire. Jean-François Bernard signe le grand exploit de sa jeune carrière. L’espoir nivernais, désigné héritier de Bernard Hinault après la retraite de ce dernier en 1986, survole le chrono de sa classe, repoussant très loin des champions du calibre de Luis Herrera, Charly Mottet, Pedro Delgado ou encore Stephen Roche, dans un Tour orphelin du tenant du titre Greg LeMond, blessé dans un accident de chasse à Rancho Murieta en Californie, lors du lundi de Pâques 1987 ...
Insolent de supériorité, Bernard s’empare du maillot jaune mais il le perdra dans les Alpes, victime d’une crevaison puis d’une défaillance ...

En 1994, alors que Miguel Indurain a course gagnée et que Tony Rominger a jeté l’éponge, le Mont Ventoux s’offre au colosse italien Eros Poli, qui gagne l’étape à Carpentras au pied de la descente par le versant septentrional. Et le Ventoux offre l’occasion au novice Marco Pantani de montrer ses dons prodigieux d’escaladeur entrevus dans les cols des Pyrénées ... Quant à Miguel Indurain, il se fait une terrible frayeur dans la descente du Ventoux mais l’Espagnol sera bel et bien un inoxydable maillot jaune à Paris, pour sa quatrième victoire consécutive.

En 2000, Marco Pantani l’emporte après une leçon de courage. Ignorant la douleur, Pantani ne cesse de faire le yo-yo avec le groupe de ténors emmené par un maillot jaune redouté de tous depuis sa démonstration de Lourdes-Hautacam, Lance Armstrong. Le Texan, face à Jan Ullrich, Joseba Beloki, Richard Virenque et Santiago Botero, emmène un tempo quand Pantani les rejoint et ne cesse de planter des banderilles. La sixième est la bonne pour le grimpeur italien. Loin de son niveau de 1998, Pantani est admirable dans cette étape du Ventoux. Avec l’énergie implacable d’un pur champion, le Pirate fait abstraction de l’acide lactique qui inonde ses mollets. Revenant sur son rival avec une facilité deconcertante, l’Américain Lance Armstrong semble le mieux parti pour l’emporter au sommet. Mais Armstrong décide de ne pas semer Pantani qui prend alors sa roue, tandis qu’Ullrich ne peut assurer un tempo suffisant pour limiter l’écart dans les groupe des poursuivants.

Croyant agir avec mansuétude tel un seigneur, tel un maillot jaune magnanime à la façon de Miguel Indurain, Lance Armstrong s’efface au sommet devant Marco Pantani, qui retrouve le goût de la victoire un an après ses déboires du Giro 1999... Ce cadeau sera empoisonné pour le Texan qui vient de blesser l’orgueil du champion italien, si fier ... Quant à la victoire de Pantani, elle sera une victoire à la Pyrrhus, tant les dégâts vont être importants par la suite. Entre provocations verbales et joutes contre Armstrong dans l’Izoard, Courchevel et sur la route de Morzine, le Romagnol devra abandonner, aveuglé par son désir de revanche ... Mais personne n’aura autant fait trembler Armstrong entre 1999 et 2005, dans la montagne, que Pantani vers Morzine ...

Deux ans plus tard, en 2002, Armstrong est une fois de plus maillot jaune. Sans véritable rival puisque le Tour est doublement orphelin de Jan Ullrich et Marco Pantani, le Texan a pour dauphin l’Espagnol Joseba Beloki, troisième des éditions 2000 et 2001. Beloki, seul coureur à résister au train bleu de l’US Postal dans les cols pyrénéens, a termine sur le podium les étapes de la Mongie et du Plateau de Beille en compagnie d’Armstrong et de son joker de luxe, Roberto Heras.
Se croyant capable d’attaquer le roi, Beloki lance une attaque mais la réaction d’Armstrong est violente. Contrant le Basque, le triple vainqueur du Tour part seul à l’assaut de Richard Virenque échappé. Le Français s’offre lui une victoire en signe de rédemption, après avoir été privé du Tour 2001 lors de sa suspension pour dopage, consécutive à l’affaire Festina de 1998 et au procès de Lille (2000).

Ayant raté une deuxième occasion de s’imposer au mythique Ventoux, Armstrong a pourtant fait une démonstration de force avec une efficacité monstrueuse.

La troisième n’en sera pas vraiment une ... En 2009, lorsque le Tour arrive au Mont Ventoux, la messe est dite. Le come-back d’Armstrong au sein de la très puissante formation kazakhe Astana a été un évènement médiatique. Mais son coéquipier chez Astana, Alberto Contador, le prodigieuxgrimpeur espagnol, tue le match dans l’oeuf à Verbiers, en Suisse. Neutralisant les frères Schleck, voyant Armstrong isolé après l’abandon de son fidèle coéquipier Leipheimer et les limites de Klöden, Contador arrive au Ventoux avec un maillot jaune imprenable. Le match Contador - Andy Schleck - Armstrong tant attendu à la veille de l’arrivée n’aura pas vraiment lieu. L’étape déçoit et c’est Juan Manuel Garate qui l’emporte au sommet pour la Rabobank.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Annick le Ven 31 Mai 2013 - 22:12


Super, Woody cheers
Quand on lit le Tour de 1903, les étapes étaient très longues.
Ils devaient être épuisés à l'arrivée.






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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 22:33

Annick a écrit:...........Ils devaient être épuisés à l'arrivée...........

Je pense que le qualificatif " épuisés " est un doux euphémisme..... Laughing....

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Z06 le Ven 31 Mai 2013 - 23:31

Hello Woody

sacré travail de recherche , de présentation & d'hébergement

:bravo:

Merci pour toute cette lecture.....

bonne suite ............




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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 11:07


La 2e édition du Tour de France s'est déroulée du 2 au 24 juillet 1904.
Le parcours est le même qu'en 1903 et Maurice Garin semble répéter la victoire de l'année précédente avec une petite avance sur Lucien Pothier, tandis que Hippolyte Aucouturier remporte quatre des six étapes. Cependant quatre mois plus tard, plusieurs cyclistes, parmi eux les quatre premiers du classement final et tous les vainqueurs d'étape sont disqualifiés. La victoire revient finalement à Henri Cornet.

Historique.
L'édition initiale de 1903 avait connu un important succès, il fut rapidement décidé de réorganiser une nouvelle course en 1904. Le parcours est identique, avec les mêmes six étapes. Les règles sont les mêmes qu'en 1903, avec une exception : les cyclistes qui abandonnent ne peuvent concourir à nouveau. Les favoris pour la victoire sont Garin, Pothier et Aucouturier, qui ont obtenu de bons résultats dans le Tour de France 1903. Parmi les concurrents, on retrouve Henri Paret, qui avec ses 50 ans détient toujours le record du plus ancien participant au Tour de France.

Incidents de course.
Toutefois, la course est victime de son propre succès, et agitée par des scandales.
Dans la première étape, Maurice Garin et Lucien Pothier sont agressés par quatre hommes masqués dans une voiture. De Lyon à Marseille, Antoine Fauré mène l'étape qui arrive dans sa ville natale, lorsque 200 de ses supporters tentent d'arrêter le reste du peloton pour lui permettre de gagner. La situation n'est résolue qu'après que les officiels de course ont tiré en l'air. Lors de l'incident, Garin se blesse à la main, et Giovanni Gerbi se retrouve assommé. Quand le Tour atteint Nîmes, les supporters locaux se montrent en colère en raison de la disqualification de leur favori Ferdinand Payan qui s’est aidé d'un engin motorisé. Pour cette raison, ils n'hésitent pas à lancer des pierres sur les coureurs. Lors de la cinquième étape, des clous sont placés sur les routes, causant des crevaisons. L'assistance mécanique n'étant pas autorisée, Henri Cornet est obligé de terminer les 40 derniers kilomètres avec deux pneus crevés.

Résultats avant les disqualifications.
Initialement, Maurice Garin est le vainqueur de cette édition, après avoir mené la course du début à la fin. Hippolyte Aucouturier a quant à lui remporté 4 étapes. Au total, 27 cyclistes ont terminé la course.


L'affaire.
Le deuxième Tour de France faillit bien être le dernier. L'épreuve est victime de son succès : réactions des spectateurs en faveur des membres de certaines équipes dont l'équipe « La Française » (celle de Garin) et différentes tricheries. Henri Desgrange pense un temps abandonner l'organisation du Tour. Au terme de la Grande Boucle, le classement ne fut pas homologué avant le 2 décembre. Huit coureurs, dont les quatre premiers du classement général sont alors déclassés et même suspendus. Henri Cornet, cinquième du classement général initial, est ainsi sacré vainqueur. Maurice Garin hérite d’une suspension de deux ans, tandis que Lucien Pothier, 2e à Paris, est suspendu à vie (sa peine sera finalement allégée à trois ans de suspension et il pourra reprendre la compétition en 1907). Au total, 29 coureurs sont disqualifiés.

C'est la commission sportive de l'Union vélocipédique de France qui prend cette décision de déclassement en s'appuyant sur des rapports des commissaires du Tour de France. L'UVF invoqua des violations aux articles 5, 6, 7 et 8 du règlement du Tour pour motiver ses décisions du 30 novembre 1904. Henri Desgrange qui s'était répandu en articles sanglants pendant le Tour pour stigmatiser notamment l'attitude intolérable des spectateurs, utilisa cette fois les colonnes de L'Auto pour défendre quelques coureurs, Maurice Garin, César Garin et Hippolyte Aucouturier au premier chef. En revanche, Desgrange était en accord avec l'UVF concernant les suspensions à vie de Chevalier et Lucien Pothier, pris en flagrant délit de tricherie.

Le Tour est aussi la cible de spectateurs mal intentionnés : au col de la République, près de Saint-Étienne et à Nîmes, des locaux attaquent les coureurs, ne laissant passer que les régionaux de l'étape (Antoine Fauré dans le premier cas et Ferdinand Payan dans le second). En réaction Henri Desgrange pense priver ces deux villes de Tour. Finalement si Nîmes reverra le Tour l'année suivante, Saint-Étienne devra attendre 1950 pour revoir les coureurs.

Les résultats définitifs
Les étapes

Suite aux déclassements prononcés le 2 décembre, les vainqueurs des étapes (Garin, Pothier et Aucouturier) disparaissent des classements. Les quatre premiers coureurs du classement initial sont disqualifiés, seulement 15 coureurs sont finalement classés.


Retombées

À cause des scandales liés à ce Tour, Henri Desgrange pense arrêter définitivement la course. Il change toutefois d'avis et les règles sont modifiées pour empêcher les cyclistes de tricher : le Tour de France 1905 se courra avec un système de points.

Le vainqueur du Tour de France 1904, Cornet disputera sept autres Tours de France, sans jamais jouer toutefois un rôle important.




Biographies.




Henri Jardry, dit Henri Cornet (4 août 1884 à Desvres-18 mars 1941 à Prunay-le-Gillon), est un cycliste français.

Biographies.

Henri Cornet reste le plus jeune vainqueur du Tour de France. Il est en effet âgé de 19 ans, 11 mois et 20 jours quand il s'impose dans le Tour de France 1904, dans des circonstances particulières : cinquième à Paris au terme de la compétition, il profite en effet du déclassement des quatre premiers du classement pour connaître ce sacre. La suite de sa carrière est moins glorieuse, mais Cornet s'impose toutefois sur Paris-Roubaix en 1906, après une deuxième place sur cette course en 1905. Cornet termine également deuxième du Bordeaux-Paris 1905.

Palmarès année par année

1904
Tour de France :
Classement général
3e étape
1905
3e de Paris-Roubaix
3e de Bordeaux-Paris
1906
Paris-Roubaix
2e de Bordeaux-Paris
3e de Paris-Tours
1907
5e de Bordeaux-Paris
8e de Paris-Roubaix
1908
8e du Tour de France
9e de Paris-Bruxelles
1909
4e de Paris-Bruxelles
6e de Paris-Tours
1910
Paris-Alençon
1911
3e du Bol d'or
4e de Paris-Brest-Paris

Résultats sur le Tour de France

1904 : Vainqueur du classement général et d'une étape
1905 : abandon (4e étape)
1906 : forfait au départ
1907 : abandon (4e étape)
1908 : 8e du classement général
1909 : abandon (4e étape)
1910 : 16e du classement général
1911 : 12e du classement général
1912 : 28e du classement général





Aloïs Catteau, né le 11 août 1877 à Tourcoing et mort le 1er novembre 1939 à Menin, était un cycliste belge.

Palmarès

1903
10e du Tour de France
1904
Bordeaux-Paris
3e du Tour de France
1906
6e du Tour de France
1907
9e du Tour de France

Résultats sur le Tour de France.

1903 : 10e du classement général
1904 : 3e du classement général
1905 : 11e du classement général
1906 : 6e du classement général
1907 : 9e du classement général
1908 : 21e du classement général
1911 : Non Classé

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 11:50

HENRI DESGRANGE




Henri Antoine Desgrange
, né le 31 janvier 1865 à Paris 10e et mort le 16 août 1940 à Beauvallon, est un coureur cycliste, dirigeant sportif et journaliste français.

Il débute dans sa vie professionnelle comme clerc de notaire à Paris. Renonçant à devenir avocat, il se consacre au sport, tant pour le pratiquer que pour l'organiser et le diriger.

Il établit le premier record de l'heure cycliste sans entraîneur, 35,325 km, le 11 mai 1893.(*) Il est en outre détenteur de plusieurs records à tricycle, toujours sur piste, sur 50 et 100 km.
Journaliste, Desgrange collabore à diverses revues : La Bicyclette, Paris-Vélo et Le Journal de sports.
Auteur, il publie des livres : La Tête et les jambes (1894), Alphonse Marcaux (1899).
Entrepreneur, il devient à Paris le directeur du vélodrome du Parc des Princes en 1897, puis du Vélodrome d'Hiver en décembre 1903.
C'est en 1900 qu'il est nommé directeur et rédacteur en chef d'un nouveau quotidien sportif, L'Auto-Vélo, impulsé par le comte de Dion pour concurrencer Le Vélo dont le directeur, Pierre Giffard, n'est pas en phase avec ses idées politiques. Le titre sera rebaptisé L'Auto en 1903.
En 1917, sans obligation de le faire, il s'engage, à 52 ans, pour participer à la guerre qu'il termine comme officier. Sur ses vieux jours, il reste sportif, pratiquant la marche de fond et le cross-country. Il est inhumé dans le Var, à Grimaud.

Créateur du Tour de France.

Henri Desgrange devient en 1903 le maître d'œuvre d'une épreuve sur route inédite, le Tour de France, suite à une idée de son collaborateur, le journaliste Géo Lefèvre. Jusqu'en 1939, il reste l'organisateur du Tour, interrompu par la guerre. En 1936, il avait dû quitter le Tour, à Charleville, passant le témoin de la direction de course à Jacques Goddet.
Un monument à la mémoire d'Henri Desgrange a été élevé par souscription au sommet du col du Galibier. Un prix Henri-Desgrange récompense chaque année sur le Tour de France le coureur qui franchit en tête le col du Galibier, ou le col le plus haut de la course si le Galibier n'est pas au programme.
Un prix Henri-Desgrange est également décerné à un journaliste, auteur ou artiste français ayant, dans l'exercice de sa profession, le mieux servi la cause sportive, soit par son action, soit par la qualité de ses écrits, de ses missions ou images.

Créateur des Audax français.

Il s'agit d'un mouvement qui atteste de l'humanisme de Desgrange, souvent caché derrière ses activités « commerciales ». Le cyclisme en fut la base. Il consistait à parcourir en groupe et à allure modérée des distances dépassant 200 kilomètres et donnant lieu à un brevet.
Henri Desgrange, Géo Lefèvre et Charles Stourm vont, en 1904, fonder les Audax français. Régulièrement, en 1903, L'Auto a fait part de l'activité des Audax italiens. Et de leur projet d'excursion Turin-Paris prévu pour l'été 1904. Géo Lefèvre suggère alors que les cyclistes français pourraient aller à leur rencontre. Et cela lui donne l'idée de créer un groupement de même nature. Le 7 janvier 1904, Desgrange peut annoncer la naissance des Audax français2. Cette idée va donner de l'élan à l'activité hors compétition sur de longues distances, laquelle aboutira aux brevets de 300 à 1 200 km Audax et Randonneurs dont le plus célèbre est Paris-Brest-Paris (1 200 km).
Henri Desgrange déclinera ensuite la même formule pour la marche, la nage et la rame. Il fut lui-même breveté 150 km à pied et 6 km à la nage.

Citations
Jacques Goddet

« Rude dans son comportement, rude dans ses expressions, rude envers lui-même plus encore qu'envers ses collaborateurs, Henri Desgrange a considéré la vie comme un combat permanent. »

*

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 15:12

LES LIEUX MYTHIQUES DU TOUR : LE PARC DES PRINCES (3/10)
Inauguré en 1897, rebâti en 1932, le Parc des Princes et son vélodrome furent l’hôte de l’arrivée du Tour de France jusqu’en 1967 ... Le bail fut interrompu , et le Tour s’exila à Vincennes, au vélodrome de la Cipale. En 1972, le nouveau Parc des Princes serait dédié au football et à un club créé en 1970, le Paris Saint-Germain.




Le Parc des Princes trouve son origine au XVIIIe siècle. A cette époque, la chasse est encore une tradition prisée pour la royauté malgré l’essor de la philosophie au Siècle des Lumières.

A la lisière de Paris et de Boulogne, un domaine de chasse et de promenade, sorte de sanctuaire royal, est donc circonscrit.

En 1860, dans le cadre d’une opération immobilière de luxe, le baron Haussmann et le duc de Morny réalisent un aménagement urbain du Parc des Princes.

Et en 1897, un stade nommé Parc des Princes voit le jour, nanti d’un vélodrome. Dès 1903, le Parc des Princes accueille les coureurs du Tour de France. En 1924, le stade n’a pourtant pas l’honneur d’accueillir des épreuves des Jeux Olympiques d’été ...

Un deuxième Parc des Princes voit le jour en 1932. En 1938, lors de la Coupe du Monde de football remportée par l’Italie, le Parc des Princes est l’hôte de la demi-finale opposant la Hongrie à la Suède. Les Magyars écrasent les Scandinaves sur le score cinglant de 5-1, et se qualifient pour la finale qui sera jouée à Colombes, quelques kilomètres au nord du stade parisien.

En 1956, le Parc a l’honneur d’accueillir la première finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions entre le Real Madrid et le Stade de Reims. Les coéquipiers de Kopa semblent avoir leur destin entre les mains face au club espagnol mais Di Stefano va renverser la vapeur. Madrid l’emporte 4-3 sur son rival rémois. Convoité par le Milan AC et le Real Madrid, Kopa traversera finalement les Pyrénées ...

En 1960, le stade accueille la finale du premier Championnat d’Europe des Nations entre l’URSS et la Yougoslavie, remportée par les coéquipiers de Lev Yachine.

Le troisième Parc des Princes, enceinte dédiée au football et au rugby, verra le jour en 1972, le deuxième Parc étant rénové dès 1967.Le Tour de France 1967, remporté par Roger Pingeon, marque donc la fin de l’odyssée cycliste du Parc des Princes ...

Il était écrit d’avance que le Parc des Princes serait associé à la grande histoire du Tour de France. En 1897, Henri Desgrange et Victor Goddet furent associés dans la création du Parc des Princes. Desgrange, ancien clerc de notaire boulevard des Batignolles, fut même directeur du vélodrome de 1897 à 1900, avant de fonder le quotidien L’Auto sur demande du comte de Dion, afin de torpiller le journal rival Le Vélo de Pierre Giffard, accusé par le comte d’avoir défendu des positions dreyfusardes.

En 1903, un arrêté préfectoral interdisait les courses dans Paris. Le départ du Tour avait donc été délocalisé à Montgeron, et l’arrivée prévue à Ville d’Avray. Mais les coureurs poursuivirent avec bravoure jusqu’au Parc des Princes, s’offrant un tour d’honneur bien mérité avant la remise des prix qui sacra Maurice Garin premier vainqueur de l’Histoire de la Grande Boucle.

En 1938, André Leducq et Antonin Magne coupent la ligne ex-aequo au Parc des Princes. Tous deux doubles vainqueurs du Tour, les deux vedettes françaises tirent leur révérence l’année où le maillot jaune a été confisqué par Gino Bartali ... Mais l’espoir français a pour nom René Vietto, qui a grandi avec Leducq et Magne pour coéquipiers et leaders en équipe de France.

En 1947,Jean Robic gagne le Tour de Francein extremis au Parc des Princes. Vietto, battu par le cidre dans le CLM Vannes - Saint-Brieuc, a déjà rendu les armes mais Tête de Cuir, formidable de volonté, n’a pas encore abdiqué face au maillot jaune Fachleitner. Le plus incroyable retournement de situation de l’Histoire du Tour va avoir alors lieu ... Mais les éditions 1968 et 1989 proposeront encore mieux, dans d’autres théâtres, la Cipale et les Champs-Elysées!

En 1949, Coppi parvient en maillot jaune triomphal au Parc des Princes. Auteur du doublé Giro - Tour, le coureur piémontais et ses jambes d’échassier ont écoeuré le peloton, Bartali excepté. Coppi a très vite rendu utopique les rêves de victoire de la concurrence. L’Italien,homme de grande classe, inaugure en cette année 1949 le système des primes aux coéquipiers. La Squadra Azzurra, divisée en début du Tour par le duel Coppi - Bartali, termine plus unie que jamais par ce partage du trésor de guerre acquis par son virtuose piémontais et le vieux grimpeur toscan.Alors que Coppi et Bartali se regardaient en chiens de faïence au départ, Coppi affiche un sourire radieux à Paris, après cette apothéose qui le consacre meilleur coureur du monde.

En 1958, le Parc des Princes est le théâtre d’un terrible accident de course.(*) Lancé vers le sprint final, André Darrigade percute un juge de course trop rapproché de la piste. Blessé, le natif de Dax s’en tirera mieux que l’infortuné commissaire, lequel décède de ce tragique accident ...

En 1959, le public français du Parc des Princes siffle les coureurs français. Alors que l’accord verbal de Poigny-la-Forêt mis en place par Marcel Bidot a rapidement volé en éclats, que Louison Bobet a quitté le Tour de façon chevaleresque au sommet de l’Iseran, Jacques Anquetil termine troisième du général devant Roger Rivière, quatrième. Le maillot jaune est la propriété du champion espagnol Federico Bahamontes, escaladeur virtuose sponsorisé par Fausto Coppi. Impressionné par la bronca du Parc des Princes, Anquetil renommera quelques jours plus tard Sifflets 59 un hors-bord qu’il avait acquis ...

En 1963, la foudre de Jupiter s’abat sur Raymond Poulidor. Troisième en 1962, le coureur limousin ne confirme pas pour son deuxième Tour de France. L’exigeant public parisien conspue le prometteur espoir français, telle la plèbe de Rome qui demandait le châtiment mortel envers un gladiateur romain vaincu ...

En 1964, le suspense est à son comble entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor. Limitant l’hémorragie du temps sur les pentes du Puy-de-Dôme, Anquetil jure qu’il aurait quitté le Tour s’il avait rendu son maillot jaune au Limousin au sommet du volcan auvergnat ... Ayant bluffé Poulidor de façon magistrale, tirant la quintessence de ses ressources limitées dans cette étape d’anthologie, le Normand arrive à Versailles favori de l’ultime contre-la-montre. Vainqueur au Parc des Princes de cette étape qui lui offre son cinquième Tour de France (record absolu), Anquetil retrouve Poulidor sur le podium, ainsi que pour un tour d’honneur mettant en scène les deux rivaux de cette Grande Boucle de légende ...

En 1965, Felice Gimondi parachève son triomphe, acquis contre-la-montre sur les redoutables pentes du Mont Revard, par une nouvelle victoire dans l’effort solitaire où le jeune espoir italien bat une fois de plus Raymond Poulidor.

En 1967, Roger Pingeon est l’ultime maillot jaune de l’Histoire du Tour au Parc des Princes, alors que son coéquipier Poulidor, hors course pour la victoire depuis sa terrible défaillance dans le Ballon d’Alsace, est l’ultime vainqueur d’étape (CLM).

Contrairement à l’actuelle étape des Champs-Elysées, l’étape du Parc des Princes n’avait rien d’une procession ... Elle développait souvent un kilométrage redoutable de plus de 300 kilomètres, partant de villes éloignées de la capitale comme Dunkerque, Montluçon, Dijon, Caen, Dieppe voire Nancy ou Vichy.

A plusieurs reprises, le vainqueur du Tour paracheva son succès par une victoire dans l’étape du Parc des Princes, consolidant ainsi son avance au classement général avec panache et donnant encore un peu plus d’éclat à son maillot jaune.
Ainsi, Maurice Garin (1903), René Pottier (1906), Lucien Petit-Breton (1908), Ottavio Bottecchia (1924 et 1925), Nicolas Frantz (1928), André Leducq (1932),Romain Maes (1935), Jacques Anquetil (1964 CLM), Felice Gimondi (1965 CLM) cumulèrent victoire à Paris et maillot jaune, cerise sur le gâteau...

*

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  héléma le Sam 1 Juin 2013 - 16:34

On voit le passionné de cyclisme, sport d'endurance, de détermination personnelle,, de dépassement de soi !

très beau sport...dommage qu'il soit désormais régulièrement entaché par tous ces scandales liés au dopage, à la tricherie, que les sponsors soient aussi exigeants, et que l'argent soit devenu le principal moteur de ces grandes compétitions, comme le Tour, le Giro, etc...
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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 17:44

DOPAGE.

Définition du dopage.
Le dopage est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux définis arbitrairement par des organismes ad hoc afin d'augmenter ses capacités physiques ou mentales (hématocrite, battements du cœur, confiance en soi, etc.). Le terme anglais « doping » fut largement employé avant que le Comité du langage scientifique n'impose une francisation en 1958.
Le dopage n'existe pas qu'au niveau sportif. La prise de substances variées, dans le but d'accroître les performances est une pratique de plus en plus courante dans le milieu étudiant ou professionnel. On parle alors de « conduite dopante ».


Historique.
Le dopage est une pratique ancienne. Le premier cas moderne avéré remonte à 1865 : des nageurs à Amsterdam. À la même époque, le vin Mariani était conseillé aux sportifs. Il était « aromatisé » avec des feuilles de coca. Le premier mort à cause du dopage, Arthur Linton, le fut en 1896.
On considère que le dopage s'est professionnalisé et généralisé dans certains sports à la fin des années 1950 et au début des années 1960 avec l'arrivée des sympathicomimétiques, de produits à activité hormonale comme l'hormone de croissance, ou des corticoïdes. Sur l'épreuve d'athlétisme du 100 mètres, dans les années 1960, les performances connaissent un bond avant de se stabiliser dans les années 70-80. Mais les performances redécollent à partir des années 1980, soit au moment où l'EPO et de nouvelles hormones, anabolisants et produits masquant indétectables sont mis sur le marché.
Suite au décès de Knud Enemark Jensen aux JO de Rome en 1960, la fédération internationale de cyclisme effectua des contrôles officieux sur les cyclistes sélectionnés aux Jeux de Tokyo en 1964. Ces résultats ne furent jamais divulgués mais, à Mexico, lors des Jeux olympiques d'été de 1968 le CIO officialise les contrôles anti-dopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. Pour éviter les contrôles positifs aux JO de Montréal, les Soviétiques installent sur le Saint-Laurent, un bateau laboratoire, dont l'objectif était de vérifier les échantillons d'urine des sportifs soviétiques avant de les engager dans les compétitions. Il faudra attendre 1989, pour que le CIO mette en place les contrôles inopinés.
En 1998, un scandale (affaire Festina) éclabousse le Tour de France. Le soigneur de l'équipe cycliste Festina Willy Voet, à laquelle appartient Richard Virenque est interpellé à la frontière en possession de 500 doses de produits dopants et stupéfiants dont 235 ampoules d'EPO. Bruno Roussel, directeur sportif de l'équipe, avoue l'existence d'une « gestion concertée de l'approvisionnement des coureurs en produits dopants ». Le grand public découvre alors l'étendue de ces pratiques dopantes. Dans la publication des recherches (2000) menées sur les échantillons d'urine congelés des coureurs du Tour de France 1998, le laboratoire national de dépistage du dopage estime qu'« il est hautement vraisemblable que nous pourrions retrouver les traces d'une prise d'EPO sur un nombre élevé des 102 échantillons, peut-être même sur tous ». Suite à cette affaire, les contrôles sont renforcés et la France se dote d'une loi anti-dopage plus contraignante.
Plusieurs affaires de dopage suivront notamment en Italie avec le Blitz du Giro 2001, le procès de la Juventus, le procès du docteur Michele Ferrari (conseiller médical et ami de Lance Armstrong) ou l'affaire des veuves du Calcio et aux États-Unis avec l'affaire Balco (voir Tim Montgomery).
En 2005, le journal L'Equipe, se basant sur des tests urinaires du laboratoire de Châtenay-Malabry, accuse Lance Armstrong d'avoir pris de l'EPO en 1999.
Aujourd'hui, associé aux contrôles inopinés, le suivi longitudinal des sportifs semble être l'arme la plus efficace pour lutter contre le dopage et ses pratiques masquantes, puisqu'il permet non plus de détecter les produits dopants, mais une modification anormale de la physiologie du sportif.
À noter que plusieurs sportifs affirment avoir été dopés à leur insu ; le centre de recherche de prévention du dopage de Cologne met en garde contre la présence de produits dopants dans des préparations dénommées compléments alimentaires où on peut retrouver de l'ephedra sinica, de la sibutramine ou de la méthylhexaneamine, parfois des stéroïdes anabolisants (stanazolole, oxandrolone, etc.) dans des tablettes de vitamine C. Il est fortement conseillé de ne pas se fier à l'étiquetage et de se renseigner auprès de centres de référence.

Dopage d'État.
Après la chute du mur de Berlin et l'ouverture des archives de la Stasi, on découvre que la RDA avait mis au point un vaste programme de dopage de ses sportifs. Les injections de testostérone et d'anabolisants étaient une pratique courante, voire systématique, y compris chez des enfants.
Aux États-Unis, suite à l'affaire de blanchiment de contrôles positifs par la Fédération américaine d'athlétisme révélée par le cas de Jerome Young en 2003, le Comité olympique américain a reconnu en 2003 que, depuis les années 80, 24 athlètes ont gagné des médailles olympiques après un contrôle positif laissé sans suite. Il faut y ajouter les neuf contrôles positifs mystérieusement disparus lors des Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles.
Dans les années 1990, les résultats des Chinois en natation surprennent. Une trentaine de nageurs chinois furent contrôlés positifs par la découverte, le 8 janvier 1998, par les douanes australiennes, de somatotropine (hormone de croissance indétectable) dans les bagages de la nageuse Yuan Yuan.



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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  héléma le Sam 1 Juin 2013 - 18:02

bien sûr, le dopage n'existe pas que dans le milieu du cyclisme, et je n'ai pas voulu incriminer uniquement ce milieu-là, mais comme ici il était question de cyclisme...

le milieu du showbiz aussi est soumis très souvent à ces mêmes lois, de même que dans certains secteurs d'activités, comme la finance, ...mais aussi, par le passé, chez les poètes romantiques, les peintres impressionnistes...

Autre technique de "dopage"...Avant la chute du Mur, et pour certaines athlètes Roumaines, par exemple, il est désormais prouvé qu'un des fils de Ceaucescu "s'occupait" de certaines jeunes filles, gymnastes, dont Nadja Comaneci...elles se retrouvaient volontairement enceintes, (état qui décuple certaines performances physiques, en début de grossesse)...puis après les jeux, elles avortaient...

d'une manière générale, l'argent, le profit sont au coeur du problème...
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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 18:39

Héléma a écrit:............état qui décuple certaines performances physiques, en début de grossesse...........
En particulier l'augmentation des globules rouges....grands pourvoyeurs d’oxygène dont les muscles sont très friands....


De tout temps, l’homme a cherché à améliorer ses performances par des moyens artificiels.
En effet, les premières notions de dopage datent de l’Antiquité.
L’Iliade et l’Odyssée sont riches en de tels exemples.

a) Dès le VIème siècle avant J.-C., les athlètes grecs ingéraient déjà des viandes variées selon la discipline sportive qu’ils exerçaient :
– les sauteurs mangeaient de la viande de chèvre.
– les boxeurs et les lanceurs, de la viande de taureau.
– les lutteurs quant à eux préféraient de la viande grasse de porc.

b) L’hydromel avait la faveur des grecs et les romains faisaient appel aux propriétés tonique des feuilles de sauge.

c) Les populations primitives négro-africaines partagent avec les populations amérindiennes ce besoin incoercible et permanent de dopants, c’est à dire de drogues capables d’accroître leur énergie physique et psychique, voire le potentiel sexuel des individus qui les consomment. Ainsi, les indigènes d’Amérique du Sud mâchent les feuilles de coca, ceux d’Afrique la noix de kola.

d) Les chinois connaissent depuis plus de 3.000 ans les vertus stimulants du ginseng. De nos jours, pour parvenir aux niveaux supérieurs de la performance, l’athlète doit faire « le plein » de ses possibilités physiques.

Le Docteur Burstin, auteur de l’ouvrage : Le Dopage, publié en 1961, précisait :
« pour combattre le dopage, il faut que l’on sache que les athlètes dopés relèvent avant tout de la thérapeutique et non des sanction ».


Dernière édition par Z06 le Sam 1 Juin 2013 - 19:12, édité 1 fois (Raison : correction balise = plus lisible)

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  héléma le Sam 1 Juin 2013 - 19:23

merci pour toutes ces précisions ! :bien:

concernant ta bande passante, j'ajouterais que "lorsque la femme inventa la migraine, elle découvrit... la tranquillité" ! crie
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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 19:41

héléma a écrit:merci pour toutes ces précisions !

concernant ta bande passante, j'ajouterais que "lorsque la femme inventa la migraine, elle découvrit... la tranquillité" !

.......

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  héléma le Sam 1 Juin 2013 - 19:45

c\'est c\'la
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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Annick le Sam 1 Juin 2013 - 19:56


Très drôle, Héléma Very Happy
C'est pourtant vrai crie

Ta rétrospective est très intéressante, Woody. :bouquet:






"Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis" (Victor Hugo)
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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 20:01

héléma a écrit:



Un degrés de plus:

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 1 Juin 2013 - 20:06

Annick a écrit:
Très drôle, Héléma Very Happy
C'est pourtant vrai

Ta rétrospective est très intéressante, Woody.

Merci Annick....

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Lun 10 Juin 2013 - 8:19

LES SÉQUENCES ÉMOTION :
Au début de l’année 1910, les responsables du Tour cherchent à redonner de l’intérêt à leur course. Alphonse Steines va alors proposer une incroyable nouveauté à Desgrange, l’organisateur principal du Tour : il veut envoyer le peloton à l’assaut des Pyrénées ! Malgré les réticences de Desgrange, Steines décide de partir en reconnaissance du col du Tourmalet. A quatre kilomètres du sommet, pris par la nuit et la neige, son chauffeur refuse d’aller plus loin.
Obstiné, Steines entreprend de finir seul et à pied. Ne le voyant pas revenir, toute l’équipe se met à imaginer le pire. La tension ne redescendra que le lendemain matin, à la réception d’un télégramme : « Passé Tourmalet. Très bonne route. Parfaitement praticable. Steines ». Grâce à son courage et à un brin d’inconscience, Steines pu gratifier les spectateurs de nouvelles splendides étapes de montagne.

En 1938, au-delà des spectateurs du Tour, c’est tout un pays que Bartali réussit à distraire. Rongée par la guerre civile depuis 1935, l’Italie prit cette victoire comme une grande bouffée d’oxygène. Grâce à celui qu’ils considéraient comme un dieu, les transalpins se remirent à croire en des jours meilleurs.

Autre grande figure de l’épreuve bien qu’il ne l’ait jamais remportée, Raymond Poulidor, l’éternel second, est resté l’une des coqueluches du public. La planète vélo s’est longtemps passionnée pour ses duels avec Anquetil et toute la France retint souffle lorsqu’en 1964, une moto le renversa et le contraignit à laisser le titre à son rival.


LES MOMENTS INSOLITES :
Certes, le Tour de France rencontre chaque année son lot d’accidents et de problèmes, mais il est également ponctué d’évènements cocasses et impérissables.

Jusqu’en 1930, le règlement strict imposé par Desgrange donna également lieu à des scènes épiques. C’était le temps des baignades collectives du peloton et des nuits à la belle étoile. Rappelons qu’à l’époque, les coureurs n’avaient droit à aucune forme d’assistance extérieure. C’est ainsi qu’Eugène Christophe, virtuel leader du Tour 1913, fut contraint de réparer lui-même sa fourche brisée.
Le spectacle fut pour le moins comique, puisqu’il ne fallut pas moins de trois juges pour surveiller les exploits de forgeron du malheureux coureur.

Il faut également évoquer l’incroyable échappée (135 km) et la victoire de Koblet dans la 11e étape de l’édition de 1951. Toujours tiré à quatre épingles, celui que l’on surnommait « le pédaleur de charme » avoua plus tard qu’il devait cet exploit sportif à une poussée d'hémorroïdes mal soignée la veille !
Personne n’a oublié, par ailleurs, la mésaventure de Pedro Delgado qui perdit la course dès le prologue, à cause d'une envie pressante. On se souvient également de l’Espagnol Manzaneque et de l’Italien Taccone qui, lors du Tour 1964, épuisèrent leur stock d’injures respectives avant de descendre de vélo et d’en venir aux mains.

Enfin, en 1979, alors qu’Hinault était en route pour un deuxième sacre consécutif, un spectateur promit au premier coureur qui passerait devant chez lui, à Échevronne, son poids en vin des Hautes-Côtes. Le généreux producteur s’était donc présenté à la remise des récompenses avec cinq caisses de vin.
Tout le monde fut alors très amusé de découvrir le petit gabarit du gagnant, dont le poids n’équivalait même pas à celui de trois caisses !

Impossible de recenser ici toutes les anecdotes de la plus célèbre des courses cyclistes, mais nul doute qu’elle nous réserve encore un bon nombre de belles surprises. Alors pour être aux premières loges, rendez-vous sur les routes du Tour !

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Lun 10 Juin 2013 - 10:09

LES LIEUX MYTHIQUES DU TOUR : LE GALIBIER (4/10)



Col majestueux des Alpes du Nord, culminant à 2645 mètres.
Il abrite à son sommet une stèle à l’effigie du père du Tour, Henri Desgrange.
Les exploits furent innombrables dans le Galibier ...

Le col du Galibier a pu être franchi par la route à partir de 1880. Jusqu’en 1976, ce col majestueux était franchi par un tunnel situé à 2556 mètres d’altitude.
Le tunnel fut détruit et une portion de route montant jusqu’au sommet du col, à 2645 mètres d’altitude, fut ensuite construite pour relier les massifs.

Contrairement à certaines idées reçues, le Galibier n’est pas le plus haut col qui ait été franchi par le Tour de France, la Bonette-Restefond (2802 mètres), l’Iseran (2759 mètres) et l’Agnel (2744 mètres).

En 1911, le premier passage du Tour voit les coureurs franchit le Galibier sur une route de terre et de cailloux.

En 1937, le Galibier confirme le talent éblouissant de Gino Bartali. Grand espoir du cyclisme italien, proclamé héritier d’Alfredo Binda, le jeune grimpeur toscan passe seul en tête du col avant de remporter sa première victoire sur le Tour à Grenoble. Et son chef d’œuvre est complet puisque Gino le Pieux revêt le maillot jaune, la Toison d’Or ...

En 1949, un monument est érigé en mémoire d’Henri Desgrange, le père du Tour de France. Admirateur sans bornes de ce col, Desgrange laisse aussi son nom au souvenir, titre qui récompense le coureur ayant passé le point culminant du Tour de France, très souvent jugé au Galibier.

En 1952, Fausto Coppi réalise un festival dans les Alpes. En tête au Galibier, le maillot jaune italien étale une insolente supériorité. Lauréat de l’étape de l’Alpe d’Huez la veille, le quadruple vainqueur du Giro passe déjà en tête au col de la Croix-de-Fer. Coppi enfonce le clou dans le Galibier et part seul vers une victoire d’anthologie dans son Piémont natal, à Sestrières ...

En 1954, Federico Bahamontes déploie ses ailes sur le Galibier. L’Aigle de Tolède, grimpeur hors normes, passe le col en tête et attend ses rivaux au sommet ... Ce geste incroyable s’explique car le Picador n’ambitionnait pas de gagner le Tour ou le Vuelta mais le prix de la montagne, si prestigieux en Espagne. S’achetant une glace au sommet, Bahamontes imite ainsi son comportement du Dauphiné Libéré ...

En 1955, Charly Gaul, escaladeur de légende, construit sa victoire vers Briançon par une échappée dans le col du Galibier. A l’arrivée, dans la ville protégée par la citadelle de Vauban, l’Ange de la Montagne s’est mué en diable, plongeant en enfer tout le peloton. Le dauphin de Gaul, ce jour là, n’est autre que Ferdi Kubler, qui coupe la ligne à plus de treize minutes du jeune Luxembourgeois!!!

En 1967, quelques jours après avoir perdu ses illusions au Ballon d’Alsace, Raymond Poulidor s’est spontanément mis au service de son coéquipier de l’équipe de France, Roger Pingeon. Le Limousin ignore qu’il va vivre l’enfer dans le col du Galibier ... La défaillance de Poulidor ne lui permet de pas de suivre le tandem Jimenez - Gimondi. Si l’Espagnol franchit la cime du col aux commandes de la course, c’est l’Italien Felice Gimondi, lauréat de l’édition 1965 qui l’emporte à Briançon.

En 1973, Luis Ocaña, escaladeur virtuose s’il en est, réalise une démonstration de force dans l’étape des Orres. Dans un Tour orphelin de Merckx, le Castillan au regarde de braise a décidé de frapper un grand coup. Ecrasant les pédales avec sa verve romantique, l’Espagnol écrit sa légende à chaque tour de roue. Seuls Fuente et Thévenet échapperont à la guillotine.Et si son compatriote Fuente passe en tête du col de l’Izoard, difficulté suivant la cime mythique du Galibier, c’est bien Ocaña qui parvient seul en triomphateur dans la station des Orres. Le grand vaincu de 1971 a donné son maillot jaune l’éclat de l’or ... Jose Maria Fuente limite son retard sous la minute, mais Joop Zoetemelk, cinquième de cette étape dantesque, termine à plus de vingt minutes, un gouffre ...

En 1974, Raymond Poulidor convertit son mois de juillet en cure de jouvence. Le Limousin se retrouve lancé dans un duel contre Eddy Merckx, qui sort d’un Giro éprouvant où les banderilles quotidiennes de Fuente ont failli avoir raison de son maillot rose. Mais après avoir tenu la dragée haute au Cannibale dans l’étape du Mont du Chat, l’ancien rival de Jacques Anquetil retrouve sa malédiction du Galibier. Face au virtuose de Bruxelles, une défaillance ne pardonne pas. Vicente Lopez-Carril termine grand vainqueur à Serre-Chevalier après avoir franchi le col du Galibier en tête de la course. Poulidor, lui, termine l’étape à plus de cinq minutes du champion belge dont l’hégémonie semble décidément implacable ...

En 1993, Miguel Indurain fait la lessive dans le Galibier. Souverain au contre-la-montre du lac de Madine, l’Espagnol survole cette première étape de montagne là où d’autres voient les premiers cols sonner le glas de leurs espoirs. C’est le cas de Gianni Bugno, champion du monde en titre, sacré en 1992 à Benidorm sur les terres du roi Miguel. Mais dans les Alpes, le leader de Gatorade perd son latin. Le complexe Indurain refait surface avec violence. Bafouillant son cyclisme, orphelin de ses jambes et plus encore de sa tête, le dauphin de l’édition 1991 perd le Tour en une seule journée. Mais 1993 ne verra pas plus le sacre de Bugno que celui de Claudio Chiappucci ou d’Erik Breukink, autres outsiders déçus de la fin de l’ère Greg Lemond et du début de l’ère Miguel Indurain. Au final, dans le décor majestueux de ce col gigantesque dont seul l’écho des montagnes ose interrompre la tranquillité, le Navarrais est le locomotive d’un train de cinq coureurs ... Dans sa roue, on retrouve le double vainqueur de la Vuelta et surprenant leader de Mapei-Clas, Tony Rominger. Le Suisse voltige mais n’attaque pas Indurain de front, préférant le relayer pour mieux asseoir sa future place de dauphin. Les autres, figurants de luxe, sont heureux de suivre. Le Polonais Jaskula, le Colombien Mejia et l’Américain Hampsten arrivent dans des limites raisonnables à Serre-Chevalier.

En 1998, dans l’étape reine du Tourreliant Grenoble aux Deux-Alpes, Marco Pantani s’envole à la conquête du maillot jaune, répondant à une première attaque de Luc Leblanc. Sentant la fébrilité du leader Jan Ullrich et de la formation Deutsche Telekom, connaissant l’aversion au froid de l’ogre de Rostock, Pantani porte l’estocade, quelques jours après avoir planté une banderille sérieuse dans la cuirasse du champion allemand, que l’on jugeait bien vite invincible. A une vitesse foudroyante, le Pirate rejoint les échappés que sont Rodolfo Massi ou Fernando Escartin. Au sommet, Pantani passe en tête tandis qu’Ullrich a déjà perdu près de trois minutes sur son rival en quelques kilomètres, soit exactement l’avance dont il disposait au départ de Grenoble. Dans l’ultime ascension, Pantani réalise le plus grand exploit de sa carrière en l’emportant aux Deux-Alpes malgré la pluie et le froid. Transi de froid, en perdition malgré le soutien tardif d’Udo Bolts et Bjarne Riis, frappé par une crevaison, Ullrich boucle cette étape de légende à près de neuf minutes de son bourreau italien ... Le Tour est perdu ...

En 1999, Lance Armstrong, maillot jaune de pacotille pour certains après sa victoire surprise au chrono de Metz, est attendu de pied ferme par les favoris pour une étape allant du Grand Bornand au Sestrières. C’est un secret de polichinelle, le Texan passe mieux la montagne qu’avant son cancer, mais est-il capable de résister à de vrais grimpeurs, même si les deux meilleurs coureurs du monde, Pantani et Ullrich, sont absents? Orpheline de Pantani, la montagne va trouver en Armstrong un nouveau roi. L’US Postal emmène fièrement son champion vers le Piémont. passant la Croix-de-Fer et le Galibier sans faiblir dans le sillage de ses fidèles coéquipiers Tyler Hamilton et Kevin Livingston, Lance Armstrong impressionne Olano, Virenque, Zülle et Dufaux. Le champion du monde 1993 sort le grand jeu dans le final de l’étape. Ivan Gotti et Fernando Escartin partis dans le col du Montgenèvre pour une échappée en duo sont vite rejoints par le maillot jaune qui passe le turbo dans Sestrières. Alors que Zülle tente un vigoureux retour depuis l’arrière où Virenque et Olano perdent leurs illusions, Armstrong signe une victoire hallucinante, se permettant même de consulter son cardio-fréquencemètre en pleine ascension. Comme à l’entraînement, le rescapé de la mort se balade et écrase la concurrence, accentuant la suspicion à son égard!

En 2005, Alexandre Vinokourov franchit en tête le col du Galibier avant Courchevel, où Armstrong réduit à néant les espoirs de ses rivaux. Seuls Valverde, Mancebo et Rasmussen peuvent accompagner le sextuple maillot jaune à l’arrivée, tandis que la Telekom et son trident Ullrich - Klöden - Vinokourov subit un cuisant échec, tout comme Ivan Basso.

En 2011, le Tour propose deux passages au col du Galibier pour le centenaire de ce sommet d’exception, comme il l’avait fait en 2010 avec son alter ego des Pyrénées, le Tourmalet. Le premier passage est une arrivée au sommet du Galibier, qui profite à Andy Schleck. Déchaîné, le jeune Luxembourgeois l’emporte avec panache et reprend du temps à ses rivaux, Cadel Evans, Thomas Voeckler et Alberto Contador. S’il a perdu deux minutes sur Schleck, l’Australien Evans a limité les dégâts avec bravoure dans le Galibier.
Le lendemain, le cadet des frères Schleck repasse une fois de plus en tête et confirme sa classe de grimpeur. Mais à l’Alpe d’Huez, s’il reprend le maillot jaune à Thomas Voeckler, le Luxembourgeois n’a pas creusé un écart suffisant sur Cadel Evans en vue du dernier chrono.



Mémorial Henri Desgrange

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Lun 10 Juin 2013 - 11:35



La 3e édition du Tour de France s'est déroulée du 9 au 30 juillet 1905, sur 11 étapes 2 994 km réels sur 3 021 prévus.
En raison des incidents sur la course, certaines étapes sont raccourcies afin d'éviter de rentrer en pleine ville. Contrairement aux éditions précédentes, le classement général ne se calcule plus au temps mais aux points. Cette édition voit l'introduction de la montagne dans le Tour de France. Il est remporté par le Français Louis Trousselier, qui a également gagné cinq des onze étapes.

Nouveau règlement

Après le Tour de France 1904, certains coureurs ont été disqualifiés et plus particulièrement les quatre premiers du classement général initial, Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. Maurice Garin est initialement suspendu pour deux ans et Pothier pour la vie, aucun des deux n'est donc au départ au Tour de France 1905. Parmi ces quatre coureurs, seul Aucouturier (qui avait été « averti et réprimandé »), a débuté le Tour 1905.

En raison des déclassements survenus en 1904, qui auraient pu coûter la fin du Tour de France, l'édition 1905 subit quelques changements importants :

1- Les étapes sont raccourcies afin qu'aucun coureur ne roule la nuit.
2- Le nombre d'étapes est passé de 6 à 11, soit près du double par rapport à l'année précédente.
3- Le gagnant est désigné à l'aide d'un classement aux points et non plus au temps.

Le premier cycliste à franchir la ligne d'arrivée de chaque étape reçoit 1 point. Les autres cyclistes reçoivent un point de plus que le cycliste qui franchit la ligne directement devant eux. De plus, il faut ajouter un point supplémentaire pour chaque tranche d'écart de cinq minutes sur le coureur précédent, avec un maximum de dix points. De cette façon, un cycliste ne pouvait pas obtenir plus de 11 points de plus que le cycliste qui a traversé la ligne d'arrivée juste avant lui.

Pour prendre un exemple de ce système de points, le résultat pour les sept premiers coureurs dans la première étape est dans le tableau ci-dessous :



Ainsi, Trousselier reçoit un point comme vainqueur, Dortignac et Pottier étant deuxième et troisième reçoivent respectivement 2 et 3 points. Le quatrième, Aucouturier arrive avec 22 minutes de retard sur le troisième il reçoit alors cinq points supplémentaires (1 point par tranche de 5 minutes de retard), pour un total de 8. Cornet, qui franchit la ligne juste après, moins de 5 minutes après Aucouturier, concède un seul point de plus, soit 9 points. Le sixième, Ringeval, avec ses 74 minutes de retard, devrait recevoir 15 points supplémentaires. C'est plus que le maximum de 11 points, de sorte que Ringeval reçoit 20 points après cette première étape. Même chose pour Georget : bien qu'il concède 60 minutes de retard (soit 13 points), il ne reçoit que 11 points supplémentaires.

Principaux coureurs

Après que Maurice Garin soit interdit de départ du Tour, le favori par rapport aux résultats des éditions précédentes est Hippolyte Aucouturier. Bien que Louis Trousselier vienne de remporter Paris-Roubaix, il ne compte pas parmi les favoris.

Le peloton est plus que jamais français avec seulement deux coureurs étrangers présents sur l'épreuve : les Belges Julien Lootens (20e au classement général) et Aloïs Catteau (11e au classement général).

Déroulement de la course

Malgré les changements de règles, on retrouve encore des mécontents parmi les spectateurs. C'est ainsi que lors de la première étape, tous les coureurs, excepté Jean-Baptiste Dortignacq crèvent leur pneu en raison d'un déversement de 125 kg de clous le long de la route. La première étape est finalement remportée par Louis Trousselier. En cette période, il sert l'armée française et a donc demandé à son commandant un congé exceptionnel pour disputer le Tour de France, ce qui n'est autorisé que pour 24 heures. Après sa victoire lors de cette première étape et sa première place au classement, le congé est prolongé jusqu'à la fin du Tour. Des 60 cyclistes au départ de cette étape, seulement 16 ont rallié la ligne d'arrivée dans les délais, 15 autres sont arrivés après les délais et le reste ont pris le train. L'organisateur du Tour Henri Desgrange veut faire quitter la course aux coureurs hors-délais, mais ces derniers le persuadent de ne pas le faire. Desgrange accepte et tous les cyclistes peuvent repartir le lendemain.

Dans la deuxième étape, la première grande ascension de l'histoire du Tour, le col du Ballon d'Alsace, est au programme. René Pottier franchit le col sans descendre du vélo à vitesse moyenne de 20 km/h. Pottier termine deuxième de l'étape derrière Hippolyte Aucouturier, mais il prend la tête du classement général.

Dans la troisième étape, Pottier doit abandonner en raison d'une tendinite. Trousselier remporte cette troisième étape et reprend la tête du classement général.

Dans la quatrième étape, la côte de Laffrey et le col Bayard sont grimpés, il s'agit des deuxième et troisième cols du Tour de France. Julien Maitron atteint le premier les sommets des deux côtes, mais c'est Aucouturier qui remporte l'étape. Trousselier termine à la deuxième place et conserve la tête du classement général. Il augmente par la suite son avance en remportant la cinquième étape et en terminant troisième de la sixième étape.

Lors de la septième étape qui arrive à Bordeaux, Trousselier crève après seulement quelques kilomètres. Le reste du peloton s'éloigne rapidement de lui et Trousselier n'a pas d'autre choix que de les suivre seul pendant 200 kilomètres. À quelques kilomètres de la ligne d'arrivée, Trousselier rejoint finalement les coureurs en tête et il réussit à gagner l'étape.

Louis Trousselier maintient son avance jusqu'à la fin du Tour de France, remportant au total cinq étapes. Trousselier a été accusé par la suite d'avoir un mauvais esprit sportif (il aurait brisé les encriers d'un poste de contrôle afin d'empêcher ses adversaires de signer), mais contrairement au Tour de France 1904 il n'y eut aucun déclassement important.

RÉSULTATS :

Les étapes :



Classement général :



Retombées

Les organisateurs du Tour ont apprécié le système de points mis en place pour le classement général et il est demeuré actif jusqu'au Tour de France 1912, où le classement au temps est réintroduit. En 1953, pour les 50 ans du Tour de France, le système de classement par points est réintroduit comme classement par points. Son vainqueur reçoit un maillot vert. Ce classement par points est resté actif depuis.

L'introduction de la montagne dans le Tour de France a également été un succès. Si le Tour de France 1905 ne comprenait que les Vosges, le Massif central est grimpé pour la première fois en 1906, puis les Pyrénées en 1910 et les Alpes en 1911. Le gagnant Trousselier n'a jamais remporté le Tour de France à nouveau, mais il a remporté huit autres étapes et terminé sur le podium l'année suivante.





PALMARES :
Louis Trousselier:


Louis Trousselier (29 juin 1881 à Levallois-Perret - 24 avril 1939 à Paris) est un cycliste français.
Surnommé « Trou-Trou », il remporte en 1905 à la fois le Paris-Roubaix et le Tour de France.

Palmarès année par année

1900
3e de la course aux points des jeux olympiques de Paris (course non reconnue par le CIO)

1902
Paris-Rennes
Toulouse-Luchon-Toulouse
Guingamp-Lamballe-Guingamp

1903
3e de Paris-Roubaix

1905
Tour de France :
Classement général
1re, 3e, 5e, 7e, et 9e étapes
Paris-Roubaix
Paris-Valenciennes
Bruxelles-Roubaix


1906
7e, 9e, 10e et 11e du Tour de France
Paris-Tourcoing
2e du Bol d'or
2e de Paris-Tours
3e du Tour de France
3e de Bordeaux-Paris
4e de Paris-Roubaix

1907
2e étape du Tour de France
3e du championnat de France sur route
3e de Paris-Roubaix

1908
Bordeaux-Paris
2e du championnat de France sur route
3e de Paris-Bruxelles
5e de Paris-Roubaix
5e de Milan-San Remo

1909
11e étape du Tour de France
2e de Paris-Roubaix
2e de Bordeaux-Paris
3e du Tour de Lombardie
8e du Tour de France

1910
12e étape du Tour de France
Circuit de Brescia
2e de Paris-Tours
2e de Bordeaux-Paris
9e de Paris-Bruxelles

1911
2e de Milan-San Remo

1914
2e de Paris-Nancy
4e de Bordeaux-Paris

Résultats sur le Tour de France

1905 : Vainqueur du classement général et de cinq étapes
1906 : 3e du classement général et de quatre étapes
1907 : abandon (non-partant 10e étape) et vainqueur d'une étape
1908 : abandon (non-partant 2e étape)
1909 : 8e du classement général et vainqueur d'une étape
1910 : abandon (14e étape) et vainqueur d'une étape
1911 : abandon (3e étape)
1912 : 11e du classement général
1913 : 38e du classement général

Hyppolyie Aucouturier:

Hippolyte Aucouturier (né le 17 octobre 1876 à La Celle et mort le 22 avril 1944 à Paris) est un cycliste français.
Surnommé « Le Terrible », Hippolyte Aucouturier débute sa carrière professionnelle en 1900. Il se distingue en terminant deuxième du Bordeaux-Paris et troisième du Paris-Brest-Paris en 1901.
Il est déclassé au terme du sulfureux Tour de France 1904, mais évite la suspension. Il terminait quatrième du classement général avant son déclassement.

Palmarès

1901
5e de Bordeaux-Paris
8e de Paris-Roubaix

1901
Bruxelles-Roubaix
2e de Bordeaux-Paris
3e de Paris-Brest-Paris

1902
3e de Paris-Rennes
3e de Luchon-Toulouse-Luchon

1903
Paris-Roubaix
Bordeaux-Paris
2e et 3e étapes du Tour de France
2e de Paris-Valenciennes

1904
Paris-Roubaix
2e, 3e, 5e, et 6e étapes du Tour de France

1905
Bordeaux-Paris
2e, 4e et 8e étapes du Tour de France
2e du Tour de France
4e de Paris-Roubaix

1906
5e de Bordeaux-Paris
6e de Paris-Roubaix

Résultats sur le Tour de France


1903 : abandon (1re étape), puis vainqueur de deux étapes *
1904 : déclassé
1905 : 2e du classement général et vainqueur de trois étapes
1906 : abandon (7e étape)
1908 : abandon (3e étape)

* Lors du premier Tour, les coureurs qui abandonnaient devaient renoncer à la course au classement général mais pouvaient disputer les étapes suivantes.


Jean Baptiste Dortignacq:


Jean-Baptiste Dortignacq ( surnommé « la Gazelle ») est né le 25 avril 1884 à Arudy et mort le 13 mai 1928 à Peyrehorade, est un cycliste français.

Palmarès

1904
5e et 6e étapes du Tour de France
2e du Tour de France

1905
6e, 10e et 11e étapes du Tour de France
2e du Bol d'or
3e du Tour de France

1906
8e étape du Tour de France

1908
6e étape du Tour de France
2e du Bol d'or

1909
Bordeaux-Toulouse

1910
Tour de Romagne
2e étape du Tour d'Italie (la première étape gagnée par un cycliste non italien)

Résultats sur les grands tours

Tour de France

1903 : ne participe qu’à la 4e étape*
1904 : 2e du classement général et vainqueur des 5e et 6e étapes
1905 : 3e du classement général et vainqueur des 6e, 10e et 11e étapes
1906 : abandon (10e étape) et vainqueur de la 8e étape
1908 : abandon (8e étape) et vainqueur de la 6e étape
1910 : abandon (9e étape)

Tour d'Italie

1910 : abandon, vainqueur de la 2e étape

* Lors du premier Tour, il était possible pour un coureur de s’inscrire pour une seule étape et de disputer les primes financières mises en jeu.


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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Lun 10 Juin 2013 - 15:12




Tour de France 1906.
La 4e édition du Tour de France s'est déroulée du 4 au 29 juillet 1906 sur 13 étapes pour 4 545 km. Il s'agit du second Tour de France à utiliser un système de points (et non au temps) pour calculer le classement général. La nouveauté de cette année est un passage dans le Massif central. Comme les tours précédents, la tricherie et les sabotages sont au programme de la course. Quatre coureurs sont d'ailleurs disqualifiés pour avoir pris le train comme raccourci et des spectateurs ont une nouvelle fois jetés des clous sur la route. Toutefois, cela n'a pas empêché René Pottier de prendre une belle avance dans les premières étapes. Libéré de sa tendinite du Tour 1905 qui l'avait obligé à abandonner, il a dominé toute la course.

Changement par rapport au Tour 1905.

L'organisateur du Tour, Henri Desgrange, satisfait des effets bénéfiques de l'augmentation du nombre d'étape lors du Tour de France 1905, décide d'ajouter deux étapes en plus par rapport au tour précédent. L'introduction d'étapes de montagne ayant également été couronnée de succès, il ajoute au programme des coureurs les Vosges, mais aussi le Massif central. Contrairement aux années précédentes, les cyclistes qui abandonnent lors d'une étape ne sont pas autorisés à prendre le départ de l'étape suivante.
Le système de points utilisé lors du Tour de France 1905 avait été satisfaisant pour réduire la tricherie, il est de nouveau utilisé par les organisateurs du Tour dans ce Tour 1906. Il est cependant légèrement modifié : alors qu'en 1905, les différences de temps avaient encore de l'effet sur la répartition des points, en 1906 le temps n'avait plus incidence sur le calcul du classement. Les points sont dorénavant distribués seulement en fonction de l'ordre d'arrivée de chaque étape. Le vainqueur de l'étape reçoit un point, le deuxième deux points, etc. Après la huitième étape, seulement 16 cyclistes sont encore en course. Le classement est "nettoyé", les résultats des huit premières étapes sont recalculées, avec seulement les coureurs en lice et les points sont redistribués entre les coureurs restants, conformément à leurs positions obtenues lors de ces étapes.

La première étape s'achève à Lille et la deuxième étape commence à Douai, c'est la première fois qu'une étape ne démarre pas dans la ville où l'étape précédente se termine. De même, pour la première fois, le peloton se rend dans un pays différent, lors de la deuxième étape l'Allemagne (l’Alsace-Lorraine fait alors partie de l'Allemagne) est traversée. Le Tour 1906 a également vu l'introduction de la flamme rouge, un drapeau rouge qui indique que les cyclistes n'ont qu'un seul kilomètre à parcourir pour rallier la ligne d'arrivée.

Le départ du Tour a lieu au Vélodrome Buffalo et l'arrivée finale au Parc des Princes.

Déroulement de la course.

Dès la première étape, on retrouve des manifestants contre le Tour de France. Des clous sont jetés sur la route et tous les cyclistes, sauf Lucien Petit-Breton crèvent. Le quotidien sportif L'Auto, organisateur de l'épreuve, titre en première page « Hooligan ». La première étape est remportée par Émile Georget au sprint. Dans la deuxième étape, René Pottier s'arrête après 175 kilomètres après un problème mécanique, et il perd 58 minutes pour le réparer. Les autres principaux prétendants à la victoire finale travaillent ensemble pour distancer définitivement Pottier. Mais celui-ci entame une poursuite de 200 kilomètres, il les rattrape à 25 kilomètres de l'arrivée, et remporte finalement l'étape avec une marge de 1 minutes et 30 secondes sur Lucien Petit-Breton et plus de 9 minutes sur les autres. Dans la troisième étape, quatre cyclistes (Julien Gabory, Henri Gauban, Gaston Tuvache et Maurice Carrere) sont disqualifiés pour avoir pris le train. Le Ballon d'Alsace, qui avait été le premier véritable col franchi de l'histoire du Tour de France l'année précédente, est de nouveau au programme. Tout comme l'année précédente, c'est Pottier qui le grimpe en tête. Il remporte également l'étape avec plus de trois quarts d'avance sur le reste des coureurs. Pottier s'impose également lors de la quatrième étape. Dans la cinquième étape, il se retrouve seul en tête avec une heure d'avance à la mi-course. Il décide de s'arrêter, entre dans un bar, commande une bouteille de vin, et la boit presque entièrement. Lorsqu'il il voit passer ses poursuivants une heure après, Pottier remonte sur son vélo, les rejoint et remporte l'étape.

À ce stade de la course, Pottier est largement en tête du classement général. Le vainqueur du Tour de France 1905, Louis Trousselier, qui a eu une mauvaise première moitié de Tour, est loin derrière avec de nombreux points de retard. Cependant, il retrouve la forme dans la deuxième moitié de la course et remporte les 7e, 9e, 10e et 11e étapes, et se replace pour la bataille de la deuxième place. Georges Passerieu propriétaire de la deuxième place, défend sa position en remportant la 12e étape. Dans la dernière étape, Pottier conclut son succès au classement final en gagnant l'étape, après avoir battu au sprint son dauphin Georges Passerieu.

Émile et Léon Georget sont les premiers frères à terminer le Tour.

Résultats:



Classement général:

Initialement, 100 coureurs sont inscrits à la course, 78 signent la feuille de départ de la première étape, finalement seuls 76 d'entre eux prennent le départ. Seulement 49 cyclistes terminent la première étape, 37 la deuxième étape, 29 la suivante et 16 la huitième. À ce stade, les points donnés dans les huit premières étapes sont redistribués entre les coureurs restants en fonction de leurs positions dans ces étapes. À la fin du Tour de France, le nombre d'arrivants est de seulement 14.



PODIUM 1906



PALMARÈS :

René Pottier:


René Édouard Pottier (5 juin 1879 à Moret-sur-Loing - 25 janvier 1907 à Levallois-Perret) est un cycliste français. Il a remporté le Tour de France 1906 et est considéré comme le premier « roi de la montagne » du Tour de France.
René Pottier remporte l’édition amateurs du Bordeaux-Paris 1903 puis passe professionnel. Deuxième de Paris-Roubaix et de Bordeaux-Paris en 1905, il dispute en juillet la troisième édition du Tour de France. Il se distingue lors de la deuxième étape en passant le premier au col du Ballon d'Alsace, ce qui lui vaut d'être considéré comme le premier « roi de la montagne » du Tour de France. Rattrapé ensuite par Hippolyte Aucouturier, il arrive à Besançon avec dix minutes de retard. Grâce à sa troisième place lors de la première étape, il prend la première place du classement général, alors établi aux points. Il souffre cependant d'un tendon depuis une chute lors de la première étape et abandonne durant la troisième.

En 1906, il se classe troisième de Paris-Roubaix. Au Tour de France, après une première étape remporté par Émile Georget, il gagne quatre étapes consécutives. Il est d'abord premier à Nancy, puis signe un « grandiose exploit » au ballon d'Alsace et s'impose à Dijon avec 48 minutes d'avance. Il gagne ensuite à Grenoble et à Nice, après être passé en tête à Laffrey et au col Bayard, et remporte la dernière étape à Paris. Il sort vainqueur de ce Tour de France qu'il domine. Peugeot, qui l'emploie, écrase la course en occupant les quatre premières places et en remportant onze des treize étapes. Pottier remporte peu après le Bol d'or, épreuve sur piste de 24 heures.

Le 25 janvier 1907, René Pottier est retrouvé pendu au service de course de Peugeot. Il ne laisse pas d'explication. Son frère André expliquera ce suicide par un chagrin d'amour. Quelques semaines après, Henri Desgrange, patron du Tour, fait élever une stèle en sa mémoire au sommet du ballon d'Alsace.



Palmarès année par année

1903
Bordeaux-Paris amateur
2e du championnat de France sur route amateur

1904
Paris-Provins-Paris

1905
2e de Paris-Roubaix
2e de Bordeaux-Paris

1906
Tour de France :
Classement général
2e, 3e, 4e, 5e et 13e étapes
Bol d'or
3e de Paris-Roubaix

Résultats sur le Tour de France

1905 : abandon (3e étape)
1906 : Vainqueur du classement général et de cinq étapes

Georges Passerieu:

Georges Passerieu (18 novembre 1885, Londres - 5 mai 1928, Peray, France) est un cycliste français.

Palmarès

1906
Paris-Rouen
6e et 12e étapes du Tour de France
2e du Tour de France
7e de Paris-Roubaix

1907
Paris-Roubaix
Paris-Tours
6e et 14e étapes du Tour de France
4e du Tour de France

1908
Paris-Douai
1re, 5e et 13e étapes du Tour de France
3e du Tour de France
6e du Paris-Roubaix

1909
Paris-Dijon

1911
2e de Paris-Le Mans
6e de Paris-Roubaix

1912
Paris-Rouen

1913
2e de Paris-Tours
8e de Paris-Roubaix

Résultats sur le Tour de France

1906 : 2e du classement général, vainqueur des 6e et 12e étapes
1907 : 4e du classement général, vainqueur des 6e et 14e étapes
1908 : 3e du classement général, vainqueur des 1re, 5e et 13e étapes
1911 : abandon (2e étape)
1913 : abandon (2e étape)


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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mar 11 Juin 2013 - 8:17

Les lieux mythiques du Tour : les Champs-Elysées
Souvent citée comme la plus belle avenue du monde, les Champs-Elysées font référence au paradis de la mythologie grecque, pour les âmes qui échappaient aux Enfers du dieu Hadès ... Sur le Tour de France, les Champs-Elysées sont l’apothéose des coureurs qui ont vécu l’enfer pendant trois semaines de course acharnée.



A l’origine, les Champs-Elysées n’étaient que des terrains marécageux ... En 1616, la veuve du roi Henri IV, Marie de Médicis, décide de faire aménager une longue allée d’arbres.

Ils sont devenus par la suite la plus belle avenue du monde, inspirant une chanson devenue culte à Joe Dassin, en 1969. Jouissant d’un prestige immense, les Champs-Elysées sont parmi les plus côtés, seule la célèbre rue de la Paix étant plus chère dans l’édition parisienne du jeu de Monopoly.

Dans la réalité, le niveau de l’immobilier fait de l’avenue un véritable gouffre financier. Les entreprises qui y restent, telles Louis Vuitton, Nespresso, Mercedes ou encore Virgin,espère juste en tirer un bénéfice publicitaire, leurs boutiques n’étant plus rentables de façon unitaire.

La beauté et le prestige des Champs-Elysées est la convergence des plusieurs facteurs: leur largeur (même si l’avenue Foch est plus large encore), la majesté de ses arbres, leur appartenance à la perspective entre la Cour du Louvre et sa Pyramide de verre, le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, la place de l’Etoile et son Arc-de-Triomphe et même le quartier d’affaires de la Défense via la Grande Arche, leur caractère historique.

En effet, Charles de Gaulle défila en 1944 sur les Champs-Elysées, descendant l’avenue à partir de l’Arc-de-Triomphe, pour célèbrer avec la population de Paris la Libération de la capitale par le maréchal Leclerc.

Le défilé militaire du 14 juillet, organisé chaque année depuis 1880, emprunte le trajet Etoile - Concorde par les Champs-Elysées,à l’occasion de la fête nationale.

Le succès de l’arrivée du Tour sur les Champs-Elysées a été notamment copié par la Vuelta, qui fit souvent arriver sa dernière étape au Paseo de la Castellana de Madrid, artère majeure de la capitale espagnole.

C’est à une idée de Yves Mourousi que le Tour de France doit d’arriver aux Champs-Elysées depuis 1975. Le Parc des Princes délaissé depuis 1967, la Grande Boucle trouva de 1968 à 1974son épilogue au vélodrome de la Cipale, à Vincennes.

L’idée du populaire présentateur de TF1 était de créer un évènement convivial sur la grande artère de la capitale. Force est de constater que nombre de fois, la France sportive a communié sur les Champs-Elysées ... en 1976 lorsque les Verts de Saint-Etienne furent défaits par le Bayern en finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, en 1996 quand le PSG remporta la Coupe des Coupes, en 1998 bien entendu quand l’équipe de France remporta la Coupe du Monde à domicile devant le Brésil.

Mais l’association première, dans l’imagerie collective, des Champs-Elysées, est bel et bien le Tour de France, si l’on fait exception du défilé du 14 juillet.

En 1975, Walter Godefroot inaugure la nouvelle étape des pavés parisiens en remportant le sprint. Le président Valéry Giscard d’Estaing, consulté par Mourousi en 1974 pour l’idée de la plus belle avenue du monde, est présent pour féliciter le maillot jaune Bernard Thévenet, ainsi que son dauphin, le Cannibale Eddy Merckx, ceint de son maillot irisé de champion du monde. Battu par le coureur bourguignon, le virtuose belge ne gagnera jamais le Tour de France sur les Champs-Elysées, sa cinquième et ultime victoire ayant été (comme toutes les autres) été enregistrée à Vincennes.

En 1979, Bernard Hinault et Joop Zoetemelk, respectivement premier et deuxième du classement général, offrent une incroyable fin d’étape. Après un baroud d’honneur du Hollandais, dauphin méritant, dans la Vallée de Chevreuse, l’offensive se mue en échappée royale duquel le maillot jaune sort vainqueur en s’offrant ce sprint de titans ...

En 1989, Greg Lemond reprend le maillot jaune à Laurent Fignon dans une étape contre-la-montre dantesque partie de Versailles. Victime d’une blessure à la selle, le Français cède 58 secondes face au coureur américain. Rescapé de la mort après avoir été criblé de plombs par son beau-frère lors du lundi de Pâques en 1987, Lemond effectue un retour fracassant lors de cette édition 1989 ... Deuxième du chrono final de Milan sur le Giro derrière Lech Piasecki, vainqueur entre Dinard et Rennes sur le Tour, le lauréat de l’édition 1986 l’emporte pour huit secondes sur son ancien coéquipier. Pour Fignon, sa troisième victoire restera utopique après ses succès de 1983 et 1984. C’est sur les pavés des Champs-Elysées que le maillot jaune a changé d’épaules, LeMond terminant en trombe son parcours. Tel un avion, galvanisé par les écarts intermédiaires largement en sa faveur, l’Américain a avalé le faux-plat montant et les pavés de l’avenue sans faiblir, alors que Fignon a terminé au courage mais avec un coup de pédale plus saccadé ...

En 1991, Greg Lemond rompt la tradition qui veut que l’équipe du vainqueur mène le peloton jusqu’au premier tour du circuit des Champs-Elysées après être entrée dans Paris comme la figure de proue. Banesto et son maillot jaune Miguel Indurain devront patienter jusqu’en 1992 pour savourer ce moment exceptionnel. L’Américain, grand battu du Tour depuis les cols pyrénéens, fait preuve d’un panache tardif et inutile. Mais il espère envoyer signal à Indurain,Bugno et Chiappucci en vue de l’édition suivante. Le sprint parisienest remporté par Dimitri Konyshev, alors que lachute de son compatriote soviétique Djamolidine Abdoujaparov, maillot vert de ce Tour 1991, marque les esprits dans les derniers hectomètres de l’étape.

En 1993 et 1995, Abdou Japarov vengera le souvenir de 1991 avec deux victoires au sprint.

En 1994, Eddy Seigneur réalise un coup parfait, gagnant l’étape des Champs-Elysées au sein d’une échappée.

En 2005, Alexandre Vinokourov est le premier coureur depuis Seigneur à conclure une échappée victorieuse. Opportuniste, le Kazakh de la T-Mobile a attaqué dans l’ultime kilomètre, entre la rue de Rivoli et la place de la Concorde, bluffant les poissons pilotes des sprinters ...

En 2011, Mark Cavendish s’offre la victoire à Paris pour la troisième année consécutive (record). Le natif de l’île de Man parviendra-t-il à réaliser la passe de quatre en 2012, ceint du maillot arc-en-ciel remporté à Copenhague?

Si l’étape de Paris s’offre traditionnellement aux sprinters, certains ne l’ont jamais gagné, tel Mario Cipollini, qui jeta si souvent l’éponge dans la montagne et les premiers cols, ou Erik Zabel, roi des accessits dans la capitale malgré de multiples tentatives ...

Enfin, l’avenue est l’hôte de la cérémonie du podium, avec depuis l’an 2000 l’Arc-de-Triomphe en toile de fond ... Auparavant, les récompenses se faisaient sous les arbres du Rond-Point Marcel Dassault.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mar 11 Juin 2013 - 20:02

LE MAILLOT JAUNE.


Le classement général du Tour de France est un classement du Tour de France cycliste, qui récompense le coureur qui a passé le moins de temps au cours de toutes les étapes d'un Tour, en tenant compte des secondes de bonifications obtenues lors d'arrivée d'étapes et des sprints intermédiaires. Ce classement attribue depuis 1919 à son leader le port du maillot jaune.

Le classement général final, calculé à l'issue de la dernière étape décerne le vainqueur du Tour de France.

Histoire.

Le gagnant du premier classement général du Tour de France portait non pas un maillot jaune, mais un brassard vert. À la suite d'un deuxième Tour de France mouvementé, les règles sont changées, et le classement général n'est plus calculé au temps, mais aux points. Ce système de points est maintenu jusqu'en 1912, après quoi on revient au classement au temps. À cette époque, le leader du classement général ne porte toujours pas de maillot jaune.

Règlement.

« Le classement général individuel au temps s’établit par l’addition des temps réalisés par chaque coureur dans le prologue et les 20 étapes, compte tenu des bonifications et pénalités en temps. »

Le coureur avec le meilleur temps global à la fin de chaque étape reçoit un maillot jaune au cours de la cérémonie de fin d'étape et il obtient le droit de commencer l'étape, suivante du Tour avec le maillot jaune sur les épaules.

Le coureur qui reçoit le maillot jaune à l'issue de la dernière étape à Paris, est le vainqueur final du Tour.

Leaders multiples.

Dans les premières années du Tour de France, le temps au classement général est calculé en minutes, bien que généralement les coureurs arrivent avec un écart de plusieurs secondes d'intervalle. De fait, plusieurs cyclistes peuvent être classés dans le même temps. Par exemple, en 1914, avant l'introduction du maillot jaune, la course possède deux leaders durant 4 étapes, Philippe Thys et Jean Rossius3.

Depuis l'introduction du maillot jaune en 1919, la situation ne s'est produite que deux fois. La première fois en 1929, quand trois coureurs avaient le même temps à l'arrivée de l'étape de Bordeaux. Le Luxembourgeois Nicolas Frantz, les Français Victor Fontan et André Leducq ont donc tous les trois roulés le lendemain en jaune, mais aucun ne l'a conservé jusqu'à l'arrivée à Paris. En 1931, le situation s'est produite pour la deuxième fois, lorsque Charles Pélissier et Raffaele Di Paco étaient classés dans le même temps. Le problème des co-leaders est résolu en donnant le maillot au coureur le mieux classé lors d'une arrivée d'étape. L'introduction d'un court contre-la-montre (ou prologue) en 1967 au début de la course permet depuis (excepté en 2008, 2011 et 2013) de départager les coureurs grâce aux centièmes de secondes enregistrés durant ce prologue. D'après le règlement d'ASO :

« En cas d’égalité de temps au classement général, les centièmes de seconde enregistrés par les chronométreurs lors des épreuves contre la montre «individuel» sont réincorporés dans le temps total pour départager les coureurs et décider de l’attribution du maillot jaune. En cas de nouvelle égalité, il est fait appel à l’addition des places obtenues à chaque étape et, en dernier ressort, à la place obtenue dans la dernière étape. »

Ce cas de figure s'est produit entre les 4e et 6e étapes du Tour de France 2009, où le suisse Fabian Cancellara et le revenant septuple vainqueur Lance Armstrong étaient crédités du même temps en secondes: en s'en référent aux centièmes de secondes du contre-la-montre de la première étape, Fabian Cancellara a été déclaré premier du classement général durant ces trois étapes.
Aucun coureur en jaune.

Il est arrivé que pour diverses raisons, aucun coureur ne porte le maillot jaune au cours d'une étape.

Ainsi, lors du Tour de France 1950, le Suisse Ferdi Kübler prend le départ avec son maillot national plutôt que le jaune, lorsque le leader de la course, Fiorenzo Magni abandonne avec toutes l'équipe d'Italie pour protester contre les menaces qui auraient été faites par les spectateurs.

Le Belge Eddy Merckx refuse en 1971 de porter le maillot jaune, après que son porteur précédent, Luis Ocaña, a chuté dans la descente du Col de Mente dans les Pyrénées.

Lors du Tour 1980, le Néerlandais Joop Zoetemelk ne porte pas le maillot jaune qui lui revient après l'abandon de son rival Bernard Hinault à cause d'une blessure au genou.

Lors de la 5e étape du Tour de France 1991, le maillot jaune danois Rolf Sørensen abandonne sur chute.

Lors de la 5e étape Tour de France 2005, le maillot jaune Lance Armstrong refuse d'endosser cette tunique que David Zabriskie a perdu la veille à cause d'une chute. Armstrong sera contraint à l'enfiler au cours de l'étape.


Scandales avec le maillot jaune.

Durant des Tours de France, le maillot jaune est entaché de plusieurs scandales.

Maurice Garin remporte le Tour de France avant la mise en place du maillot jaune, mais en 1904 il est disqualifié alors qu'il est le vainqueur, après que d'autres coureurs l'aient vu tricher.

En 1978, le coureur belge Michel Pollentier devient leader de la course après avoir attaqué dans la montée de l'Alpe d'Huez. Il est disqualifié le jour même après avoir essayé de tricher à un contrôle anti-dopage.

En 1988, l'Espagnol Pedro Delgado remporte le Tour, malgré un contrôle antidopage prouvant qu'il a pris un médicament qui peut être utilisé pour masquer l'usage de stéroïdes. La nouvelle du test est divulguée à la presse par l'ancien organisateur du Tour, Jacques Goddet. Delgado est autorisé à continuer parce que le médicament, le probénécide n'est pas interdit par l'Union cycliste internationale.

Le vainqueur 1996, le Danois Bjarne Riis déclare en 2007 qu'il a consommé des drogues pendant son Tour victorieux. Il est disqualifié et on lui interdit de suivre le Tour. Riis devait suivre le Tour en tant que directeur sportif de l'équipe danoise Team CSC. Depuis, il a été réhabilité au classement pour son honnêteté et il a a mis en place un suivi rigoureux dans son équipe et il est devenu une voix importante dans la lutte contre le dopage dans le sport.

Le vainqueur 2006, Floyd Landis est disqualifié plus d'un an après la course. Après avoir été contrôlé positif lors de sa victoire dans la 17e étape, un comité d'arbitrage l'a déclaré coupable en septembre 2007, après quoi Óscar Pereiro a récupéré la victoire du Tour 2006. Landis a fait appel devant le Tribunal Arbitral du Sport, mais a perdu cet appel fin juin 2008. Finalement en mai 2010, il avoue s'être dopé.

En 2007, le coureur danois Michael Rasmussen est retiré de la course par son équipe Rabobank suite à des plaintes comme quoi il n'avait pas rendu possible plus tôt dans l'année des contrôles inopinés. Rasmussen avait signalé qu'il était au Mexique, alors qu'il était en réalité en Italie.

En 2010, le contrôle antidopage du maillot jaune Alberto Contador lors de la journée de repos avant l'étape 17 est positif au clenbutérol, ce contrôle positif ne sera révélé qu'en septembre 2010. Il garda son maillot jaune jusqu'à la victoire finale, mais en février 2012, suite à sa disqualification pour dopage par le Tribunal arbitral du sport, son titre lui est retiré, ainsi que l'intégralité de ses titres acquis en 2011.

Record de jours passés en jaune.


Le coureur qui a le plus porté le maillot jaune est le Belge Eddy Merckx, qui l'a porté durant 96 jours. Le plus grand nombre de porteur différent en une seule édition est de huit en 1958 et 1987. Plus récemment, en 2008, sept coureurs ont eu la chance de le porter (Alejandro Valverde, Romain Feillu, Stefan Schumacher, Kim Kirchen, Cadel Evans, Fränk Schleck, Carlos Sastre), laissant le record à huit.

L'homme qui a refusé le maillot jaune.

Le maillot jaune est conçu pendant des décennies, comme tous les autres maillots de vélo, avec de la laine. Aucune fibre synthétique existant à l'époque n'offrait les mêmes avantages que la laine, qui limitait les effets de la chaleur et absorbait la transpiration. La broderie étant cher, les seules lettres qui apparaissent sur le maillot sont les initiales HD de Henri Desgrange. Les coureurs ajoutent le nom de l'équipe pour laquelle ils courent sur le devant du maillot avec des épingles.

Bien que les matériaux synthétiques n'existaient pas encore pour créer un maillot complet, le premier fibre synthétique fut ajouté en 1947, après l'arrivée de SOFIL en tant que sponsor. Les coureurs croyaient en la pureté de la laine, et surtout le Français Louison Bobet.

Bobet insiste pour que l'on conserve les maillots en laine lors de leurs longues journées de transpiration dans la chaleur et la poussière. C'est une question d'hygiène. Les tissus artificiels font beaucoup trop transpirer les coureurs. Et, dans son deuxième Tour de France en 1948, il refuse de porter le maillot en synthétique qu'on lui présente.

Jacques Goddet, le directeur de course raconte :

« Cela a produit un véritable drame. Notre contrat avec Sofil s'écroulait. Si la nouvelle était sortie, l'effet commercial aurait été désastreux pour le fabricant. Je me souviens en avoir débattu avec lui une bonne partie de la nuit. Louison a toujours été extraordinairement courtois, mais ses principes étaient aussi dur que les blocs de granit de sa Bretagne natale. »

Aucun compromis n'étant possible, Goddet obtient de Sofil qu'il produise un autre maillot en laine au cours de la nuit.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mar 11 Juin 2013 - 21:29


US ET COUTUMES DU TOUR DE FRANCE.

Environ une heure avant le passage des coureurs, la caravane du Tour passe et distribue des objets en tout genre. Les véhicules sont le plus souvent insolites et décorés avec de la publicité. Ce défilé publicitaire a été créé en 1930.

Radio-Tour informe spectateurs, journalistes et directeurs sportifs de tous les évènements ponctuant la course en temps réel. Malgré la multiplication récente des moyens de communications, « Radio-Tour » est aujourd’hui encore essentielle pour tous les intervenants du Tour.

L’ardoisier, qui dispose d’une ardoise et d’une craie, suit à moto les coureurs et leur transmet les écarts communiqués par radio-Tour.

La Lanterne rouge désigne le dernier du classement général. C’est une référence aux feux rouges qui signalent l’arrière d’un véhicule. Ce « trophée » était jadis recherché car il permettait à son « vainqueur » d’obtenir de meilleures primes à l’occasion des critériums d’après-Tour. Parfois, mais c’est plus rare aujourd’hui, le dernier du classement général s’affuble lui-même d’une lanterne rouge. On a dans le passé assisté à des duels entre cyclistes qui flirtent avec les délais d'élimination afin d'obtenir la dernière place du Tour, tout simplement parce qu'on se souvient plus facilement du dernier coureur classé que de celui qui le précède.

Créée dès 1906, la flamme rouge désigne la banderole placée au-dessus de la route au niveau du dernier kilomètre de chaque étape. Tout le long de l’étape, le kilométrage est indiqué par des banderoles (25, 20, 15, 10, 5, 4, 3, 2, et 1). La banderole du dernier kilomètre est néanmoins très différente des autres : il s’agit d’un énorme boudin gonflable alors que toutes les autres ne sont que de simples banderoles en toile.

Les spectateurs sont estimés à 100 000 lors de la première édition ; ils sont plus de 10 millions aujourd’hui aux bords des routes du Tour. Le Tour est, il est vrai, un spectacle gratuit qui va au-devant de son public. Ce dernier s’est enflammé pour l’épreuve dès la première édition, et les incidents violents sont nombreux jusqu’aux années 1950. Eddy Merckx est même victime d’un coup de poing dans le foie en pleine ascension du puy de Dôme. Ces incidents spectaculaires restent isolés et aujourd’hui, c’est plutôt l’esprit festif du public du Tour qui est vanté. Cependant, la forte concentration de spectateurs le long des routes où passent de nombreux véhicules n’est pas sans danger : plusieurs enfants ont été percutés par des véhicules ces dernières années. Tourisme oblige, les spectateurs présents le long des routes ne sont plus seulement Français. La montée de certains cols donne lieu à des scènes surréalistes où les coureurs doivent se frayer un chemin à travers une foule exubérante massée sur la chaussée. Ainsi, en 1999, à un kilomètre de l'arrivée au sommet de l'Alpe d'Huez, l'Italien Giuseppe Guerini chute après avoir été percuté par un spectateur qui s'était mis au milieu de la route pour le photographier (il remporte malgré tout l'étape). L'étape dont l'arrivée est située à l'Alpe d'Huez regroupe le plus de spectateurs.

Depuis 1987, après chaque étape, le leader du classement général se voit remettre, en plus du maillot jaune, un lion en peluche. Ce lion était à l'origine un clin d'œil du sponsor : le Crédit Lyonnais. La tradition perdure, même si la banque française a depuis changé de nom pour devenir LCL.

La Poste fait suivre le courrier des coureurs sur le Tour. Ainsi, il est possible, et même recommandé aux supporters, d’écrire à leur coureur préféré durant l’épreuve en indiquant en guise de destinataire « Coureur x, Equipe, Tour de France - Dynapost ». Chaque jour, le facteur du Tour fait sa tournée et, d’étape en étape, délivre le courrier des fans aux coureurs. Dynapost publie un classement des coureurs recevant le plus de lettres de fans durant l’épreuve.

Créée par Henri Desgranges lors du Tour de France 1910, la voiture balai circule derrière les derniers compétiteurs et a pour rôle de récupérer les coureurs qui ne peuvent plus continuer la course.

Depuis 2005, les équipes télévisées de France 3 organisent une émission en direct dans la ville départ d'une étape lorsque celle-ci n'est pas retransmise en intégralité : Village départ. Animée par Laurent Luyat, Celle-ci se focalise sur les particularités de la ville et de la région (cuisine, tourisme, cultures...) et accueille des célébrités, parfois originaires de la région. A l'inverse de l'Après Tour (anciennement appelé Vélo Club) se déroulant dans la ville d'arrivée après la fin de l'étape, elle est ouverte au public.

Le Tour est organisé en juillet. La date du départ est calée de façon que la dernière étape, sur les Champs Élysées, ait lieu un dimanche, à partir du 22 juillet.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mer 12 Juin 2013 - 8:19

Les lieux mythiques du Tour : le Tourmalet



Le col du Tourmalet est un col de montagne des Pyrénées centrales françaises, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées.

Le nom Tourmalet peut signifier « mauvais détour » : c'est l'étymologie que donnent souvent les guides touristiques, la racine mal- pouvant être interprétée dans le sens du latin malum voulant dire « mauvais ». Toutefois l'association Tour = détour en gascon bigourdan n'a rien d'évident et la réputation de mauvais détour peut-être une ré-interprétation du nom local au xixe et xxe siècles suite à de nombreuses mésaventures des premiers « touristes ».

En gascon, l'appellation pour un lieu-dit « mauvais » utilise plutôt la racine ma[u]- (prononcez maou) comme dans Pic de Maupas, la racine mal- signifie plutôt « montagne » comme dans Vignemale, Batchimale, Maladeta, etc. Le préfixe t[u]r (prononcez tour) indiquerait une distance. Dans ce cas, Tour-mal-et ne s'applique à l'origine pas qu'au col et désigne « la montagne lointaine ».
Bien avant que les cyclistes se lancent à l'assaut des cols pyrénéens, le Tourmalet faisait déjà parler de lui.

Parcouru depuis longtemps par les bergers, les pèlerins ou les colporteurs, le col du Tourmalet est franchi en 1088 par Béatrix Ire de Bigorre, qui part de Bagnères percevoir des impôts à Barèges. Le col obtient ses lettres de noblesse en 1675, date où Madame de Maintenon (1635-1719) et le duc du Maine enfant le franchissent pour la première fois pour aller « prendre les eaux » à Barèges. À la suite de ce trajet, le chemin est aménagé en 1688. La route est construite en 1730.

La route de la vallée des Gaves, de Luz à Barèges étant très dangereuse et coupée par une crue, il ne reste plus que cette solution pour aller « prendre les eaux » à Barèges afin de soigner le duc du Maine (1670-1736).

La modernisation du chemin qui passe au col attend le milieu du XIXe siècle : la route thermale, une étape qui marque l'histoire et le début d'une grande aventure dans les Pyrénées. Elle est inaugurée le 30 août 1864, au sommet du col. Les travaux avaient été financés par Napoléon III en 1859. En 1930, la route thermale devient la RN 618 puis est déclassée en RD 918 dans les années 1970.

M. Achille Jubinal, lors de la séance du corps législatif du 22 juin 1868, s'exclame :

« Écoutez ceci : il y a cinq ou six ans, on ne traversait le col d'Aspin qu'à cheval. Maintenant, grâce à l'Empereur, qui a eu personnellement l'idée des routes thermales, nous passons au col de Torte et au col d'Aspin, à 1 800 mètres au-dessus du niveau de la mer ; à Tourmalet, ainsi qu'au col de Geyresourde, qui descend par Luchon ; nous passons à 2 000 mètres d'altitude avec des voitures à quatre chevaux, aussi facilement que vous traversez en Daumont la place de la Concorde. (Exclamations et rires.)
Pourquoi donc un chemin de fer ne pénétrerait-il pas là où vont à présent les voitures ? »

Par le versant ouest, l'ascension débute à Luz-Saint-Sauveur pour 18,3 km à 7,7 %. Ce versant ouest est un peu moins pentu, comprenant souvent des pentes à 7 ou 8 %, que le versant est mais il est aussi plus beau. Entre Luz-Saint-Sauveur et Barèges au km 7, on trouve fréquemment des lignes droites. À la sortie de Barèges, les cyclistes rencontrent une pente à 9 % pendant un kilomètre. Entre Barèges et le km 16, la route serpente entre de superbes pâturages. À 5 km du sommet, on aperçoit le pic du Midi de Bigorre. Entre les km 14 et 17 (avant-dernier km) la pente est régulièrement à 8 %. Le dernier km présente 10,5 % de déclivité. La sortie de Barèges et le dernier km sont donc les passages les plus difficiles de cette ascension mais sur l’ensemble la pente est régulière.
Commençant par le versant est à Sainte-Marie-de-Campan, l’ascension a un profil de 17,2 km à 7,3 % de moyenne. Le début est facile avec le grand plateau mais une fois à la sortie du hameau de Gripp au km , cela se corse. Un peu plus loin, la route passe à côté du petit village d’Artigues-Campan. Entre ce petit village et la station de La Mongie au km 11,5 les pentes sont souvent à 8,5 % de moyenne alors que l’on traverse parfois de la forêt. 3 km avant La Mongie, on commence à passer sous des paravalanches et on devine un barrage plus bas à droite. À La Mongie, la pente est raide avec 9,5 %. C’est dans cette station qu’on trouve un téléphérique qui monte au pic du Midi de Bigorre (2 877 m). Après il reste 4,5 km dans un décor de pâturages et de remontées mécaniques. Certaines épingles sont effrayantes et nécessitent des relances énergiques. Au final, ce versant est plus dur que le versant ouest malgré sa moyenne de pente inférieure car ce sont les quatre premiers km qui baissent la moyenne mais après il y a peu de répit.


Stèle commémorative Jacques Goddet

Une stèle dédiée à Jacques Goddet, ancien directeur du Tour de France, est présente au sommet. Après tant d’efforts, on peut manger au restaurant au sommet ou faire un tour à la boutique. Pour les vététistes qui n’en auraient pas eu assez, il est possible de grimper jusqu’au pic du Midi de Bigorre à VTT.

Histoire cycliste

La première course cycliste passant par le col du Tourmalet dont il est fait mention a lieu le 18 août 1902. Elle est baptisée « concours de bicyclette de tourisme » et est organisée par le Touring club de France. Le départ et l'arrivée de la course sont situés à Tarbes, le Tourmalet est gravi à deux reprises sur une distance de 215 km. Jean Fischer passe les deux fois en tête au col. Victime de crevaisons durant la fin de la course, il est rattrapé par Rodolfo Muller qui le devance de 8 minutes et 30 secondes sur la ligne d'arrivée.

Le col du Tourmalet fait partie intégrante de la « légende du Tour ». Il est emprunté pour la première fois en 1910 lors de la première grande étape pyrénéenne.

Depuis, le Tour de France l'a franchi à 78 reprises, soit plus d'une année sur deux. C'est le col qui a été le plus souvent franchi par la course, tous massifs montagneux confondus. En 1974, l'arrivée de la 17e étape a eu lieu au sommet du col.

Octave Lapize passa en tête le col du Tourmalet le 21 juillet 1910, au cours de la grande étape Bayonne-Luchon (325 km), pour la première ascension de l'histoire du Tour. À cette occasion, il lança aux organisateurs : « vous êtes des assassins ! ».

De nombreuses légendes ont marqué l'histoire de ce col, on cite encore aujourd'hui le courage exemplaire d'Eugène Christophe, dans le Tour de France 1913, qui, après avoir brisé sa fourche au début de la descente du col, marcha pendant quatorze kilomètres jusqu'à Sainte-Marie-de-Campan où il effectua lui-même sa réparation dans la forge d'Alexandre Torné.

En 2010, à l'occasion du centenaire des Pyrénées dans le Tour de France, il est franchi à deux reprises, dont une arrivée au sommet.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Jeu 13 Juin 2013 - 8:23

Les lieux mythiques du Tour : Bordeaux

Bordeaux eut l’honneur de faire partie des six villes étapes du premier Tour de France en 1903, au même titre que Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes et Paris. Derrière la capitale, le chef-lieu de la Gironde est la ville la plus visitée par la Grande Boucle en plus de cent ans d’Histoire.

Capitale mondiale du vin, Bordeaux est la plus grande ville de la partie Ouest de la France, devant Nantes ou Toulouse. Elle a bénéficié de la politique de dessin des parcours de la Grande Boucle, qui épousa longtemps les contours de l’Hexagone, comme si on rendait hommage à cette culture des frontières chère à Vauban, l’homme des citadelles.

Longtemps soumise au joug anglais après l’invasion de l’Aquitaine, Bordeaux fit commerce du vin avec la Perfide Albion. L’hégémonie anglaise profita à la ville jusqu’en 1462. Mais Bordeaux atteignit le pinacle de sa richesse aux XVIIe siècle, en pleine époque coloniale. Comme la Rochelle et Nantes, autres portes vers l’océan, Bordeaux fut une plaque tournante du commerce triangulaire. Malgré la tradition humaniste existait dans la ville et défendue un siècle plus tôt par Michel de Montaigne, la ville céda et allait s’enrichir par la force de la traite des esclaves.

Face à l’Atlantique, Bordeaux présente une exceptionnelle position géographique. Si le parcours remonte vers le Nord, Bordeaux mène aux Pays de Loire puis à la Bretagne, terres de cyclisme que le Tour aime visiter. Vers le Sud, Bordeaux est la porte vers les Pyrénées ...

Bordeaux fut une ville de tradition cycliste, jadis, avec le fameux Bordeaux - Paris qui servit de théâtre en 1965, au plus grand exploit de la carrière de Jacques Anquetil. Le quintuple maillot jaune, aussi gagné le Dauphiné Libéré à Grenoble, rejoignit Avignon en voiture pour rejoindre Bordeaux en avion, dans un Mystère 20 affrété par le président de la République, Charles de Gaulle, en personne ... Le Normand se présenta ainsi au départ de cette course mythique!

La capitale de la Gironde doit ensuite ses nombreuses visites du Tour de France à l’amitié qui unissait Jacques Goddet, directeur de l’épreuve en 1947 et 1987, à Jacques Chaban-Delmas, qui en fut le maire entre 1947 et 1995. Nul besoin de candidature, la ville était choisie d’office ... Si bien qu’entre 1952 et 1990, Bordeaux accueillittrente-neuf fois consécutives le Tour de France!

Mais ce fut parfois au détriment des Bordelais ... En 1962, la ville de Montaigne fut paralysée par des embouteillages monstres lors du passage des coureurs du Tour de France. Les vacanciers étaient venus voir les coureurs, les Anquetil, Van Looy, Darrigade et autres Poulidor, s’ajoutant à la population locale. Il n’y avait alors qu’un seul pont, le pont de pierre, pour franchir la Garonne.

En 1991, lorsque Bordeaux fut orpheline du Tour de France, le traumatisme fut grand. Pour la première fois depuis 1951 et une édition remportée de façon implacable par Hugo Koblet, via le fameux exploit de Brive-Agen, Bordeaux n’était pas visitée par le Tour, on ne traverserait pas le pont Saint-Jean. Mon souvenir le plus marquant du Tour concerne la seule année où il en fut absent, expliquait en 2003Michel Bourgine, directeur du service des sports de la ville. En 1991, on s’est soudain senti désœuvré, comme dépossédé de quelque chose.

L’attachement de Bordeaux au Tour de France était presque devenu viscéral, comme un passage obligé, un pèlerinage annuel. Robert Chapatte qualifiait même la cité aquitaine de ville clé. En 1991, la course survola l’Aquitaine en avion, lors d’un transfert entre Nantes et Pau. Cette année là, le sportbordelais passa du Capitole à la Roche Tarpéienne: pas d’étape duTour de France, équipe de football reléguée en Deuxième Division ... Les Girondins de Bordeaux, sanctionnés administrativement après les excès des années Claude Bez, renaîtraient de leurs cendres tel un phénix, grâce notamment au talent d’un jeune espoir du nom de Zinédine Zidane. La seule consolation fut le titre de champion de France de rugby obtenu par le club de Bègles-Bordeaux, qui remporta le bouclier de Brennus face au club phare de l’Ovalie française, le Stade Toulousain.

Daniel Lawton était adjoint au maire chargé des sports du temps de Chaban-Delmas,son témoignage éclaire bien à propos des liens entre le Tour et la ville de Bordeaux. Les deux Jacques se parlaient comme se parlent deux amis, Chaban était séduit par l’écriture épique et imagée de Goddet, surtout par sa tempérance et sa culture. Goddet était à ses yeux un grand sportif parisien, intelligent et maîtrisant son sujet.

Via sa plume virtuose, Goddet a écrit sur Chaban-Delmas des propos tout aussi élogieux sur l’ancien général de la Résistance, parlant de combattant authentique et de héros, puis il ajoutait ceci: C’était un camarade si sûr et si fidèle, un illustre et affectueux interlocuteur. Goddet avait ses entrées dans l’appartement parisien des Chaban, rue du Docteur-Blanche, les épouses étaient également conviées. D’une année à l’autre, la somme votée par le conseil municipal correspondait à la demande des organisateurs. Il suffisait d’un simple coup de fil, Chaban prenait contact avec Goddet, il n’y avait jamais de grain de sable dans leur amitié, raconte Daniel Lawton, Goddet incarnait L’Équipe, donc le sport. Ancien joueur de rugby, Jacques Chaban-Delmas a toujours œuvré en faveur du sport.

Ironie du destin, les deux hommes trouvèrent la mortà un mois d’intervalle: Chaban-Delmas en novembre 2000, Goddet en décembre. Outre la passion du sport, ils avaient un autre point commun, le journalisme. Car c’est bien en tant que journaliste économique que l’ancien Premier Ministre de Georges Pompidou avait débuté sa vie active en 1933, avant de pratiquer le rugby et le tennis à haut niveau. Major de promotion à Saint-Cyr, il avait ensuite rejoint un des corps les plus prestigieux de l’Etat, l’inspection des Finances ...

Le successeur de Chaban-Delmas comme premier magistrat de Bordeaux, Alain Juppé, également inspecteur des Finances, n’entretenait pas les mêmes liens d’amitié avec Jean-Marie Leblanc puis Christian Prudhomme. Arrivé à la tête du Tour en 1989, Leblanc profita aussi de son mandat pour délocaliser le Tour ailleurs en Aquitaine, en Charenteou en Midi-Pyrénées, les conseils généraux se substituant aux conseils municipaux de petites commune spour payer leur participation ... Ainsi, Périgueux (1994), Cahors (1994), Agen (1996, 2000), Dax (2000, 2006) ou Angoulême (2007) ont accueilli la Grande Boucle.

Ainsi, depuis 1995, Bordeaux n’a accueilli que fois le Tour de France: en 1995, 1996, 1997, 1999, 2003. Juppé fit revenir le Tour place des Quiconces dès 1996, et changea la politique d’accueil de l’épreuve par Bordeaux,qui avait jusqu’alors offert son hospitalié au peloton dans sa périphérie:vélodrome de Bordeaux-Lac, Parc Lescure (rebaptisé stade Chaban-Delmas depuis 2000).

Bordeaux-Lac accueillit plusieurs tentatives du record de l’heure, avant que Chris Boardman ne tente en 1996 le record à Manchester. En 1993 et 1994, l’Anglais, ainsi par Graeme Obree, Miguel Indurain et Tony Rominger, inscrivit son nom en lettres d’or au panthéon du plus prestigieux record cycliste.

En 1998 et 2006, Bordeaux fut l’hôte des championnats du monde de cyclisme sur piste.

Alain Juppé profita de l’intervalle 1999-2003 pour moderniser la cité bordelaise, avec l’arrivée du tramway.

Bordeaux, dauphine de Paris comme hôte du Tour, devance Pau, Luchon et Metz depuis 1903. Depuis 1947 et la renaissance du Tour après-guerre, Bordeaux est toujours dauphine de la capitale, devançant, Pau, l’Alpe d’Huez, Saint-Etienne et Briançon.

Etape de sprinters, l’étape de Bordeaux, quand elle est abordée après les cols des Pyrénées pour la remontée vers Paris, sert en général de répétition générale pour le sprint royal des Champs-Elysées.

Dès 1903, Bordeaux fut une ville étape sur le Tour de France. Alors que Maurice Garin imposait sa férule lors de cette première édition de la Grande Boucle, l’étape aquitaine fut remportée par le coureur suisse Charles Laeser. Il s’agissait de la première victoire d’un étranger sur le Tour, après trois succès français à Lyon, Marseille puis Toulouse.

Presque tous les grands sprinters l’ont emporté à Bordeaux, en plus de cent ans d’histoire. En 1963, Rik Van Looy coupe la ligne en vainqueur dans la cité bordelaise. Le Belge, double champion du monde, illumine ce Tour.

En 1964, André Darrigade triomphe en Aquitaine, enfin! Natif de Dax, le champion du monde 1959 avait toujours échoué "à domicile", dans sa région.

En 1966, lors de l’étape Royan - Bordeaux, les coureurs subissent les premiers contrôles anti-dopage, effectués par la justice française. Dès le lendemain, le peloton entame une grève entre Bordeaux et Bayonne, alors que la course termine sa lente descente vers les cols pyrénéens!

En 1968, c’est au tour de Walter Godefroot de s’imposer en terre aquitaine.

En 1971, Eddy Merckx termine le Tour avec panache. Orphelin de Luis Ocaña qui a du abandonner le maillot jaune dans les Pyrénées après une terrible accident dans le col de Menté (percuté par Zoetemelk), le Belge met un point d’honneur à finir l’épreuve sur les chapeaux de roue.

Entre 1972 et 1977, Bordeaux reçoit le Tour à la fois pour des étapes de sprint mais pour des chronos dignes de Gulliver, à peine plus longs qu’un prologue. Sur le circuit de Bordeaux Lac, Eddy Merckx l’emporte en 1972 et 1974. Joaquim Agostinho s’impose en 1973 dans une édition orpheline de Merckx où Luis Ocaña affiche une insolente supériorité. En 1977, la révélation allemande Dietrich Thurau prouve par une succès au circuit du Lac que son maillot jaune n’est pas qu’un feu de paille.

1990 voit le tandem Gianni Bugno - Erik Breukink se disputer le succès en terre aquitaine. Les deux ténors que sont l’Italien et le Néerlandais bénéficient d’un bon de sortie de Claudio Chiappucci et Greg LeMond, les deux seuls à pouvoir encore espérer décrocher le maillot jaune à Paris. Pour Breukink, le rêve d’un succès final à Paris est devenu utopique dans la très sélective étape de Luz-Ardiden, qui a consacré la puissance de l’Espagnol Miguel Indurain, coéquipier de Pedro Delgado chez Banesto,s’avérant au final plus solide que son leader ...

En 1992, un novice nommé Richard Virenque dispute l’étape Pau - Bordeaux ceint du maillot jaune. Il le perd ensuite dans la chef-lieu de la Gironde, mais son coéquiper Pascal Lino s’empare de la tunique d’or, qu’il conserve même après le contre-la-montre par équipes disputé entre Bordeaux et Libourne. Le Français ne cèdera son maillot jaune qu’à Sestrières, théâtre d’un exploit de Claudio Chiappucci. Virtuose de la montagne, le grimpeur toscan est aussi l’un des premiers à avoir pris le virage de l’EPO dans un Tour également marqué par le chrono de Luxembourg, où Miguel Indurain humilie la peloton. Sortant la guillotine, l’Espagnol se place en maillot jaune virtuel, quelques jours avant de récupérer la précieuse tunique dans le Piémont ...

En 1993, Djamolidine Abdoujaparov consolide son maillot vert à Bordeaux, deux jours avant de signer le doublé des sprints de prestige, en l’emportant aux Champs-Elysées. Mais la victoire du coureur ouzbek a ceci de particulier qu’elle est intervenue après un sprint réglant une échappée et non un peloton. Or les rivaux d’Abdoujaparov dans les sprint massifs n’avaient aucun intérêt à voir le maillot vert dans une échappée, voie royale pour l’emporter en terre bordelaise. Avec l’aide de son coéquipier de Lampre, David Bramati, Abdoujaparov su tuer dans l’œuf toutes les banderilles plantées par les membres de l’échappée, parmi lesquels un baroudeur tel que Jacky Durand, désireux de monter son nouveau maillot de champion de France. Et Abdou porta l’estocade à l’arrivée, battant Frankie Andreu et Rolf Sörensen sur la ligne.

En 1995, Erik Zabel gagne à Bordeaux sa deuxième étape sur le Tour de France, lors d’une édition où il se révèle, après avoir levé les bras à Charleroi en première semaine.

En 1996, Zabel est battu par Frédéric Moncassin d’un cheveu, mais se console avec un premier maillot vert. Le lendemain, Bordeaux est ville-départ d’un contre-la-montre disputé dans les vignobles vers Saint-Emilion. Ce chrono voit l’exploit de Jan Ullrich, dauphin de son coéquipier et maillot jaune Bjarne Riis.Surpuissant en cette fin de Tour, le jeune espoir allemanddomine nettement Miguel Indurain, quelques jours avant que l’Espagnol, tenant du titre déchu, ne remporte la médaille d’or aux Jeux Olympiques lors du CLM.

En 1997, Erik Zabel l’emporte de nouveau à Bordeaux, avant d’enfoncer le clou au classement du maillot vert par un succès le lendemain à Pau. Il devra attendre l’étape de Troyes, en 2000, pour ajouter une nouvelle étape du Tour à son palmarès.

En 1999, Tom Steels l’emporte à Bordeaux, signant une troisième victoire, une de moins que Mario Cipollini, mais trois de plus que Zabel, maillot vert bredouille.

2003 voit le retour de Bordeaux après les travaux du tramway. La ville, comme Lyon, Marseille, Toulouse et Nantes, fait partie intégrante du Centenaire du Tour. C’est Servais Knaven, vainqueur de Paris-Roubaix en 2001, qui l’emporte, tandis que Lance Armstrong et Jan Ullrich, séparés par une minute au classement après la colossale étape de Luz-Ardiden qui a clot de façon spectaculaire les joutes pyrénéennes, se regardent en chiens de faïence.

En 2010, Mark Cavendish fait respecter la tradition des grands sprinters à Bordeaux, même si Mario Cipollini n’y a jamais triomphé, par exemple. L’absence du sprinter toscan s’explique de façon logique.N’ayant jamais terminé le Tour de France, l’Italien a souvent abandonné avant la montagne.Or, une fois sur deux, Bordeaux se situe en fin de Tour, deux ou trois jours avant l’arrivée à Paris, après que la course ait établi son classement dans les cols des Pyrénées.2010 voit comme en 1996 un contre-la-montre final. Le maillot jaune se dispute lors d’un duel Alberto Contador - Andy Schleck dans le Médoc, vers Pauillac. Mais l’étape sacre Fabian Cancellara, champion du monde de la spécialité en 2006 (Salzbourg), 2007 (Stuttgart)et 2009 (Mendrisio). De nouveau sacré en 2010 à Melbourne, Spartacus sera détrôné de sa couronne de roi des rouleurs en 2011 à Copenhague par son dauphin ce jour là entre Bordeaux et Pauillac, l’Allemand Tony Martin.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Ven 14 Juin 2013 - 18:09

Les lieux mythiques du Tour : le Ballon d’Alsace


Célèbre sommet des Vosges, le Ballon d’Alsace a été emprunté dès 1905 par le Tour de France, avant même que la course ne s’élève dans les cols alpestres ou pyrénéens.

D’une altitude de 1247 mètres, le Ballon d’Alsace n’est pas le point culminant des Vosges, honneur qu’il laisse au Ballon de Guebwiller.

Sur sa cime, le Ballon d’Alsace a vu s’ériger une statue de la Vierge ainsi qu’une statue de Jeanne d’Arc.
C’est en 1905 que la route du Tour de France emprunte pour la première fois le Ballon d’Alsace.
C’est un évènement inédit, Henri Desgrange et Géo Lefèvre engagent leur épreuve en montagne, quelques années avant les Pyrénées (1910) ou encore les Alpes (1911).
C’est René Pottier, apprenti boucher de son état, qui passe le premier au sommet de ce col appelé à marquer l’Histoire du Tour de France. Intronisé roi de la montagne, Pottier conquiert ce titre subjectif bien avant les Bottecchia, Vietto, Bartali, Coppi, Robic, Bahamontes, Gaul, Van Impe, Pantani et autres Contador ...

En 1906, Pottier réédite l’exploit en passant de nouveau en tête au Ballon d’Alsace, et parvient à Dijon avec 48 minutes d’avance sur son dauphin. Son implacable hégémonie lui offre la victoire finale, Pottier ayant ruiné tout suspense après un tel morceau de bravoure. A la suite du cavalier seul de Pottier au Ballon d’Alsace, le Tour est donc fini avant même d’avoir commencé.
Mais le leader de l’équipe Peugeot ne profite pas bien longtemps de ce succès.
En janvier 1907, on déplore son suicide, il est retrouvé pendu au service de course de Peugeot. André Pottier, le frère de René, parlera de chagrin d’amour.
Nostalgique de son premier aigle des cimes, le Tour lui rend hommage au sommet du Ballon d’Alsace. Henri Desgrange fait ériger une stèle à la mémoire de René Pottier.

L’étape du Ballon d’Alsace part de Metz en 1907 ... Ville annexée par la Prusse depuis 1870, Metz est donc en territoire allemand ... L’organisation de cette étape sur le sol étranger, bien qu’anciennement national, a été rendu possible par le comte Zeppelin, qui a négocié avec les autorités berlinoises. L’inventeur du ballon dirigeable sera au départ de Metz. 21 kilomètres plus loin, le passage de la douane se révèle un fiasco. Si les formalités se passent bien pour sortir d’Allemagne, il n’en est pas de même pour rentrer en France ...

Dans le col vosgien où feu Pottier a porté au pinacle l’art de la montagne, c’est finalement Emile Georget qui tire son épingle du jeu avant de l’emporter à Belfort. Dans ce Tour orphelin de René Pottier, escaladeur de grand talent, la victoire à Lucien Mazan, alias "Petit-Breton", de retour de Buenos Aires.

En 1937, Henri Desgrange accueille sur le Tour de France le virtuose italien Gino Bartali. Double vainqueur du Giro (1936 et 1937), le grimpeur toscan s’est décidé à venir sur le Tour suite à la décision de Desgrange d’autoriser le dérailleur. Escaladeur redoutable, Bartali émerveille Desgrange dès le Ballon d’Alsace ... Si l’Allemand Erich Bautz passe en tête au sommet, c’est bien le Toscan qui éclabousse la course de son panache. Pulvérisant le record de l’escalade, le coureur transalpin manque de peula victoire d’étape face à Bautz. Victime d’une crevaison, Bartali ne termine que deuxième à Belfort, mais ila marqué les esprits, sortant de l’ombre dans laquelle il était plongée depuisle départ.Et Desgrange prononça cette phrase restée dans la mémoire collective du Tour: Je me moque du classement, je n’ai jamais rien vu d’aussi beau que Bartali dans le ballon d’Alsace.

1952 voit le triomphe de Raphael Geminiani à Mulhouse. Passé en tête au Ballon d’Alsace, le Grand Fusil sera toutefois impuissant face à l’insolente supériorité de Fausto Coppi. Maillot jaune flamboyant, l’Italien ne laissera aucune chance à ses rivaux, parmi lesquels le dauphin d’Hugo Koblet en 1951.

En 1967, le Ballon d’Alsace est le théâtre d’une incroyabledéfaillance de Raymond Poulidor. Le leader de l’équipe de France doit laisser Roger Pingeon jouer le classement général. Ce dernier n’entreverra le salut dans les Vosges que par l’aide de son rival italien, Felice Gimondi. Victime d’une fringale, Pingeon surmonte l’épreuve, par la forme d’une offrande, un pain d’épice offert par Gimondi en personne.
Maillot jaune de ce Tour de France 1967, Pingeon doit sa victoire à trois facteurs: son échappée dans l’étape de Jambes, la défaillance monumentale de Poulidor (moins rapide que Pottier en 1906!), le cadeau de Gimondi.

En 1969, Eddy Merckx asphyxie le Tour avant que la course ne soit parvenue aux points névralgiques. Battu par Rudi Altig au prologue de Roubaix, le jeune prodige bruxellois avait raté l’occasion unique de porter le maillot jaune pour son premier jour sur le Tour de France. Bien décidé à laver l’affront du Giro, après l’affaire de Savonne, le Cannibale écrase les pédales et profite de l’effet de surprise ...

Sortant du peloton comme une balle, Merckx ne voit que peu de coureurs prendre sa roue, dont Roger de Vlaeminck et Rudi Altig. Bientôt débarrassé de ses cerbères, il va s’imposer avec éclat, justifiant l’emploi de tous les superlatifs dès le lendemain dans la presse européenne. Et pour couronner le tout, Poulidor et Gimondi ont tous les deux joué de malchance: le premier a été victime d’un bris de pédale quand le second a vu sa progression stoppée nette par une crevaison.
Portant l’estocade à ses rivaux médusés, Eddy Merckx impose sa férule avec une rare violence. Le sceau du merckxisme vient de s’imprimer pour la première fois sur les routes de France et de Navarre. Dans les Vosges, seul Roger Pingeon conserve son optimisme après cette démonstration de force du champion belge. Le lauréat du Tour 1967 considère que le nouveau maillot jaune a bénéficié de l’effet de surprise.
Merckx aura vite fait de ramener Pingeon à la raison, sonnant le glas de ses espoirs avant de jouer une partition aux airs de requiem pour l’opposition, humiliée, laminée, résignée ... Consolidant son avance au classement général dès la sixième étape, le nouveau patron du peloton ne quittera plus le maillot jaune ... A la première occasion, Merckx a dressé la guillotine. Pingeon, Gimondi, Poulidor et les autres ne s’en relèveront pas!

En 1997, Didier Rous permet à Festina de terminer le Tour en apothéose avec une quatrième victoire d’étape, qui suit celles de Laurent Brochard dans les Pyrénées (Loudenvielles), celle de Richard Virenque dans les Alpes (Courchevel), et celle de Neil Stephens, déjà dans les Vosges (Colmar). Vainqueur à Montbéliard, Rous est passé en tête au sommet du Ballon d’Alsace. Mais pourtant, Festina manque le véritable exploit, celui de faire vaciller Jan Ullrich. Victime d’une intoxication alimentaire, le maillot jaune allemand était méconnaissable dans le modeste col de Hundstruck. Sonnant l’hallali, Richard Virenque n’a pas su organiser l’échappée fleuve autour de lui. Considérant des leaders de l’envergure de Marco Pantani, Fernando Escartinou Abraham Olano comme de simples coéquipiers de circonstances sur la route de Montbéliard, le Varois voit son rêve se briser.Le beau scénario hollywoodien que Virenque a échafaudé dans son esprit devient rapidement utopique ... Les écarts sont trop grands pour que Pantani, Escartinet Olano aient un réel intérêt à collaborer avec Virenque et ses Festina, d’autant que le grimpeur français propose des montants indignes de la dimension de ses alters egos, ce qui provoque le courroux de Bruno Roussel... Sauvant son maillot jaune face au manque de cohésion des ses rivaux, Ullrich montrera toutefois un visage digne de sa Toison d’Or dans le chrono final d’Eurodisney.

En 2005, l’étape de Mulhouse est pour Michael Rasmussen l’occasion de se révéler. On fête cette année là le Centenaire du Ballon d’Alsace. Deux ans après le Centenaire du Tour en 2003, Jean-Marie Leblanc honore ce mythe du Tour qu’est le Ballon d’Alsace. Son successeur à la direction du Tour de France, Christian Prudhomme, en fera de même avec le Tourmalet (2010) puis le Galibier (2011).

Le grimpeur danois de Rabobank, alias Chicken Legs, passe en tête auBallon de Guebwiller puisau Ballon d’Alsace avant de l’emporterà Mulhouse, deux minutes devant le tandem Jens Voigt - Christophe Moreau.
Longtemps 3e de ce Tour, Rasmussen terminera finalement 7e, victime d’un chrono désastreux à Saint-Etienne.
Maillot jaune controversé du Tour de France 2007, il cèdera sa tunique à Alberto Contador, passant en quelques jours du Capitole à la Roche Tarpéienne, car le Danois se retrouve dans l’oeil du cyclone, pris dans l’engrenage d’un scandale de dopage.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Sam 15 Juin 2013 - 11:12

Les lieux mythiques du Tour : l’Izoard

Son décor est à nul autre pareil, presque lunaire, entre silence et désolation face à l’immensité des Alpes. L’Izoard ne serait pas l’Izoard sans la Casse Déserte, passage de ce col magnifié par deux champions au panache exceptionnel, Fausto Coppi et Louison Bobet. Ce n’est donc que justice de voir ces deux amis associés pour l’éternité via une stèle à leur effigie.


En 1937, le maillot jaune Gino Bartali souffre d’une broncho-pneumonie. Au lendemain de l’étape de Briançon qui l’a vu chuter dans un torrent,le grimpeur toscan sombre sur la route de Digne, perdant plus de vingt minutes sur le vainqueur du jour, Roger Lapébie.

Successeur désigné d’Alfredo Binda après ses triomphes dans le péninsule, Gino Bartali, virtuose des cols, prend sa revanche en 1938. Eparpillant la meute des poursuivants dans Allos, l’Italien écrase le course dans l’Izoard, semant ses derniers accompagnateurs. Passant en solitaire dans la Casse Déserte, il consolide son maillot jaune et fonce vers la victoire finale. Alors que la foule des ses compatriotes a traversé la frontière italienne pour le porter en triomphe, leprésident de l’Union Vélocipédique italienne écarta la foule en criant: N’y touchez pas, c’est un Dieu!

En 1948, l’Homme de Fer aborde les Alpes transcendé par l’appel du Président du Conseil italien, Alcide de Gasperi. Ce dernier a téléphoné à Bartali à l’occasion de la journée de repos, à Cannes. Pour calmer le peuple échaudé par l’attentat sur Palmiro Togliatti, leader du parti communiste, Gino le Pieux se voit investi d’une mission sacrée par l’homme politique Gasperi: gagner le Tour, et faire ainsi diversion en ramenant le maillot jaune à Paris. Les Italiens pourraient ainsi oublier Togliatti dans le calme et enterrer leurs envies de révolte ... Gino Bartali commence sa trilogie Briançon - Aix - Lausanne par une démonstration dans l’Izoard. Il relègue le grimpeur français René Vietto à onze minutes à Briançon, où le jeune Louison Bobet conserve cependant le maillot jaune. Récidivant à Aix-les-Bains puis à Lausanne, le Toscan écrase le Tour de France, dix ans après sa première victoire.

En 1949, Fausto Coppi est le plus fort dans l’Izoard, que ce soit dans le Giro ou dans le Tour. Sur le Giro, le Piémontais écrase Bartali dans l’étape d’anthologie Cuneo - Pinerolo, le devançant de 11’52’’ sur la ligne après une échappée solitaire de plus de 190 kilomètres.

En 1951, Fausto Coppi perd son frère Serse dans le Tour du Piémont. Au départ de Metz, l’Italien n’est qu’un fantôme dont l’esprit est resté à Castellania. Humilié par Koblet entre Brive et Agen, battu par le virtuose suisse à Luchon, proche du chaos à Montpellier, le Campionnissimo comprend vite que le maillot jaune est utopique. Mais l’orgueil de Coppi lui ordonne une réaction dans ce Tour régenté par l’hégémonique Koblet. Le Suisse voltige mais l’Italien s’échappe dans l’Izoard, s’offrant une victoire d’étape de rachat à Briançon.

En 1953, dans un Tour orphelin de Fausto Coppi, Louison Bobet s’affirme en champion. C’est dans l’étape de l’Izoard que la métamorphose du Breton s’accomplit.

Louison Bobet et Fausto Coppi auront l’honneur posthume d’une stèle dans la Casse Déserte, secteur de l’Izoard au paysage lunaire, dénué de toute végétation comme sur les derniers kilomètres du Ventoux, où la rocaille est légion, dans un spectacle d’infinie désolation.

En 1972, alors que Luis Ocaña ne sera pas capable de reproduire les performances exceptionnelles de l’année précédente, EddyMerckx réalise un cavalier seul dans un Tour de France où son dauphin Felice Gimondi est bien discret. Champion d’exception, le Cannibale belge porte l’estocade au peloton dans l’étape de Briançon. Respectueux de la légende du Tour, Merckx sait combien Briançon est un haut lieu de l’épreuve, et il parachève son triomphe en gagnant en maillot jaune dans la cité alpestre, après être passé seul en tête au sommet du col d’Izoard.

1973 voit Luis Ocaña imposer sa férule dans un Tour orphelin d’Eddy Merckx, auteur du doublé Vuelta - Giro au printemps. Le Castillan sonne le glas des espoirs de la concurrence dès l’étape des Orres. Joop Zoetemelk finira cinquième de cette étape de légende, à plus de vingt minutes d’Ocaña. Seuls Jose Maria Fuente et Bernard Thévenet échappent au carnage, Fuente passant même en tête dans l’Izoard. Mais Ocaña le devancera de près d’une minute à l’arrivée, affichant son insolente supériorité!

En 1975, l’épouvantail Merckx va pourtant connaître le goût amer de la défaite. Battu à Pra-Loup dans une étape qu’il maîtrisait avant de finir à l’agonie, le Belge cède le maillot jaune à Bernard Thévenet. Le Capitole et la Roche Tarpéienne ne sont jamais bien loin. Au lendemain de son échec, qui semble bien plus cruel que la terrible morsure d’Orcières Merlette en 1971, Eddy Merckx ne pourra inverser le cours du destin avec son panache, sa rage de vaincre chevillée au corps. C’est au contraire Bernard Thévenet qui enfonce le clou, en souvenir de Bobet,étrennant victorieusement le maillot jaune,au lendemain de Pra-Loup qui n’est donc pas un exploit mais le début de la grande carrière du Bourguignon. Enfant, Thévenet avait entendu Bobet parler d’un passage en jaune au sommet de l’Izoard comme du pinacle d’une carrière cycliste ... Pour le jeune Thévenet, ce fut longtemps parole d’évangile, et le miracle s’accomplit pour lui un jour de juillet 1975, malgré Eddy Merckx ...

En 1986, quelques jours après la grande offensive de Greg Lemond à Superbagnères, Bernard Hinault se doit de réagir. Toujours maillot jaune, le Breton veut repousser l’usure du pouvoir, brisant le pacte de non agression scellé en 1985 avec l’Américain, sous l’égide de Paul Koechli. Mais dans l’étape de Briançon,le genou d’Hinault lui cause une douleur intolérable. Et le maillot jaune doit laisser Lemond et son fidèle sherpa Hampsten filer vers le Graal ... Après la première banderille dans les Pyrénées, Hinault se voit porter l’estocade par le kid de Sacramento.

1989 voit la victoire de Pascal Richard entre Gap et Briançon. Echappé avec Bruno Cornillet dans le col de Vars, le Suisse fausse compagnie à son complice dans l’Izoard, avant de s’offrir la victoire à Briançon, tandis que Greg Lemond consolide son maillot jaune, reprenant treize secondes à Laurent Fignon. Mais l’Américain perdra la précieuse tunique dès le lendemain à l’Alpe d’Huez, victime d’une défaillance.

En 1993, au lendemain de l’étape de Serre Chevalier qui l’a vu faire une sélection impitoyable dans le col du Galibier, Miguel Indurain doit défendre son maillot jaune face à de nouveaux challengers: oubliés Gianni Bugno, Claudio Chiappucci ou Erik Breukink, voici Tony Rominger, Alvaro Mejia et Zenon Jaskula. Lauréat de la Vuelta au printemps pour la deuxième année consécutive, le Suisse est bien plus redoutable que ne le sont le Polonais et le Colombien.
L’Espagnol passe sans encombre l’Izoard, où Claudio Chiappucci passe en tête au sommet, mais verra le Zougois, implacable de puissance, imposer son tempo dans la Bonette Restefond, col le plus haut d’Europe, plus haut encore que le mythique Stelvio, mythe absolu des Dolomites italiennes.

En 2000, Lance Armstrong humilie Marco Pantani via un cadeau empoisonné au sommet du Mont Ventoux. Piqué au vif dans son orgueil quelques jours après avoir subi la loi du Texan à Lourdes Hautacam, l’Italien veut se rassurer, lui qui ne voit plus le meilleur grimpeur du monde lorsqu’il se regarde dans un miroir. Face au coup de pédale stratosphérique d’Armstrong, figure de proue de l’US Postal, l’escaladeur italien réagit dans l’Izoard, se lançant dans un duel avec l’Américain. Après le statu quo, Pantani remettra le couvert à Courchevel puis sur la route de Morzine ...

En 2003, alors que Lance Armstrong a récupéré dans la douleur le maillot jaune à l’Alpe d’Huez, il ne se doute pas qu’il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus. Les pertes sont considérables, tant ses rivaux ont gagné en confiance, de Mayo à Vinokourov en passant par Beloki. Sur la route de Gap, frappée d’un soleil caniculaire, l’Izoard est placé trop loin de l’arrivée pour faire la différence, mais le destin du Tour 2003 va basculer. Alors que le Kazakh Vinokourov l’emporte à Gap, Joseba Beloki chute violemment dans la descente du col de la Rochette, où Lance Armstrong traverse un champ à la façon d’un vététiste ...

En 2011, alors que Contador a perdu toute chance dans l’optique de la victoire finale, Andy Schleck passe à l’offensive dans l’Izoard. Il reste plus de soixante kilomètres à parcourir quand le Luxembourgeois fausse compagnie au peloton, mettant sous pressions ses rivaux Thomas Voeckler et Cadel Evans. Le cadet des frères Schleck, grimpeur d’exception, poursuit son festival jusqu’au terme de l’étape reine de cette édition 2011, s’imposant dans le col du Galibier. Voeckler garde son maillot jaune in extremis face à Andy Schleck, bénéficiant du travail formidable de Cadel Evans dans le Galibier. Sans le savoir, l’Australien vient de limiter les pertes contre le Luxembourgeois et ainsi de gagner le Tour de France, deux jours avant de prendre le maillot jaune à Grenoble ...

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Message  Invité le Dim 16 Juin 2013 - 9:36

Les lieux mythiques du Tour : le Puy-de-Dôme


Le volcan auvergnat, aujourd’hui délaissé par le Tour pour des raisons logistiques, peut se vanter d’avoir abrité l’étape la plus légendaire de toute l’Histoire de la course, le 12 juillet 1964, avec un fabuleux duel entre Jacques Anquetil, maillot jaune en crise, et Raymond Poulidor ...

Volcan d’Auvergne, le Puy-de-Dôme culmine à une altitude de1465 mètres. Se trouvant à environ 15 kilomètres de Clermont-Ferrand, il fait partie de la chaîne des Puys, ces volcans dont les premières éruptions ont commencé il y a 95 000 ans. La dernière activité volcanique a eu lieu il y a 8 000 ans environ. Le Puy-de-Dôme est entouré de dizaines d’autres volcans, tel le Puy de Sancy, les Monts Dore ou encore le Plomb du Cantal.

Le Puy-de-Dôme accueille le Tour de France 1952 sur une idée du régional Raphael Geminiani.Le coureur auvergnat voit sa proposition acceptée par Jacques Goddet, esprit novateur en perpétuelle recherche de nouveaux lieux de pèlerinage pour la grand-messe de thermidor.

En 1952, le Tour de France vit son premier très grand moment au Puy-de-Dôme. Virtuose du cyclisme, Fausto Coppi a depuis longtemps course gagnée, à tel point que les organisateurs ont doublé les primes du dauphin! Encore plus hégémonique que ne l’était Hugo Koblet en 1951, le grand échassier du Piémont impose sa férule dans tous les compartiments du jeu: montagne, contre-la-montre. Ayant fait preuve de son incontestable supériorité dans la citadelle de Namur au début de l’épreuve,c’est dans les Alpes que Coppi cannibalise le Tour en l’absence certes de Koblet, Kubler et Bobet. Via le double enchaînement Sestrières / Alpe d’Huez, l’Italien humilie le peloton et sonne le glas des espoirs de la concurrence. La perspective du maillot jaune devenue utopique, les rivaux de l’ancien commis-charcutier de Novi Ligure,les Robic, Bartali, Ruiz et Ockers espèrent s’offrir des victoires de rachat dans les Pyrénées et le Massif Central. Mais le Campionissimo dresse la guillotine sur la route de Pau. Quand vient l’étape de Puy-de-Dôme, le Hollandais Nolten, une des révélations de l’édition 1952, s’échappe sur les pentes du volcan auvergnat. Alors que Geminiani se rut à la poursuite du colosse néerlandais, un bolide passe en trombe sur la pente et va s’offrir une nouvelle victoire de prestige: Fausto Coppi, une fois de plus phénoménal et intouchable!

En 1959, le Puy-de-Dôme est le théâtre d’une étape chronométrée. Federico Bahamontes en sort vainqueur. L’Aigle de Tolède, escaladeur de génie,domine les Français, qui vont se noyer malgré le pacte scellé autour de Marcel Bidot à Poigny-la-Forêt entre Anquetil, Bobet, Rivière et Geminiani. Comme le Luxembourgeois Charly Gaul, son contemporain, Bahamontes porte au pinacle l’art de la montagne. Et le Picador devient en toute logique le premier Espagnol maillot jaune en cette année 1959, lui qui ne visait jusque là que le classement de la montagne. C’est sur insistance de son constructeur, un certain Fausto Coppi, que Bahamontes s’est focalisé sur le maillot jaune, la tunique des champions.

1964, l’ascension du Puy-de-Dôme se dispute au paroxysme de la tension.Le bluff royal Anquetil, dont le maillot jaune ne tient qu’à un fil, fait effet contre un Raymond Poulidor qui n’a pas reconnu le parcours sur le volcan auvergnat. C’est la deuxième grosse erreur de Poulidor dans ce Tour de France 1964, après le péché d’orgueil de Monaco.Trop sur de lui, le Limousin n’avait pas lu la fiche d’étape en détail, oubliant qu’il fallait parcourir un tour complet sur la piste en cendrée du stade Louis II. Arrêtant net son sprint comme à la Vuelta dont il était sorti lauréat, Poulidor vit Anquetil le dépasser et empêcher le bouquet en Principauté ce jour là ... Le Normand survit à une terrible traversée des cols pyrénéens avant de se redonner de l’oxygène via le chrono de Bayonne. Mais Anquetil redoute Poulidor comme la peste au moment de gravir le juge de paix de ce Tour d’anthologie, le Puy-de-Dôme.Epaule contre épaule, les deux rivaux se jaugent alors que les grimpeurs espagnols Jimenez et Bahamontes se disputent le succès d’étape plus haut dans le col.Se trompant de braquet, le grimpeur limousin démarre trop tard. Le champion normand, lui, s’évertue à limiter l’implacable hémorragie du temps. Malgré la fatigue du Giro, Anquetil repousse l’érosion du destin et l’usure du pouvoir, sauvant son maillot jaune pour quatorze secondes. Dans le cas contraire, le magnanime champion normand jure qu’il rentrait à la maison!

En 1969, le Tour de France revit le scénario de 1952, avec Eddy Merckx en champion implacable, tel Fausto Coppi dix-sept ans plus tôt. Comme Coppi à Namur, Merckx plante une première banderille dans le Ballon d’Alsace. Puis il brille de mille feux dans les Alpes, avant de porter l’estocade dans les Pyrénées, avec la mythique échappée de Mourenx, un des plus grands exploits de la somptueuse carrière du Cannibale belge. Avant l’apothéose de Paris, le Bruxellois gravit avec le peloton le Puy-de-Dôme. Tous les rivaux de Merckx, résignés, vivent chaque étape avec une épée de Damoclès, craignant avec anxiété une nouvelle offensive du Belge qui surclasse tout le monde, de Pingeon à Gimondi en passant par Altig et Poulidor. Tout le monde s’attend donc à voir Merckx imiter une fois de plus le Coppi de 1952 en apposant violemment son sceau sur l’étape du Puy-de-Dôme.Mais contrairement au champion italien qu’il détrônera du titre subjectif de meilleur cycliste de l’Histoire, par son panache et son palmarès titanesque, après avoir tant marqué les esprits, Eddy Merckx ne gagne pas au Puy-de-Dôme. L’honneur en revient à la lanterne rouge du Tour de France 1969, le Français Pierre Matignon, qui bénéficie d’un bon de sortie du peloton.

En 1971, quelques jours avant sa prouesse légendaire d’Orcières-Merlette, Luis Ocaña jette les bases de son futur maillot jaune par une victoire au Puy-de-Dôme. Prenant 15 secondes à Merckx, le Castillan a surtout marqué des points sur le plan psychologique face au Belge, qui a également du laisser filer Zoetemelk et Agostinho. Le lendemain, Ocaña enfonce le clou vers Grenoble où Merckx perd 1’38’’ aux dépens d’un petit groupe également composé du vainqueur d’étape Thévenet, de Guimard, Van Impe, Zoetemelk et Pettersson.Tout le monde se consume d’impatience de voir la réaction de Merckx après ce double revers en Auvergne et en Isère. Le Belge sera laminé sur la route d’Orcières-Merlette incapable de suivre le groupe des ténors Agostinho, Van Impe, Zoetemelk, Ocaña dans la côte de Laffrey. L’Espagnol hausse le rythme dans le col du Noyer et s’en va vers un succès de prestige, au terme d’une étape d’anthologie où Merckx assure seul la poursuite derrière Van Impe intercalé, alors que le peloton, dans la roue du Belge, est résolu à sa perte.

En 1973, Luis Ocaña, maillot jaune impérial dans un Tour orphelin de Merckx, l’emporte sur le volcan auvergnat. Ayant ruiné le suspense dans les Alpes, l’Espagnol est apparu démotivé dans le chrono de Bordeaux, sur le circuit du Lac, laissant la victoire à son coéquipier portugais Joaquim Agostinho. De nouveau mobilisé au Puy-de-Dôme, le maillot jaune domine Fuente et Van Impe avant de s’offrir la cerise sur le gâteau par un succès chronométré à Versailles.

En 1975, alors qu’il est lancé à la poursuite de Van Impe et Zoetemelk dans la montée du Puy-de-Dôme,Eddy Merckx est victime d’un accident, frappé au foied’un coup de poing par un spectateur. Plébiscité par Anquetil en début de Tour comme favori pour une sixième victoire, le Bruxellois a certainement perdu la Grande Boucle dans cet épisode si révélateur de l’état d’esprit anti-Merckx qui régnait dans le public à l’époque ... Les spectateurs menaçants du Ventoux en 2002 contre Lance Armstrong n’étaient donc pas les premiers.L’étape est gagnée par Lucien Van Impe, avant un transfert Clermont-Ferrand - Nice qui augure de l’étape où le cyclisme change d’ère. C’est en effet à Pra-Loup que Bernard Thévenet devient le bourreau du Cannibale, qui s’effondre dans les ultimes kilomètres. Le Bourguignon parachèvera son triomphe le lendemain en gagnant à Briançon.

En 1976, après avoir conquis de haute lutte le maillot jaune dans les cols pyrénées, Lucien Van Impe affronte dans un duel au sommet son dauphin Joop Zoetemelk. C’est le Néerlandais qui l’emporte sur la cime d’Auvergne mais le Belge garde les rênes du Tour jusqu’à Paris. Déjà dauphin de Merckx, battu par Van Impe avant de subir la loi d’Hinault,Zoetemelk, lui, devra attendre 1980 pour gagner la Grande Boucle.

En 1978, le Batave égale Ocaña comme double vainqueur du Puy-de-Dôme, gagnant l’étape contre-la-montre tel Bahamontes en 1959. Zoetemelk montrera ses dons dans cet exercice si particulier du chrono en altitude en 1979, gagnant à l’Alpe d’Huez. Mais il sera écrasé par Hinault entre Morzine et Avoriaz dans le même Tour de France 1979, pour une des plus grosses performances de la carrière du Français.

Le prestigieux volcan voit son déclin amorcé dans les années 80, malgré de nouvelles étapes en 1983 (victoire d’Arroyo contre-la-montre) et 1986 (victoire de Maechler).

1988 voit la dernière étape jugée au sommet du Puy-de-Dôme. Dans un Tour gagné avec une insolente facilité par Pedro Delgado, lequel a franchi le Rubicon via une affaire du dopage révélée avec fracas par les média français, c’est le Danois Johnny Weltz qui tire son épingle du jeu en Auvergne. Le maillot jaune Delgado termine troisième de l’étape.

Depuis juin 2012, le Puy-de-Dôme n’est plus accessible par la route, après la construction sur ses pentes d’un train à crémaillère, appelé le Panoramique des Dômes. Les rames sont du même type que celles utilisées pour se rendre au célèbre monastère catalan de Montserrat. L’arrivée du chemin de fer sur le volcan sonne le glas des espoirs d’ASO, qui voulait ressusciter la légende. Le phénix ne renaîtra jamais de ses cendres.
Nul doute que le succès sera au rendez-vous de cette spectaculaire innovation (même si une ligne de chemin de fer avait déjà existé sur le volcan entre 1907 et 1925), à tel point que les chiffres de fréquentation du site devraient exploser. Et cela d’autant plus que le Puy de Dôme peut, depuis janvier 2008, s’enorgueillir du label Grand site de France, à l’instar des Gorges du Verdon, de la Cité de Carcassonne, de la Pointe du Raz, du Pont du Gard ou bien encore des Gorges du Tarn. Ce label n’est sans doute qu’une première étape avant que ce site exceptionnel ne soit intégré au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le train à crémaillère aura donc eu raison de la légende cycliste. Exit le Tour de France et les épopées empruntes de panaches de ses champions sur les pentes du géant de trachyte. Une voie routière subsistera en parallèle à l’emprise ferroviaire, mais elle sera désormais réservée aux seuls secours ou à des véhicules de travaux. Qui plus est, l’actuel parking situé sur le plateau sommital aux abords des ruines du temple de Mercure va totalement disparaître pour être rendu à la nature. Impossible par conséquent d’organiser une arrivée d’étape sur le Puy de Dôme. Qu’à cela ne tienne, il restera toujours aux promoteurs du Tour de France le Mont Ventoux et ses pentes rocailleuses: aucun projet de desserte ferroviaire ne menace la route du géant provençal!

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mar 18 Juin 2013 - 18:54

ROGER RIVIERE
Le meilleur rouleur de l’histoire du cyclisme.


Alors qu’aujourd’hui le monde du vélo, suspendu à l’attente du verdict concernant le « contrôle anormal » de Contador, ne semble bruire qu’à travers les affaires de dopage, il est peut-être bon de faire un retour sur le passé pour évoquer un champion tout à fait exceptionnel, aujourd’hui presque totalement oublié, Roger Rivière. Ce coureur, en effet, aurait pu être le champion du vingtième siècle…si la fatalité ne l’avait pas arraché à son métier en 1960, seize ans avant sa mort le 1er avril 1976 . En fait, sa vie lui fut ôtée en grande partie le 10 juillet 1960 (à l’âge de 24 ans) dans la descente du col du Perjuret, lors de la 15è étape d’un Tour de France qui lui était promis.

Ce jour là, poussé par son orgueil de champion, le recordman du monde de l’heure s’était mis en tête de suivre Nencini, son rival italien, dans une descente qualifiée de « pas trop difficile » par son coéquipier Rostollan, sauf les deux derniers virages. Et c’est précisément dans un de ces deux virages que Roger Rivière fila tout droit, avant de tomber lourdement quelques mètres plus bas, et d’être victime d’une fracture à la colonne vertébrale. Certes il avait manqué un virage, mais il aurait pu s’en tirer sans trop de dégâts, avec une fracture de la clavicule, de la jambe ou du bras. Dans ce cas il aurait perdu le Tour de France, mais sa carrière ne se serait pas terminée à cet endroit.

Que de regrets peut-on nourrir de ne pas avoir assisté à la suite de la confrontation à peine esquissée avec Jacques Anquetil, né deux ans avant lui ! Pour sûr nous aurions eu un duel comparable à celui que se livrèrent les deux campionissimi Italiens, Coppi et Bartali, dans les années 40 et au début des années 50, dont tous les connaisseurs affirment que ce fut le plus somptueux de l’histoire du vélo, et peut-être même du sport en général. Et bien si Roger Rivière avait pu reprendre sa carrière après cette chute, avec tous ses moyens bien entendu, il est permis de penser que l’on aurait atteint les mêmes sommets. Qui aurait gagné ? Beaucoup de gens se posent la question, mais nombre d’observateurs du vélo sont convaincus que Roger Rivière était intrinsèquement supérieur à Jacques Anquetil, comme Coppi l’était vis-à-vis de Bartali. Cela étant rien ne dit que Rivière aurait eu un palmarès plus brillant que celui de son rival normand, car Jacques Anquetil semblait un peu plus résistant que le merveilleux styliste stéphanois.

Pourquoi peut-on dire avec tellement de certitude que Rivière aurait le plus souvent battu Anquetil, alors que nombre de coureurs ou de suiveurs ne l’avouent pas de cette manière ? Tout simplement parce que le peu de temps qu’ils ont été confrontés l’un à l’autre directement, c’est toujours Rivière qui a gagné. Cela a commencé en 1957, en poursuite, quand les deux hommes se sont affrontés en finale du championnat de France. D’ailleurs peu après, Roger Rivière devint pour la première fois champion du monde de poursuite professionnel, titre qu’il conservera jusqu’à la fin de sa carrière. Sur la distance de 5 km il était imbattable, au point qu’il se joua en 1957 d’un des plus grands poursuiteurs de tous les temps réputé invincible à l’époque, Guido Messina. Celui-ci, rappelons-le, fut deux fois champion du monde amateur en 1948 et 1953 et champion du monde professionnel de 1954 à 1956. Cette dernière année il battit Jacques Anquetil en finale du tournoi mondial, quelques semaines après que ce dernier eût effacé Coppi des tablettes du record de l’heure.

 Et sur des distances plus longues ? Et bien c’était la même chose, puisque Rivière battit nettement le record de l’heure en 1957, couvrant 46,923 km presque en s’amusant dans la mesure où il n’avait pas spécialement préparé cette tentative. Tout le monde savait qu’à la première occasion il ferait beaucoup mieux, et c’est ce qu’il fit le 23 septembre 1958 en portant le record à 47,347 km…malgré une crevaison.  Sans cette crevaison, qui de l’avis de tous les spécialistes lui à fait perdre 700 ou 800 mètres, il aurait fait sauter la barrière des 48 km dans l’heure. Plus personne ne s’attaquera à son record jusqu’en 1967, tellement il était haut perché. Et ce sera Jacques Anquetil qui le fera en septembre 1967 à 33 ans, donc en fin de carrière et qui le battra de 146 mètres avec 47,493 km. Néanmoins  pour éclatante que fût la performance de Jacques Anquetil, elle se situait en valeur absolue assez loin de celle de Roger Rivière neuf ans plus tôt.

 Cependant, si Roger Rivière a été le plus grand spécialiste de la poursuite dans l’histoire du cyclisme, nombreux sont ceux qui pensent qu’il fut aussi le meilleur rouleur sur des distances allant jusqu’à 60 ou 70 km. Il suffit de se rappeler que Rivière domina nettement Anquetil dans les deux contre-la-montre du Tour de France 1959, avec une nette victoire entre Seurre et Dijon sur une distance de 69 km, où Roger Rivière laissa Anquetil à 1 mn 38 s. En revanche il est vraisemblable que sur des distances plus longues, comme au Grand prix des Nations dans les années 50 (plus de 100 km), la puissance de Jacques Anquetil aurait prévalu sur la facilité de Roger Rivière.

 Et sur les grands tours ? Là aussi l’histoire est là pour nous éclairer. Jacques Anquetil a gagné son premier Tour à sa première tentative en 1957. En revanche il a échoué en 1958 et en 1959. Cette même année il est vraisemblable que si Roger Rivière avait été dans la position de Jacques Anquetil en 1957, leader unique de l’Equipe de France, il aurait gagné ce Tour de France. D’ailleurs si l’on observe qu’il termina à 5mn 17s de Bahamontes, après avoir perdu 5 mn dans l’étape d’Aurillac plus 3 mn dans la descente du Tourmalet, le tout par manque d’expérience et par l’absence auprès de lui d’équipiers prêts à l’aider, on peut effectivement penser, qu’entouré par une équipe expérimentée, il aurait gagné sans problème ce Tour de France.

 La même année il aurait dû gagner aussi le Tour d’Espagne à sa première tentative, sans deux crevaisons qui lui firent perdre dans la 11è étape un quart d’heure…parce que son directeur sportif était derrière Pierre Everaert, en perdition, qui portait le maillot de leader. Ah s’il y avait eu les oreillettes ! Malgré tout Roger Rivière, qui n’avait que 23 ans, venait déjà de prouver qu’il était le plus fort, mais aussi sans doute le plus malchanceux. Ce n’était rien hélas à coté de ce qui allait se passer dans la descente du col du Perjuret. Regrets éternels !

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 9:15

TOM SIMPSON NE SERAIT PAS MORT DU DOPAGE !


TOM SIMPSON symbolise le dopage dans le cyclisme. Il est décédé sur les pentes du Ventoux lors du tour de France 1967 avec des amphétamines dans les poches et dans le sang. Mais il avait d’autres raisons de mourir !

Le docteur Gérard PORTE, dans son livre « Médecin du Tour » replace ce drame dans son contexte historique et scientifique. Ils évoquent d’autres hypothèses … et une conjonction de facteurs. Par son témoignage et son expérience, il souhaite lutter contre l’image déformée et l’équation simpliste « cyclisme = dopage ». Sans nier son usage ni sa dangerosité, il veut rappeler que cette pratique est loin d’être systématique. Il rend hommage à ces sportifs hors du commun, rigoureux dans leur hygiène de vie, consciencieux à l’entraînement et incroyablement courageux en compétition.

La «chasse à la canette» …

Dans les années 60, les coureurs partaient avec 2 bidons de 500 millilitres d’eau et pouvaient s’en procurer 2 autres au contrôle situé environ à mi-parcours. Dans l’intervalle, les ravitaillements étaient interdits malgré des étapes bien plus longues que celles d’aujourd’hui ! Le masochisme des organisateurs n’expliquait pas ce règlement absurde ! Non, il était justifié sur les erreurs «scientifiques » de l’époque. Les médecins avaient constaté que la sueur contenait beaucoup de minéraux. Ils pensaient que ces substances étaient indispensables à la vie et qu’il fallait s’efforcer de les préserver. Pour eux, il était essentiel de limiter l’hydratation … pour diminuer la sudation ! Certains d’entre vous se souviennent peut-être de l’adage : « Boire coupe les jambes ! ». Alors que les gens de laboratoires étaient convaincus des méfaits de l’eau pendant l’effort, les cyclistes « mourraient » littéralement de soif sur la route. Ils chassaient désespérément la canette. Des bidons à la composition incertaine leur étaient tendus par le public. Epuisés, quitte à perdre du temps, ils s’arrêtaient près des ruisseaux et des fontaines de village pour boire et se mouiller.

A l'époque de la « chasse à la canette », les coureurs « mourraient » de soif sur les routes du tour.

Le 13 juillet 1967, le cagnard s’était abattu sur les routes du tour. Pas un poil d’ombre sur les pentes du Ventoux, la chaleur était insupportable. Tom SIMPSON était complètement déshydraté. La femme de Roger PINGEON, le vainqueur du tour cette année-là, s’était installé sur le bas-côté de ce col mythique.  Elle a vu passer Tom SIMPSON. Elle témoigne : «Il était défiguré par l’effort, je n’en croyais pas mes yeux, il était livide, de la couleur d’un drap ». Aujourd’hui, alors que chaque équipe bénéficie de ses «porteurs d’eau, les ravitaillements en boisson sont devenus illimités et Tom SIMPSON ne serait peut-être pas mort sur les pentes du Ventoux !


LES PORTEURS D’EAU AU SECOURS DE TOM SIMPSON

En 2011, boire pendant l’effort fait partie de l’inconscient collectif des sportifs. Depuis longtemps, les physiologistes ont démontré l’intérêt de compenser les pertes sudorales pour préserver les performances … et protéger la vie ! Les messages publicitaires vantant les mérites de l’eau et des boissons de l’effort ont pris le relais ! Désormais, sur le Tour de France, les ravitaillements sont libres et illimités, à partir du 50ème kilomètres et jusqu’à 20 kilomètres de l’arrivée. Au sein des équipes cyclistes, il existe même des « porteurs d’eau ». Ils se rendent auprès de la voiture de leur directeur sportif. Ils y prennent jusqu’à 10 bidons. Ils les placent dans les poches arrières et à l’avant de leur maillots. Ils remontent le peloton et ravitaillent leur leader et leurs coéquipiers situés aux avant-postes. Aujourd’hui, un cycliste du tour boit jusqu’à 6 litres par jour et en utilise 4 autres pour s’asperger ! Tom SIMPSON auraient vraiment eu besoin de porteurs d’eau !


Alcool et soutien populaire fatal ?

Les spectateurs de l’époque ont vu Tom SIMPSON, mal en point, s’emparer d’une bouteille sur une table de camping installée au bord de la route. Assoiffé, il en a rapidement englouti un maximum … En fait, il s’agissait de cognac ! L’alcool bloque la sécrétion d’une hormone, l’ADH, qui freine l’élimination de l’eau par le rein ! Tom SIMPSON a produit plus d’urine alors qu’il était déjà particulièrement déshydraté, de quoi précipiter un gros « coup de chaleur » ! Ce coureur était une vedette très populaire ! Il était Champion du Monde 1965, il avait gagné le Tour des Flandres, Paris Bordeaux, Milan-San Remo et le Tour de Lombardie. A sa première défaillance, quand il a chuté lourdement, le soutien du public lui a probablement été fatal. Alors qu’il aurait mérité des soins urgents, les spectateurs le remettent en selle et le poussent pour qu’il reparte ! Il retomba quelques kilomètres plus loin pour ne jamais plus se relever !

Amphétamines et coup de chaleur !

Les amphétamines sont des excitants dangereux. Ils activent la libération et bloquent la destruction des hormones stimulantes, notamment la fameuse adrénaline ! Habituellement quand le corps est fatigué, les réserves énergétiques épuisées, les cellules déshydratées, lorsque la température des organes devient excessive, le système nerveux reçoit de nombreux signaux de détresse. Le cerveau cesse d’ordonner les mouvements ! Le sportif s’arrête ! Il est sauvé ! Avec les amphétamines, cette régulation bénéfique ne peut pas se produire. La volonté est artificiellement activée. Les nerfs continuent à décharger leurs impulsions électriques et contraignent les muscles à travailler. Le corps entre en surchauffe ! Soleil de plomb, déshydratation, alcool, encouragements inconscients et amphétamines se sont associés pour provoquer un « coup de chaleur ». Quand la perte d’eau est massive, lorsque le volume sanguin diminue dangereusement, l’organisme enclenche un réflexe à haut risque, il tente de sauver les organes principaux : le cerveau, le cœur, les reins. Comme en cas d’hémorragie, il oriente le peu de sang disponible vers le centre du corps, il ouvre les vaisseaux qui y mènent et ferme ceux qui se dirigent vers la peau. Mais, dans le contexte de l’effort, ce processus constitue une impasse physiologique souvent fatale ! Si l’exercice se prolonge, la chaleur produite par les muscles ne peut plus être transportée par le sang vers l’air  « frais » de la périphérie et aucune sudation n’est possible. Le corps chauffe irrémédiablement … jusqu’à la destruction cellulaire. Le «coup de chaleur » est aussi appelée «hyperthermie maligne de l’effort». Ce drame provoque le décès du sportif dans 60% des cas malgré les soins et la réanimation! Tom SIMPSON en a été victime… Les amphétamines en ont été un facteur favorisant … mais pas la cause unique !

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Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 9:35

Tour 1934 
Le sacrifice de René Vietto pour Antonin Magne


En 1934, René Vietto, jeune grimpeur Cannois de 20 ans, participe au Tour de France pour la première fois, au sein de l'équipe de France, pour épauler son leader, Antonin Magne.
La traversée des Alpes lui permet de révéler ses dons exceptionnels de grimpeur en remportant consécutivement deux étapes. "Le Roi René", gagne encore chez lui à Cannes, provoquant des scènes d'enthousiasme indescriptibles.
Au départ de la 15° étape, de Perpignan à Ax-Les-Thermes (158 km) Antonin Magne, porteur du Maillot Jaune, n'a que deux minutes d'avance sur son seul rival sérieux: l'italien Giuseppe Martano.
Magne attaque dans l'ascension de Mont-Louis puis dans l'ascension du col de Puymorens. Dans la descente,Vietto est avec Magne quand celui-ci chute et casse sa roue avant. Vietto donne alors sa roue avant au maillot jaune, qui se lance à corps perdu dans la descente. A l'arrivée, Antonin Magne franchit la ligne avec seulement 45" de retard sur Giuseppe Martano. L'étape est remportée par Roger Lapébie.

Le lendemain, au cours de l'étape Ax-Les-Thermes - Luchon (165 km) Magne chute à nouveau dans la descente du Portet d'Aspet. Vietto fait demi-tour pour céder son vélo a Magne. Il ne peut réprimer des larmes de tristesse qui émeuvent la France entière.
Antonin Magne remportera son second Tour (après celui de 1931) devant Giuseppe Martano et Roger Lapébie.

René Vietto

Le Tour 1934 avait fort mal commencé pour ce jeune Cannois de 20 ans, car ayant pris du goudron dans l'œil il avait concédé 54' à Evian. Malgré ses deux victoires dans les Alpes (Aix les Bains - Grenoble et Gap - Digne) et une troisième victoire d'étape chez lui à Cannes, il aborde les Pyrénées avec 22' de retard sur Magne.
Il perd 4'33'' dans le Puymorens, puis 4'35 au Portet d'Aspet. Soit au total 9'8".
Malgré une autre victoire dans les Pyrénées (Tarbes - Pau), René Vietto termine 5ème à Paris.

Hélas, celui-ci ne retrouva jamais ses jambes de 1934 et sa carrière, amputée par la guerre, n'aura pas le lustre espéré.
Il ne gagnera jamais le Tour de France, mais il a écrit une des plus belles pages de la Légende du Tour de France, après s'être sacrifié à deux reprises pour son leader.

Antonin Magne

"Cela se passait dans une petite descente après le Portet d'Aspet. En voulant démarrer et rejoindre Gissels et Martano qui étaient devant, ma roue arrière s'est bloquée, ma chaîne était enroulée autour de mon pédalier, je ne pouvais plus réparer. Tous mes camarades étaient devant, la camionnette était loin derrière et, pendant quelques secondes, j'ai bien cru que tout était fini. Je désespérais, lorsque surgissait tout à coup, dans un virage plus bas, René Vietto qui grimpait à toute allure. Il avait fait demi tour et il venait m'apporter sa bicyclette. Aussitôt j'enfourchais celle ci et je retrouvais quelques mètres plus loin Roger Lapébie qui nous attendait. C'est lui qui mena constamment jusqu'au sommet du col des Ares. Je ne l'avais jamais vu si bien monter. Dans la descente il continuait à mener et je ne sais à qui je dois le plus aujourd'hui de Vietto ou Lapébie."

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Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 9:53

Luis Ocana, le champion brisé.


Figure emblématique du cyclisme des années 1970 et éternel rival d’Eddy Merckx sur le Tour de France, Luis Ocana a connu une carrière couronnée de succès, bien que trop souvent frappée par la malchance.

Professionnel de 1968 à 1977, Luis Ocana fut l’un des meilleurs coureurs par étapes de sa génération. A son palmarès, le Critérium du Dauphiné Libéré, qu’il remporta à trois reprises, ainsi que deux Grands Tours, à savoir le Tour d’Espagne (1970) et le Tour de France (1973), au cours duquel il acquit une grande popularité auprès du grand public.

Pourtant, les relations entre Ocana et le Tour de France ont souvent été de l’ordre du « je t’aime moi non plus », avant que le Montois* d’adoption ne conjure le sort en s’imposant d’une main de maître et sans réelle concurrence lors de l’édition 1973.

Mais Dieu sait que le chemin qui mena Ocana vers la gloire dans le Tour fut laborieuse et ô combien semé d’embûches. A tel point qu’on qualifia l’Espagnol de « martyr », tant ses premiers Tours furent synonymes de souffrance et de malchance. Car s’il parvint à gagner le Tour, ce ne fut qu’au terme de sa cinquième participation et après quatre échecs cuisants où chutes (1969, 1971), crise d’hémorroïdes (1970) et autres problèmes pulmonaires (1972) sont venus contrarier ses plans.

Un cannibale pour rival.

Mais si Luis Ocana reste aujourd’hui un mythe dans le cyclisme, sa rivalité avec le Belge Eddy Merckx n’y est sans doute pas étrangère, tant les deux hommes offrirent nombre de bras de fer de grande ampleur, lors des étapes de montagne du Tour.

Issus de la même génération (nés en 1945), le chemin des deux hommes sur le Tour de France se croisa lors de l’édition 1969, synonyme de succès pour l’un, Merckx, le vainqueur final, et de malchance pour l’autre, Ocana, contraint à l’abandon dans la huitième étape, deux jours après une lourde chute.

Moins fort physiquement que le Belge à cette époque et surtout moins complet, Ocana combla sans retard par la suite, déterminé par une volonté de battre « l’imbattable » Merckx, vainqueur de la Grande Boucle lors de sa première participation, en reléguant son dauphin Roger Pingeon à plus d’un quart d’heure et en enlevant pas moins de six étapes !

Loin d’être résigné, le Castillan d’origine restait sans cesse persuadé qu’il pouvait battre Eddy Merckx, à tel point que sa rivalité avec le Belge franchit les barrières de sa vie privée. Ne manquant jamais d’humour, il était allé jusqu’à appeler son chien « Merckx » et s’amusait à lui dire, à en croire sa femme Josiane, « Merckx, je suis ton maître et je le resterai ».

Dans un premier temps cordiale, la rivalité entre les deux hommes devint tendue à mesure que le duel s’avérait de plus en plus âpre sur le Tour. Par presse interposée, les deux hommes multiplièrent les déclarations « coup-de-poing », à commencer par l’Espagnol, jamais la langue dans sa poche. Leur relation redevint ensuite plus paisible à l’aube de leur fin de carrière, peut-être parce qu’il n’existait plus de réelle rivalité entre eux deux.

1971, naissance d’un mythe.

La onzième étape du Tour de France 1971 menant à Orcières-Merlette fut sans doute l’une des plus belles que la Grande Boucle n’ait jamais connue. D’abord parce qu’elle offrit un spectacle grandiose. Et puis parce qu’elle propulsa Luis Ocana, vainqueur de l’étape, au rang de légende.

Ce 8 juillet 1971, le leader de l’équipe Bic, alors deuxième au classement général derrière l’incontournable Merckx, relégua le Belge à 8’42″ au sommet d’Orcières-Merlette, sur une étape de 134 km. Et de quelle manière. L’Espagnol attaqua dès le dix-septième kilomètre en compagnie du Portugais Agostinho et du Suédois Petterson, puis s’envola littéralement dans l’avant dernier col du jour, le col du Noyer, avant d’accroître son avance dans la montée finale vers Orcières-Merlette. Quatre heures auront suffit à l’Espagnol pour renverser le Tour, qui basculera en sa défaveur quatre jours plus tard dans l’étape Revel-Luchon. Sous une météo apocalyptique, Eddy Merckx, refusant de s’avouer vaincu, prit des risques inconsidérés dans la descente vertigineuse et humide du col de Menté, avant de tomber dans un virage et d’entraîner Ocana dans sa chute. Mais alors que « Le Cannibale » était déjà reparti, Ocana fut percutée par Joop Zoetemelk, en chasse derrière les deux hommes.

Le choc fut si terrible qu’il perdit connaissance, avant de retrouver peu à peu ses esprits et de fondre en larmes, plus par détresse que de douleur. « La douleur physique, ce n’est rien », lâcha-t-il sur son lit d’hôpital. « Je suis juste triste d’avoir perdu le Tour dans de telles conditions. Ce Tour, j’allais le gagner ». En seigneur, Merckx refusera d’endosser le maillot jaune le lendemain, frustré que son duel avec Ocana se termine ainsi. Le Belge remportera ensuite son troisième Tour de France, tout en sachant qu’il l’aurait certainement perdu si Ocana n’avait connu pareille mésaventure.

Et c’est deux ans plus tard, donc, que Luis Ocana remportera « son » Tour de France. Mais cette fois-ci en l’absence du Belge, ayant préféré se focaliser sur les deux autres Grands Tours de la saison, le Giro et la Vuelta, qu’il remportera. Quoiqu’en disent les observateurs quant à la valeur du succès de l’Espagnol sur ce Tour, Luis Ocana aura dominé de la tête et des épaules cette édition 1973, qui fut l’une des plus montagneuses de l’histoire du Tour.

La fin justifie le moyen.

Après cette écrasante victoire, Ocana, le talent toujours intacte mais la volonté peut-être moins évidente, terminera sa carrière professionnelle dans un relatif anonymat. Il terminera certes à trois reprises dans le top 5 de son Tour national mais ses apparitions sur le Tour de France ne feront que confirmer son déclin (abandon en 1975, 14e en 1976 et 25e en 1977), le Tour 1974 étant marqué par son éviction de l’équipe Bic quelques jours avant le départ de la Grande Boucle. Les dirigeants de la formation française étaient en fait désabusés par le caractère « ingérable » du coureur, en méforme avant d’aborder le Tour et auteur d’un début de saison décevant.

Le plus français des espagnols abordera son dernier Tour de France en annonçant avant le départ sa retraite sportive d’ici fin octobre. Puis évoquera ses projets futurs, à savoir l’exploitation de 60 hectares de terres agricoles dans sa propriété de Nogaro, dans le Gers, où il cultivera la vigne (sur près de 30 hectares) et deviendra producteur d’Armagnac, jusqu’à sa mort en 1994. Il connaîtra en parallèle une carrière éphémère de directeur sportif et officiera en tant que consultant pour des radios espagnoles sur plusieurs Tour de France.

A l’image de sa carrière, sa retraite alternera les hauts et surtout les bas. A trois reprises, ses récoltes vinicoles se verront détruites par la grêle, puis il connaîtra deux graves accidents de voiture. D’abord en 1979, lors d’un gymkhana automobile, auquel il était convié en marge du Tour de France et en 1983, dans un accident de la route, nécessitant des transfusions de sang.

Ces transfusions lui seront fatales puisque l’ancien champion espagnol se verra diagnostiqué une hépatite C, qui provoquera un cancer du foie en 1994. Par le biais des médecins, Luis Ocana apprend alors qu’il ne lui reste que quelque mois à vivre. Il se donnera la mort le 20 mai 1994 à son domicile, en se tirant une balle dans la tête.

Encore une fois, « le martyr » décidera de son sort, comme il avait l’habitude de le faire au cours de sa carrière sportive.

*Montois : Natif de Priego, en Espagne, la famille de Luis Ocana immigra en France lorsqu’il avait douze ans dans la ville de Mont-de-Marsan, dans les Landes.

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Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 10:54

Eugène Christophe est décédé à l'âge de 85 ans, pour autant il est éternel.
Son histoire dans le Tourmalet est l'une des plus extraordinaires qui soit. C'est une histoire du Tour 1913, une histoire de malchance, de bravoure et aussi une histoire des bords de route.


La fourche d'Eugène:



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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 17:22

DÉRAPAGES SUR LE TOUR DE FRANCE.

En plus de 100 ans, la Grande Boucle a connu de nombreux dérapages. Tricheries à l'ancienne, coups tordus ou affaires retentissantes de dopage... Retour sur ces épisodes marquants.

1904 : la triche commence
Dès sa deuxième édition, en 1904, le Tour de France a un parfum de scandale. A l'issue de la première étape, entre Paris et Lyon, le doute s'installe concernant Pierre Chevalier. Le cycliste est arrivé 3e, frais et dispos, alors qu'on l'avait signalé distancé des dizaines de kilomètres auparavant. Il finit par reconnaître qu'il a effectué une grande partie de l'épreuve en voiture.
Cette année-là, d'autres concurrents profitent de l'obscurité pour faire du stop (les étapes, très longues, se courent de jour comme de nuit), d'autres prennent le train pour éviter de pédaler trop longtemps.
Quelques jours plus tard, l'Union Vélocipédique de France, sur la foi de témoignages, disqualifie notamment les quatre premiers de l'épreuve : Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. C'est le 5e du Tour, le jeune Henri Cornet, qui est déclaré vainqueur. Au total, 9 coureurs sont exclus pour avoir triché.
Cette édition de la Grande Boucle restera également marquée par les batailles entre spectateurs qui sont allés jusqu'à agresser certains cyclistes et jeter des clous sur la route. Henri Desgrange, le fondateur du Tour, a même failli jeter l'éponge après ces mésaventures et ne plus jamais organiser la course.
En 1905 aussi, des clous sont répandus sur le parcours par des manifestants. Tous les coureurs sont victimes de crevaisons au cours de la première étape, à l'exception de Dortignacq.
En 1906, trois concurrents, Carrère, Garban et Tivache, sont encore mis hors-course, à Dijon ... pour avoir pris le train.

1911 : Paul Duboc empoisonné
Autre moyen de tricher sur le Tour : empoisonner ses adversaires... En 1911, la course est dominée par 5 coureurs : Garrigou, Faber, Crupelandt, Georget et Duboc. Ce dernier a remporté 4 étapes et se rapproche du leader du classement général Gustave Garrigou. Dans l'étape reine de la Grande Boucle, entre Luchon et Bayonne, Paul Duboc s'envole vers la victoire, laissant le maillot jaune plus de 10 minutes derrière lui.
Mais soudain, dans le col de l'Aubisque, le coureur s'effondre dans un fossé, pris de vomissements, après avoir ingurgité un bidon tendu par une main anonyme. Paul Duboc doit s'arrêter pendant plus d'une heure pour que le mal passe et termine avec 4 heures de retard sur Garrigou, qui remportera l'épreuve. Avec une victoire à La Rochelle, puis au Havre, l'empoisonné finit 2e à Paris.
Plus tard, on apprend que le coupable est Paul Lafourcade, ancien coureur, reconverti en préparateur de potions dopantes ou de poison.
La même ruse sera utilisée en 1923 contre l'Italien Ottavio Bottecchia et le Belge Léon Scieur.

1937 : Le guidon scié de Lapébie
Tour de France, 19 juillet 1937. Au matin de la 15e étape entre Luchon et Pau, alors qu'il s'échauffe juste avant le départ, Roger Lapébie manque de peu de chuter et réalise que l'on a scié son guidon. Les soupçons concernant l'auteur de ce sabotage se portent sur un mécanicien belge de l'équipe de France. En effet, à l'époque, le Tour se dispute entre équipes nationales.
Pas le temps cependant de résoudre l'énigme, le départ est imminent. En triple vitesse, on installe un cintre tout neuf sur le vélo du Français. Malheureusement, celui-ci ne comprend pas de bidon de ravitaillement. Résultat : Roger Lapébie commettra une petite infraction au règlement. Son frère le raconte à un journaliste de Libération en 2003. "Le bidon était essentiel à l'époque. Alors je me suis planqué dans les fourrés en haut du col de Peyresourde et j'ai demandé à un spectateur de le lui passer. Ce devait être des petits beurres écrasés avec de l'eau ou du thé". Pour cette infraction ainsi que pour des "poussettes" (dans la montée du col du Tourmalet, Félix Lévitan, futur directeur du Tour et à l'époque journaliste à Match, avait poussé la selle du vélo de Lapébie depuis une voiture), le coureur français écope d'une pénalité de 1'30 à l'arrivée. Une punition réclamée à cor et à cri par les Belges.
Les spectateurs français, chauvins, auraient violemment réagi le lendemain à Bordeaux, jetant des pommes de pin et du poivre dans les yeux des coureurs belges... Une bonne ambiance règne sur le Tour !

1953 : Robic leste ses bidons
Les équipes cyclistes ont toujours été à la recherche de stratagèmes permettant à leurs coureurs d'aller plus vite. Parmi ces tentatives de tricherie, citons celle de Jean Robic et de son directeur sportif Léon Le Calvez dans le Tour de France 1953.
Peu avant le départ de la Grande Boucle, Le Calvez est pris d'une "idée de génie" : pourquoi ne pas alourdir les bidons avec du plomb ? Cela permettrait à son protégé de rouler plus vite dans la descente du col du Tourmalet. Il trouve un artisan, qui fond 9 kilos de plomb pour lester un bidon...
Un stratagème est alors imaginé pour contourner le règlement (le ravitaillement est interdit), glisser discrètement à Robic le bidon truqué et éviter de se faire prendre par le commissaire de course qui accompagne chaque directeur sportif. Le cycliste breton doit simuler un problème de guidon au sommet du Tourmalet. Seul problème : emporté par son talent et concentré par la course, celui que l'on surnomme "Biquet" semble avoir oublié la ruse... Léon Le Calvez finit par crier au mécanicien de l'équipe : "Attention, Robic a un problème, regarde son guidon !" Le commissaire se laisse berner et le pesant bidon est remis à Robic.
Mais la descente ne s'avére pas aussi simple que cela. Ainsi lesté, Robic est déséquilibré et chute lourdement. Il remporte néanmoins l'étape et endosse le maillot jaune... L'année suivante, le directeur du Tour de France, Jacques Goddet, a vent de cette histoire. Il établit un nouveau règlement, selon lequel il ne tolère pas autre chose que du liquide dans les bidons (cela paraît assez logique en fait !) Qu'à cela ne tienne : Le Calvez décide alors de lester les bidons... avec du mercure !

1963 : Auto-sabotage pour Anquetil
Tour de France 1963 : Anquetil est au coude-à-coude avec Bahamontès au classement général. Arrive le col de la Forclaz, dans les Alpes, dans l'étape Val d'Isère-Chamonix. Le "Grand Jacques" est devancé par son adevrsaire principal et par Poulidor. Pour que le cycliste français soit plus léger dans la montée du col, son directeur sportif Raphaël Géminiani ne voit qu'une solution : enfourcher une monture moins lourde. Seul hic : cette manœuvre est interdite par le règlement. Le changement de vélo n'est autorisé qu'en cas d'ennui mécanique...
C'est là qu'intervient Louis de Bruyker, le mécano de l'équipe. Géminiani lui glisse "Essaye de bricoler quelque chose..." L'idée est de sectionner discrètement le câble du dérailleur d'Anquetil à l'abri des regards des commissaires de course. Le mécanicien demande à la voiture de se rapprocher du vélo du champion, se saisit d'une pince coupante et d'une clé, et coupe le câble.
Jacques Anquetil signale le problème mécanique, on lui donne un autre vélo, plus léger, et le tour est joué ! Le Français remporte l'étape, puis la Grande Boucle.

1997 : Steels agresse Moncassin
Au rayon "agressions", nous avons les coureurs qui se disputent entre eux, et les spectateurs qui n'hésitent pas à attaquer physiquement les cyclistes.
En 1997, le sprinteur Tom Steels (le champion de Belgique) est exclu du Tour de France à l'issue de la 6e étape. A Marennes d'Oléron, lors du sprint final, assez tumultueux, il jette son bidon sur le Français Frédéric Moncassin, qui attaquait devant lui. Il est écarté pour "comportement violent envers autrui".
Plus tard, Tom Steels fera ce constat terrible : "On [les coureurs] ne se respecte plus. La parole n'existe plus. Comment expliquez-vous que le peloton tombe tout le temps ? Il y a des gars qui doublent dans les bordures à 10 km de l'arrivée. On en arrive à faire des choses que l'on ne devrait jamais faire".

Quand les spectateurs se déchaînent
On l'a vu, dès 1904, les routes du Tour sont pavées de mauvaises intentions : clous jetés sur la chaussée, participants houspillés, voire frappés, poivre jeté dans les yeux des coureurs belges en 1911...
Dans le Tour de France 1950, l'Italien Gino Bartali abandonne et plie bagages après avoir été agressé dans le col d'Aspin par des spectateurs français en raison d'un accrochage avec Robic.
En 1975, Eddy Merckx est frappé au foie par un spectateur dans la montée du Puy-de-Dôme. Dans une interview à Nice-Matin en juillet 2009, le cycliste belge confiait que "ce coup reçu dans le Puy de Dôme" était l'un des pires souvenirs de sa carrière. "L'absence de fair-play est quelque chose qui m'a toujours révolté".
Cette agression a été lourde de conséquence. Lâché par Bernard Thévenet à Pra Loup et dans l'Izoard, Merckx terminera 2e du Tour, derrière le Français.

En 2002, le coureur kazakh Andrey Kashechkin, de l'équipe Crédit agricole, s'est pris un coup de poing par un spectateur lors de la 16e étape du Tour, au pied du col de Marie-Blanque. Geste volontaire ou non, le doute est resté...
Kashechkin avait été contraint de faire demi-tour pour rejoindre la voiture du médecin du Tour et se faire soigner, souffrant de saignements du nez, avant de rejoindre le peloton.

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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Z06 le Mer 19 Juin 2013 - 17:54

J'ai tout study

y compris la bande défilante ! 91


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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 18:06


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Re: RETROSPECTIVE....TOUR DE FRANCE

Message  Invité le Mer 19 Juin 2013 - 19:27

DÉRAPAGES SUR LE TOUR DE FRANCE ( suite)

1998 : Festina : la plus grosse affaire de dopage
L'affaire Festina a eu un retentissant énorme car c'était la première fois qu'une équipe entière était exclue du Tour de France pour violation du règlement anti-dopage.
Rappel des faits : peu avant le départ du Tour, le 8 juillet 1998, un soigneur de l'équipe Festina, Willy Voet, se fait contrôler à la frontière franco-belge par les douanes, au volant de sa voiture. On y découvre de grandes quantités de produits dopants : 500 doses de produits dopants et stupéfiants dont 235 ampoules d'érythropoïétine (EPO), 120 capsules d'amphétamines, 82 solutions d'hormones de croissance et 60 flacons de testostérone.
Voet avoue que le dopage est organisé et institutionnalisé au sein de l'équipe Festina. Conséquence : la direction du Tour de France met hors-course l'équipe Festina, le 18 juillet à Brive.

Des méthodes peu ragoûtantes.
Le soigneur de l'équipe Festina Willy Voet raconte dans son ouvrage "Massacre à la chaîne", publié en 1999, comment les coureurs échappaient aux contrôles anti-dopage : "Il fallait se munir d'un tuyau en caoutchouc, flexible et rigide à la fois. À une extrémité, on fixait un bouchon, en liège le plus souvent. À l'autre, on accrochait un... préservatif, enfilé sur un tiers du tuyau. Enfin, pour plus de précaution, on collait des poils de moquette, voire des poils tout court, sur la partie qui sortait du préservatif. Dans le car de l'équipe où le coureur venait se changer avant de passer au contrôle, il ne restait plus qu'à passer à la deuxième étape : se glisser dans l'anus le bout du tuyau muni du préservatif, injecter avec une seringue de l'urine "ordinaire", boucher le tuyau et le coller à la peau, en épousant la forme du périnée, jusqu'au bord des glandes génitales. D'où les poils, pour masquer le tuyau si le médecin contrôleur décidait de se baisser jusqu'au plancher. Le préservatif chargé d'urine se déployait dans l'anus, ce qui présentait aussi l'avantage de tenir le liquide au chaud. Im-pa-ra-ble. Les médecins n'y ont jamais vu que du feu. J'ai usé de ce stratagème pendant trois ans en toute tranquillité". Edifiant...

Chasse aux trésors dans les poubelles de l'US Postal.
Il faut le dire : Armstrong n'a jamais été convaincu de dopage. Mais il traîne certaines "casseroles". En 1999, il a été contrôlé aux corticoïdes mais a pu fournir une ordonnance justifiant l'usage de ce produit.

Le 18 juillet 2000, après l'étape Courchevel-Morzine, des journalistes de France 3 récupèrent des sacs à ordures, abandonnés en catimini par des intendants de l'équipe de Lance Armstrong. C'est la fameuse affaire des poubelles de l'US Postal. On y découvre 160 emballages de seringues vides et 11 sortes de médicaments, dont 8 pouvant améliorer la performance ou cacher l'usage de substances dopantes. Egalement présentes dans les poubelles : des poches de sang de veau déprotéiné (l'Actovégin®), vides. Lance Armstrong et ses coéquipiers expliqueront que ce produit servait à traiter les plaies dûes aux chutes et à soigner un membre du staff diabétique... L'US Postal réfutera toute hypothèse d'injection du produit dans le sang ou d'absorption sous forme de comprimé. Sans preuves supplémentaires, l'affaire retombera comme un soufflé...

Dans le coffre des Rumsas.

Au dernier jour du Tour de France 2002, l'épouse du coureur lituanien de la Lampre Raimondas Rumsas est arrêtée par les douanes à la frontière franco-italienne, près de l'entrée du tunnel du Mont-Blanc. Dans son coffre, on trouve une importante quantité de produits dopants : EPO, hormone de croissance, testostérone, anabolisants divers, et corticoïdes. Edita Rumsas voulait traverser les Alpes pour rejoindre la Toscane, où réside le couple lituanien. Son mari, membre de l'équipe italienne Lampre, vient de terminer troisième de la Grande Boucle.
Le 26 janvier 2006, le tribunal correctionnel de Bonneville prononce 4 mois de prison avec sursis contre le couple.

Les vainqueurs dopés.
Le Tour de France a connu quelques vainqueurs convaincus de dopage. Pas très glorieux pour une épreuve qui se veut prestigieuse...
 Affaire Landis oblige, aucun coureur n'a porté le dossard n°1 au départ du Tour de France 2007. En effet, celui-ci est normalement réservé au vainqueur de l'édition précédente ou, à défaut, au leader de son équipe. En juillet 2007, l'édition précédente n'avait pas encore officiellement de vainqueur puisque l'Américain Floyd Landis avait été contrôlé positif. Et sa formation, Phonak, n'existait plus. Pour la première fois de l'histoire du Tour, il n'y avait donc pas de dossards compris entre 1 et 9.
L'ordre de numérotation des coureurs a débuté à 11, numéro porté par Oscar Pereiro (2e en 2006, puis 1er quand, quelques mois plus tard, Landis a été rayé du palmarès).
Bjarn Riis avoue
En mai 2007, le vainqueur de la Grande Boucle 1996 a reconnu s'être dopé à l'EPO lorsqu'il portait le maillot de l'équipe allemande Telekom. "J'ai pris des substances prohibées, j'ai pris de l'EPO", a déclaré Bjarn Riis lors d'une conférence de presse. "Je les ai achetées moi-même et je les ai prises seul. En fin de compte ce sont les cyclistes eux-mêmes qui doivent assumer leurs responsabilités", a ajouté le Danois. "Je ne suis pas digne [du Tour de France]". Les organisateurs ont cependant décidé de ne pas rayer le nom de Riis du palmarès de l'épreuve...

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